Édit 23 mars 2020 : La mutinerie de la prison de La Modelo à Bogota a fait 23 morts et 83 blessés. Les familles des prisonniers se sont rassemblées, malgré le confinement, afin de tenter de recueillir des informations face au long silence des autorités.

En plus des révoltes qui ont éclaté dans les prisons d’Europe (voir notre article), on recense des mouvements similaires en Amérique latine, Afrique, au Moyen-Orient et en Inde. En voici un compte-rendu non-exhaustif. En Colombie, des mutineries ont éclaté samedi soir dans les prisons de Bogota et Ibagué. Les quelques 123 000 prisonnières et les prisonniers mécontent·es des mesures prises dans le cadre du Coronavirus se ont participé à des émeutes, des incendies, et se sont affronté avec les quelques 14 000 gardiens. Des coups de feu ont été entendus. Les prisonnières et les prisonniers demandent du matériel pour se protéger de la pandémie et le rétablissement des visites de leurs proches. Au Mexique, des prisonniers d’Atlacholoaya  se sont révoltés. Certains en ont profiter pour tenter de s’évader. La police ouvert le feu, tuant trois évadés et blessant dix autres. Mais d’autres prisonniers seraient toujours en fuite.

En Ouganda, une émeute a éclaté dans la prison du district d’Arua. Les affrontements se sont déclenchés après qu’un prisonnier qui avait tenté de gravir le périmètre de la prison pour s’échapper ait été abattu. L’émeute a été réprimée par les force de sécurité qui ont tué au moins six prisonniers et en ont blessé 23 autres. Par ailleurs, 23 prisonniers se sont échappés. Au Bengale de l’Ouest (Inde), une mutinerie a éclaté, samedi 21 mars, à la prison de Kolkata (dans l’ouest du pays). Les prisonniers ont incendié une partie de la prison. Des affrontements ont eut lieu avec les gardien et la police. Une unité spéciale de la police est intervenue pour réprimer la révolte faisant 4 morts et au moins blessés parmi les prisonniers. Les prisonniers demandaient le rétablissement des visites de leur proche ainsi que leur audience devant les tribunaux.

En Iran, une mutinerie a éclaté, vendredi 20 mars, dans la prison centrale d’Aligoudarz. Les prisonniers qui risquaient d’être exposés au coronavirus, se sont mutinés et ont désarmé des gardiens et ont tenté de s’évader. Les affrontements entre prisonniers et gardiens se sont étendus à l’extérieur et ont duré plusieurs heures. Des unités des pasdaran sont entrées en scène pour réprimer la mutinerie. Plusieurs prisonniers ont réussi à s’échapper. D’autres ont été tués ou blessés quand les forces de sécurité ont ouvert le feu. Le jour d’avant, le 19 mars 2020, environ 250 prisonniers de la prison de Parsilon à Khorramabad s’étaient mutinés et, après avoir désarmé les gardiens, avaient réussi à s’échapper. Les gardiens et les forces de sécurité avaient également ouvert le feu sur les évadés en tuant un certain nombre.

Des prisonniers ougandais blessé lors de la révolte

Mardi matin, 26 février, Kwasi Adu Amankwah, secrétaire général de la Confédération syndicale internationale – Afrique (CSI-Afrique), a été arrêté à son hôtel à Harare par les forces de sécurité et conduit à l’aéroport où il a été détenu dans l’attente de son expulsion. Il sera finalement libéré ce mercredi après plus de 24h de détention. Kwasi Adu Amankwah se rendait au Zimbabwe pour rencontrer les dirigeants du Congrès zimbabwéen des syndicats (ZCTU) ainsi que le ministre zimbabwéen du Travail, Sekai Nzenza. Dans le même temps, Diallo Mamadou, Secrétaire général adjoint de la CSI, a vu son visa refusé par le gouvernement zimbabwéen.

La situation est tendu au Zimbabwe qui a vu plusieurs grèves s’organiser ses dernières semaines et être réprimées violement causant la mort de manifestants et l’arrestation d’un certains nombres d’entre eux dont des dirigeants syndicaux. Les dirigeants du ZCTU, Japhet Moyo et Peter Mutasa, font toujours l’objet d’accusations pour avoir appelé à une grève de trois jours, du 14 au 16 janvier 2019 (voir nos articles ici et ici). Ils ont été libérés sous caution et doivent se rendre trois fois par semaine au Département des Enquêtes Criminelles. Ils sont accusés d’avoir voulu « nuire à un gouvernement constitutionnellement élu ».

Kwasi Adu Amankwah, secrétaire général de la CSI-Afrique

Kwasi Adu Amankwah, secrétaire général de la CSI-Afrique

Amal Fathi, arrêtée en mai 2018 était détenue en Egypte jusqu’à aujourd’hui. Accusée d’avoir diffusé de fausses informations après avoir diffusé une vidéo sur les réseaux dans laquelle elle dénonce le harcèlement sexuel et l’inaction des pouvoirs publics sur la question. Son procès a lieu le 30 décembre. Elle est également accusée dans une autre affaire d’appartenance à un groupe terroriste. L’accusation d’appartenance à une organisation terroriste est régulièrement utilisé par le régime afin de réprimer toute voix politique dissonante.

Egypte : libération d’une militante féministe

Egypte : libération d’une militante féministe

La France s’était engagée en 2015 à déclassifier les documents permettant de faire la lumière sur la répression des maquis indépendantistes durant l’occupation du Cameroun des années 1957 à 1969. Une partie de cette documentation a été volée à l’Union des population du Cameroun (Upc) et sera à nouveau rendue publique. L’Upc est un parti politique, fondé le 10 avril 1948, dont la plupart des leader seront assassinés. La mise à disposition de ces documents va permettre de revoir l’histoire la sanglante répression auquel le Cameroun a fait face de la part de l’Etat français avant son indépendance, le 1er janvier 1960.

Les travailleurs de la société ferroviaire sénégalaise Transrail sont confrontés depuis longtemps au problème des retards dans le paiement des salaires. De nombreuses grèves et manifestations ont eu lieu contre ce phénomène. En décembre, une manifestation des travailleurs de Transrail avait été l’occasion d’incidents violents. Le secrétaire d’Etat au réseau ferroviaire vient d’avertir les grévistes, : « ceux qui continueront à observer le mouvement de grève seront sanctionnés administrativement et financièrement (…). S’ils continuent la grève, nous allons les renvoyer et nous n’allons pas leur payer de salaire. »

Un train de Transrail

Un train de Transrail

La nouvelle de la mort vendredi dernier d’un manifestant (voir notre article) lors des violents affrontements entre gendarmes et grévistes de la Sucrerie Africaine de Côte d’Ivoire (SUCAF), a été démentie. L’homme n’est pas décédé mais se trouve à l’hôpital baptiste de Ferkessédougou dans un état critique. Il avait été blessé suite à un affrontement entre la gendarmerie et les manifestants qui exigeaient la libération de deux des leurs, interpellés lors d’un rassemblement.

Par ailleurs, quatre travailleurs de la SUCAF ont été arrêtés. Ils sont considérés comme les “meneurs” des manifestations de vendredi dernier. Les travailleurs de la SUCAF avaient manifesté violemment la semaine dernière pour dénoncer leurs conditions de vie au sein de la société et une réduction de leur salaires. Les travailleurs interpellés ont été déférés devant le parquet de Korhogo pour troubles à l’ordre public.

Raffinerie de la SUCAF

Raffinerie de la SUCAF

La manifestation tenue à Port-Louis par des grévistes de l’industrie sucrière à la mi-journée mercredi 26 novembre a été marquée par des incidents lorsque des manifestants ont croisé sur la route d’un poids lourd transportant du sucre. Les manifestants ont arrêté le véhicule, obligeant le chauffeur à sortir de sa cabine, provoquant une intervention policière.

Maurice: Incidents à la manifestation des grévistes du sucre

Le secrétaire général aux Affaires étrangères a suspendu, jeudi 4 septembre, “jusqu’à nouvel ordre”, sept fonctionnaires, membres du comité syndical de ce ministère. Il leur reproche d’avoir créé un “climat malsain au lieu du travail”, depuis le déclenchement de la grève mardi dernier. Les agents suspendus sont interdits d’accéder à leur lieu de travail. Pour les grévistes, cette mesure de suspension est destinée à les dissuader à poursuivre la grève, qui dure depuis quatre jours.

R.D. du Congo: Fonctionnaires grévistes suspendus

13 militants du mouvement Abahlali baseMjondolo ont manifesté devant le consulat honoraire d’Autriche à Durban en Afrique du Sud. Ils se rassemblaient en solidarité avec les occupants de la Pizzeria Anarchia, un immense squat viennois expulsé la semaine dernière par 1’700 policiers anti-émeute (voir notre précédent article).

Manifestation à Durban pour la Pizzeria Anarchia

Manifestation à Durban pour la Pizzeria Anarchia

C’est la solution high-tech qu’ont trouvé les propriétaires de mines en Afrique du Sud pour mater les futures révoltes. Des drônes équipés de caméras et 4 fusils paintball au poivre seront bientôt utilisés pour le contrôle anti-émeutes. Le drône baptisé ‘Skunk Riot Control Copter’ fabriqué par la société sud-africaine Desert Wolf pourra tirer simultanément plusieurs types de munition : balles en plastiques, projectiles de peinture et capsules de gaz poivré. Les premiers engins seront déployés à la fin du mois dans des mines.

Le Skunk Riot Control Copter en démonstration

Le Skunk Riot Control Copter en démonstration