Retrouvez sur cette page les dernières infos sur la répression et la résistance autour du confinement.

Retrouvez également :
Sans perdre un instant! (analyse du Secours Rouge International)
Petit guide des confiné-es (v2 – 7 avril 2020).
Petit guide V1 (avec Riot.im)
À l’attention des personnes et forces militantes, s’organiser contre le coronavirus et le capitalisme.

 

Aujourd’hui, la première ministre, Sophie Wilmes, visitait l’hôpital Saint-Pierre à Bruxelles. Une centaine de soignant·es ont alors formé une haie en lui tournant le dos pour marquer leur dégout de la politique menée par son gouvernement et de sa gestion de l’épidémie de Coronavirus. La colère des soignant·es a été particulièrement renforcée par deux arrêtés royaux permettant la réquisition des soignant·es par les gouverneurs de province ainsi que la pratique des soins infirmiers par du personnel non-qualifié (voir notre article). Les soignant·es protestaient également contre les coupes budgétaires qu’elle a réalisé dans le domaine des soins de santé, du temps où elle était ministre du Budget.

Les soignant·es forment une haie de déshonneur pour accueillir Sophie Wilmes

Les travailleuses et travailleurs de différentes entreprises de transports françaises, ont fait parvenir des messages de solidarité au personnel de la STIB en grève contre le déconfinement prématuré (voir notre article). Ces messages de solidarité, provenant de différents corps de métier de la RATP et de la SNCF, ont été compilé dans une vidéo.

Le personnel de la STIB en grève contre le déconfinement prématuré

Le mouvement des Gilets Jaunes est de retour dans les rues et sur les ronds points depuis le 11 mai. La répression a elle-aussi fait son retour. Lundi 11 mai, des Gilets Jaunes se sont rassemblés à une dizaine sur le rond-point des Près d’Arènes à Montpellier. Ils ont très rapidement été expulsés par 20 policiers. Quatre gilets jaunes ont reçu une amende de 135 euros. À Saint-Etienne du Rouvray, des gilets jaunes se sont retrouvés sur un rond point à partir de lundi. Jeudi 14 mai, alors qu’une vingtaine de gilets jaunes s’étaient réunis, les policiers sont intervenus en mettant une première amende de 38 euros pour non respect des mesures de déconfinement aux personnes présentes en menaçant de revenir pour mettre une seconde amende de 135 euros et de faire usage de la force si les gens restaient sur place. Une personne a été arrêtée puis relâchée pour avoir refusé de présenter ses papiers. Les gilets jaunes ont contacté une avocate pour qui ces amendes sont contestables puisqu’elles ont été dressées sur un terrain privé. La circulaire du ministre de l’intérieur ne donne aucune indication sur la limitation de nombre de personnes dans ce cas.

Malgré l’arrêté préfectoral interdisant la manifestation à Montpellier, 200 personnes se sont rassemblées sur la place de la Comédie. Les manifestant·es étaient réparti·es par groupes de 10, pour limiter d’éventuelles contaminations. La police est intervenue en nombre mobilisant 350 policiers. Deux personnes ont été arrêtées et une autre, blessée, a du être évacuée par les pompiers. À Pau, une quarantaine de personnes ont répondu à l’appel. À Marseille, une centaine de gilets jaunes se sont mobilisés avant d’être dispersés par la police qui a notamment utilisé du gaz lacrymogène. Elle a également procédé à un contrôle d’identité massif. Les Gilets Jaune appellent à déconfiner la colère. Ils dénoncent notamment le fait que les rassemblements politiques soient illégaux alors qu’il est légal de s’entasser dans les transports en commun pour aller travailler. Par ailleurs, ils rappellent que les consignes de sécurité ne sont généralement pas respectée par la police lorsqu’elle intervient contre les mouvements.

Expulsion des Gilets Jaunes d'un rond point près de Montpelier

Expulsion des Gilets Jaunes d’un rond point près de Montpelier

L’action de grève du personnel de la STIB contre le déconfinement prématuré se poursuit pour la quatrième journée consécutive, même si le mouvement semble moins suivi que les jours précédents (voir notre article). L’action est soutenue par 500 signataires d’une lettre ouverte. Malgré un accord entre les représentants syndicaux officiels et la direction de la STIB, les travailleuses et travailleurs ainsi que des délégués demandent à traiter avec les ministres de la mobilité directement.

Le personnel de la STIB en grève contre le déconfinement prématuré

Le personnel de la STIB en grève contre le déconfinement prématuré

La police d’Etterbeek est intervenue devant une habitation d’Etterbeek pour exiger le retrait d’une banderole indiquant “Adil tué par la police le 10/04/2020 – Ni Oubli, ni pardon”. Devant le refus des habitant·es, la police a dressé un PV qu’elle a transmis au fonctionnaire sanctionnateur de la commune. Il s’agit du fonctionnaire chargé de la mis en place des sanctions administratives communales (SAC). Ce PV se base sur l’article 38 du règlement général de police commun qui interdit les affichages sur l’espace public sans accord de la commune. Le police craint, en effet, que ce type de banderole n’amène à des révoltes similaires à celles qui se sont produites à Anderlecht. La police fait régulièrement pression pour faire enlever dénonçant la mort d’Adil (voir notre article).

La police d'Etterbeek fait pression pour enlever une banderole réclamant la justice pour Adil

La police d’Etterbeek fait pression pour enlever une banderole réclamant la justice pour Adil

Dans le XVIIIe arrondissement de Paris, une boutique de tissu africains du quartier de la Goutte d’Or avait confectionné plus de 600 masques gratuits. Cette campagne de don a attiré des centaines de personnes qui ne peuvent pas se permettre d’acheter des masques. Certaines personnes ont patienté 4 heures devant la boutique pour attendre son ouverture. Après moins d’une heure de distribution, la police a décidé de fermer la boutique et de disperser la file d’attente. Une boite de 50 masque peut couter jusqu’à environ 50 euros (le prix maximum pour un masque chirurgical jetable est de 95 centime), un masque en tissus peut couter entre 4 et 15 euros tandis que les masques FFP2 coutent plusieurs dizaines d’euros. Ces prix sont souvent trop élevé, en particulier pour les parents et les mères isolées qui doivent en acheter plusieurs pour les enfants. Dans le cadre du déconfinement, le port du masque a, en effet, été rendu obligatoire dans les transports, dans certains magasins ainsi que dans les écoles. Avant la crise les prix pratiqués pour les masques chirurgicaux étaient 10 fois moins importants.

La police interrompt une distribution de masques gratuits qui est victime de son succès

Mardi 12 mai, une émeute s’est déclenchée au Centre de réinsertion sociale de Colima. Les prisonniers exigeaient de mesures de confinement plus efficaces et ont déclenché un incendie. Le mouvement a été réprimé au bout deux heures avec la participation de la police d’État ainsi que des forces fédérales. Des coups de feu ont été entendus et on signale au moins 9 prisonniers blessés. Le même jour, une tentative d’émeute a éclaté à la prison d’État de Chalco, dans l’État de Mexico. Les prisonniers se plaignaient des restrictions imposées aux visites familiales pour empêcher la propagation de Covid-19. Le directeur de la prison, a demandé le soutien du Secrétariat à la sécurité, qui a déployé 200 éléments du groupe spécial qui ne sont finalement pas intervenus. La tentative de révolte a finalement pu être réprimée par les gardiens.

Émeute et tentative d'émeute dans deux prisons du Mexique

À Bogotá, en Colombie, une politique oblige les hommes et les femmes à quitter leur domicile un jour sur deux pendant le confinement. Les femmes sont ainsi autorisées à aller à l’extérieur pour des tâches essentielles les jours pairs et les hommes les jours impairs. Cette politique a laissé les mains libres à la police pour attaquer la communauté transgenre. Les personnes transgenres subissent également des violence de la part de civils. L’organisation Red Comunitaria Trans a ainsi enregistré 20 incidents violents contre des personnes trans dans des supermarchés y compris une femme trans qui a été battue par un homme qui a déclaré qu’elle n’était pas autorisée à sortir le jour des femmes. L’organisation a également reçu des informations faisant état de violences policières dans le quartier de Santa Fe, où des centaines de femmes trans se prostituent. La politique de confinement genré devrait expirer le 11 mai, mais pourrait être prolongée. Une politique similaire avait été mise en place au Pérou le 2 avril, avant d’être abandonnée le 11, devant le nombre important de violences rapportées par la communauté LGBT. Ces violences étaient en grande partie commises par la police.

Violences contre les personnes transgenres à l'occasion d'un confinement genré