Retrouvez sur cette page les dernières infos sur la répression et la résistance autour du confinement.

Retrouvez également :
Sans perdre un instant! (analyse du Secours Rouge International)
Petit guide des confiné-es (v2 – 7 avril 2020).
Petit guide V1 (avec Riot.im)
À l’attention des personnes et forces militantes, s’organiser contre le coronavirus et le capitalisme.

 

Samedi 23 mai, plusieurs manifestations se tenaient dans toute l’Allemagne pour dénoncer les mesures de confinement. À Hambourg, une manifestation de ce type avait été autorisée par le tribunal administratif de Hambourg, à condition de maintenir un nombre maximum de participants de 750 personnes. Elle avait attiré beaucoup de militants d’extrême-droite. Au moins 120 personnes ont décidé de contre-manifester contre les fantasmes de conspiration, les antisémites, l’agenda de droite et les nazis. La police est intervenue pour disperser la contre-manifestation utilisant notamment des auto-pompes et des gaz lacrymogènes.

La police disperse une contre-manifestation antifasciste à Hambourg

La police disperse une contre-manifestation antifasciste à Hambourg

Samedi 23 mai, quelques centaines de personnes dont des Gilets jaunes se sont rassemblées sur la place du Commando à Saint-Nazaire (Loire-Atlantique) pour protester contre les restrictions à la liberté d’expression et critiquer la gestion de la crise du coronavirus par le gouvernement. La manifestation ayant été interdite, la police est intervenue, ce qui a donné lieu à des incidents. Les manifestant·es ont lancé des projectiles tandis que la police utilisait des grenades lacrymogènes. Un homme comparaissait devant le tribunal de Saint-Nazaire, ce lundi mai, pour avoir lancé un projectile sur les forces de l’ordre, durant cette manifestation.

Répression d'une manifestation critiquant la gestion gouvernementale de la crise

Répression d’une manifestation critiquant la gestion gouvernementale de la crise

Mercredi 20 mai, la police essayait d’arrêter deux personnes sur la Chaussée de Mons à Anderlecht lorsque une vingtaine d’habitants en colère sont intervenus. Une bousculade s’en est suivi et les policiers ont reçu quelques coups. Une fois la foule calmée, les policiers ont continué leur arrestation. Une enquête pour coups et blessures volontaires a été ouverte afin d’identifier les personnes présentes, deux ont d’ailleurs été arrêtées dans les jours qui ont suivi. Suite à cet incident, le ministre de l’Intérieur s’est concerté avant-hier avec le bourgmestre d’Anderlecht et le chef de corps de la zone de police de Bruxelles-Midi (Anderlecht, Saint-Gilles, Forest) au Commissariat à Anderlecht. Une demande concrète de renfort au profit de la zone a reçu une réponse positive du ministre.

Des habitants d'Anderlecht en colère s'opposent à une arrestation

Des habitants d’Anderlecht en colère s’opposent à une arrestation

Lundi 18 mai, les habitant·s de la commune d’El Bosque (une commune de la banlieue de Santiago) sont descendu·es dans les rues pour protester contre manque de nourriture auquel ils sont confrontés en raison de la mise en quarantaine totale appliquée à 38 communes de la région. Ils réclamaient l’envoi de colis alimentaires. La police est arrivée sur les lieux a utilisé des gaz lacrymogènes et une autopompe pour tenter de dissoudre la manifestation. Trois personnes ont été arrêtées. Les manifestant·es ont répliqué avec des jets de pierre et ont tenté d’ériger des barricades enflammées dans les rues.

Émeutes de la faim à El Bosque

Mercredi 20 mai, la section montoise de l’organisation communiste Rupture et Renouveau, organisait, comme à son habitude, une distribution de masques gratuits. La police est intervenue en nombre, dépêchant 21 de ses agents, avec des chiens, pour arrêter les 6 militant·es. La mère d’un des militants arrêtés, venue s’enquérir de la situation de son fils a également été arrêtée administrativement. Ses empreintes ont été prises et elle écope d’une amende de 250 euros.

Arrestation de militant·es communistes qui distribuaient des masques gratuits

Arrestation de militant·es communistes qui distribuaient des masques gratuits

La grève de la faim et de la soif de Patxi Ruiz continue pour exiger son retour dans le module 8 de la prison de Murcia. Il avait, en effet, été transféré vers un autre module afin de le séparer d’autres prisonniers politiques par un gardien d’extrême-droite qui l’a menacé (voir notre article). Les prisonniers se sont rassemblés à plusieurs reprises afin de dénoncer la réduction de leurs droits au prétexte de la crise sanitaire du Coronavirus. Patxi Ruiz a fait a été menacé de la part des fonctionnaires, le directeur et des responsables sécurité de la prison, pour avoir participé à l’une de ces manifestations. Le prisonnier basque a été accusé d’être le “meneur” de cette mobilisation et s’est laissé entendre qu’il “en subirait les conséquences”. Patxi Ruiz est un ancien membre de ETA. Il purge une peine de trente ans de prison pour avoir exécuté, en 1998, un conseillé de l’UPN à la mairie de Pampelune.

Patxi Ruiz

Patxi Ruiz

La Quadrature du Net et de la Ligue des Droits de l’Homme (LDH) avait déposé un recours au Conseil d’État contre la surveillance policière par drone dans le cadre de l’épidémie de coronavirus. Ce lundi 18 mai, le Conseil d’État a reconnu que l’usage de drones par la police constitue une atteinte à la vie privée, même durant la crise sanitaire. La surveillance policière par drones, pour faire respecter les règles de déconfinement, est désormais illégale dans toute la France. Cette décision reconnaît l’illégalité de tout drone qui, volant suffisamment bas et étant équipé de caméra, permet à la police de détecter des individus, que ce soit par leurs habits ou un signe distinctif. Pour le Conseil d’Etat, l’usage de ces outils « caractérise une atteinte grave et manifestement illégale au droit au respect de la vie privée », notamment concernant les « risques d’un usage contraire aux règles de protection des données personnelles ». D’après le Conseil d’État, cette illégalité ne pourrait être corrigée qu’avec un arrêté ministériel, déposé avec l’accord de la CNIL. Plus d’infos ici.

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L’activité globale d’Uber aurait chuté de 80% en un an avec la crise du coronavirus, la hausse d’activité du service de livraison de repas Uber Eats ne compensant pas l’effondrement de ses autres secteurs d’activité. 3500 employé·es administratifs de Uber ont reçu une invitation à participer à une vidéo-conférence sur Zoom. Au cours de cette conférence, la directrice du département clientèle les a informé qu’il s’agissait de leur dernier jours de travail et qu’ils étaient licenciés. Les 3500 employé·es ont donc été licencié·e en moins de 3 minutes. Une autre entreprise des États-Unis, Bird, a décidé d’aller encore plus loin. Cette entreprise, qui équipe les villes en trottinettes et vélos électriques a décidé de licencier 400 employé·es via un message audio pré-enregistré envoyé sur leur smartphone. Les employé·es ont vu leurs comptes et accès aux outils informatiques de l’entreprise désactivés.

Logo de Uber

Logo de Uber

Dossier(s): Confinement

La majorité des États fédérés d’Inde ont décidé de suspendre le code du travail pour trois ans, en espérant que cela attire les investissements d’entreprises quittant la Chine. Le gouvernement de l’État d’Uttar Pradesh, fut le premier à prendre cette décision. Il a adopté un décret qui suspend 32 des 34 lois relatives au code du travail. Toutes les régulations encadrant les droits des syndicats, le salaire minimum ou les inspections du travail sont abrogées pour trois ans. Seules demeurent les règles interdisant l’esclavage, obligeant l’employeur à payer l’employé régulièrement et à respecter les règles de sécurité dans le secteur du bâtiment.

Après l’Uttar Pradesh, une dizaine d’autres grands États ont annoncé des réformes similaires: du Rajasthan au Goujarat, le poumon industriel du pays, jusqu’au Madhya Pradesh, qui compte environ 80 millions d’habitants. La plupart des États ont fait passer la journée de travail de 8 à 12 heures, pour un salaire mensuel moyen de 10 000 roupies par ouvrier (120 euros). Certaines réformes doivent encore être approuvées par le gouvernement fédéral. Les syndicats estiment qu’il s’agit d’un retour au XIXe siècle. Cependant, il sera difficile de préparer la riposte. Les travailleurs et travailleuses (dont une bonne partie travaillent sur une base journalière) sont, en effet, affaiblis par deux mois de chômage non payé. Ils risquent donc d’avoir des difficultés à organiser une grève, voire même à protester.

Industries de l'Uttar Pradesh

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