Retrouvez sur cette page les dernières infos sur la répression et la résistance autour du confinement.

Retrouvez également :
Sans perdre un instant! (analyse du Secours Rouge International)
Petit guide des confiné-es (v2 – 7 avril 2020).
Petit guide V1 (avec Riot.im)
À l’attention des personnes et forces militantes, s’organiser contre le coronavirus et le capitalisme.

 

Édit 23 mars 2020 : La mutinerie de la prison de La Modelo à Bogota a fait 23 morts et 83 blessés. Les familles des prisonniers se sont rassemblées, malgré le confinement, afin de tenter de recueillir des informations face au long silence des autorités.

En plus des révoltes qui ont éclaté dans les prisons d’Europe (voir notre article), on recense des mouvements similaires en Amérique latine, Afrique, au Moyen-Orient et en Inde. En voici un compte-rendu non-exhaustif. En Colombie, des mutineries ont éclaté samedi soir dans les prisons de Bogota et Ibagué. Les quelques 123 000 prisonnières et les prisonniers mécontent·es des mesures prises dans le cadre du Coronavirus se ont participé à des émeutes, des incendies, et se sont affronté avec les quelques 14 000 gardiens. Des coups de feu ont été entendus. Les prisonnières et les prisonniers demandent du matériel pour se protéger de la pandémie et le rétablissement des visites de leurs proches. Au Mexique, des prisonniers d’Atlacholoaya  se sont révoltés. Certains en ont profiter pour tenter de s’évader. La police ouvert le feu, tuant trois évadés et blessant dix autres. Mais d’autres prisonniers seraient toujours en fuite.

En Ouganda, une émeute a éclaté dans la prison du district d’Arua. Les affrontements se sont déclenchés après qu’un prisonnier qui avait tenté de gravir le périmètre de la prison pour s’échapper ait été abattu. L’émeute a été réprimée par les force de sécurité qui ont tué au moins six prisonniers et en ont blessé 23 autres. Par ailleurs, 23 prisonniers se sont échappés. Au Bengale de l’Ouest (Inde), une mutinerie a éclaté, samedi 21 mars, à la prison de Kolkata (dans l’ouest du pays). Les prisonniers ont incendié une partie de la prison. Des affrontements ont eut lieu avec les gardien et la police. Une unité spéciale de la police est intervenue pour réprimer la révolte faisant 4 morts et au moins blessés parmi les prisonniers. Les prisonniers demandaient le rétablissement des visites de leur proche ainsi que leur audience devant les tribunaux.

En Iran, une mutinerie a éclaté, vendredi 20 mars, dans la prison centrale d’Aligoudarz. Les prisonniers qui risquaient d’être exposés au coronavirus, se sont mutinés et ont désarmé des gardiens et ont tenté de s’évader. Les affrontements entre prisonniers et gardiens se sont étendus à l’extérieur et ont duré plusieurs heures. Des unités des pasdaran sont entrées en scène pour réprimer la mutinerie. Plusieurs prisonniers ont réussi à s’échapper. D’autres ont été tués ou blessés quand les forces de sécurité ont ouvert le feu. Le jour d’avant, le 19 mars 2020, environ 250 prisonniers de la prison de Parsilon à Khorramabad s’étaient mutinés et, après avoir désarmé les gardiens, avaient réussi à s’échapper. Les gardiens et les forces de sécurité avaient également ouvert le feu sur les évadés en tuant un certain nombre.

Des prisonniers ougandais blessé lors de la révolte

Pola Roupa a été transférée dans la prison de femmes parce qu’elle a mené à la prison de Korydallos une mobilisation contre le surpeuplement des prisons et l’adoption de mesures contre l’épidémie dans les prisons. Il y a une possibilité que Niko Maziotis soit transféré à la prison de haute-sécurité de Domokos, sa prison d’attache. Nikos était arrivé à Korydallos en 2015 pour les nombreuses audiences des procès contre “Lutte révolutionnaire”, audiences qui se sont succédées pendant 5 ans. Sa détention à Korydallos va prendre fin puisque le 4e procès contre LR se termine. Le verdict de ce procès (concernant les attaques de banque qui ont été attribuées à LR) sera rendu le 28 avril 2020, si il n’est pas reportée pour cause d’épidémie. Le verdict prononcé, Nikos sera probablement transféré à Domokos. Nikos pourraient revenir à Korydallos en 2021, pour la cour d’appel du 5e procès contre LR (concernant la tentative d’évasion par hélicoptère tentée par Pola Roupa en 2015 et deux attaques de banques). Après la verdict d’avril, les 155 ans de condamnations accumulées par Nikos seront fusionnées en 20 ans selon le nouveau code pénal.

Nikos sdet Pola à leur procès, avec une délégation solidaire du SR

Le mercredi 18 mars, le président Marcelo Rebelo de Sousa a déclaré l’état d’urgence sur l’ensemble du territoire portugais. Les mesures reprises dans cette décision furent annoncées le lendemain par le premier ministre António Costa, mesures qui comprennent la suspension du droit de grève au moins jusqu’au 2 avril. Les mesures prises pourront être renouvelées par le parlement. Suite à cette annonce, Groundforce, l’entreprise gérant les opérations au sol dans les aéroports portugais a annoncé le licenciement de 500 personnes et des baisses de salaires pour une partie de son personnel. Le Portugal est le premier pays européen à suspendre le droit de grève depuis le début de la crise du coronavirus. En Italie, le droit de grève n’a été suspendu que dans les secteurs essentiels liés à la lutte contre le virus.

Marcelo Rebelo de Sousa

Ces derniers jours, plusieurs mouvements de révoltes des prisonniers ont éclaté dans différentes prisons de France d’Italie et de Belgique dans le cadre de la crise liée au Coronavirus. Voici un compte-rendu non-exhaustif des événements.

En Italie, depuis l’annonce, le 7 mars, de la suspension des visites de proches, des troubles majeurs ont éclatés dans 49 prison du pays sur un total de 189. En date du 11 mars, on comptait : 6 000 prisonnier révoltés, 600 lits détruits, ainsi que des dégâts matériels estimés à 35 millions d’euros. Dimanche 8 mars, des mutineries ont éclaté dans quatre prisons du pays. Au moins six prisonniers y sont morts. À Modène, la révolte, particulièrement intense, a fait au moins un mort parmi les détenus alors que 20 gardiens ont été blessés et que le reste du personnel a du être évacué. Les prisonniers sont parvenus à se barricader et à s’emparer d’armes. Dans la prison de Frosinone (sud de Rome), une centaine de prisonniers se sont barricadés dans une section de l’établissement, et la police est intervenue pour réprimer la mutinerie. Les prisonniers ont dressé une liste de revendications, dont la possibilité de visites de leurs proches, et tentent de négocier avec la direction. À la prison Torre del Gallo à Pavie, les prisonniers sont parvenus à prendre deux agents de la police pénitentiaire en otage, et à libérer des dizaines de leurs camarades. Par ailleurs, les familles sont venues soutenir dans la rue la fronde des prisonniers dans plusieurs prisons du pays. Enfin, à la prison de Poggia, dans les Pouilles, plusieurs prisonniers étaient parvenus à s’échapper avant d’être rattrapé par la police.

Des révoltes similaires ont également eut lieu cette semaine en France. Dans les région Alpes-Maritimes, une mutinerie a éclaté à la prison de Grasse, après une révolte de prisonniers inquiets face au coronavirus. Un groupe de six à sept hommes sont notamment montés sur le toit d’un des bâtiments de la prison et ont jeté des projectiles sur les gardiens. Le Raid est intervenu pour réprimer la mutinerie. La lendemain, on dénombrait une dizaine de mouvements de révolte dans tout le pays, principalement des refus par les prisonniers de réintégrer leur cellule après la promenade. Une mutinerie a cependant éclaté au centre de détention de Val-de-Reuil. Les corps d’intervention d’élite de l’administration pénitentiaire (Eris) étaient débordés par le nombre d’incidents et n’ont pas pu intervenir en même temps pour réprimer tous les mouvements.  Jeudi 19 mars, une autre mutinerie a également éclaté à la prison d’Argentan (Orne) avant d’être réprimée par les Eris. Une quinzaine de prisonniers révoltés sont montés sur le toit de la prison et refusaient d’en descendre.

En Belgique, une mouvement de révolte a éclaté à la prison de Saint-Gilles (Bruxelles) lorsqu’une vingtaine de prisonniers sont montés sur le toit pour protester contre la réduction de leur temps de préau.

Révolte de prisonniers en Italie dans le cadre de la crise du Coronavirus

Révolte de prisonniers en Italie dans le cadre de la crise du Coronavirus

Jeudi 19 mars, sous prétexte de mettre en place le confinement, la police a chassé les migrant·es du parc Maximilien. Des volontaires de la cuisine solidaire Zig-Zag qui distribuaient, comme à leur habitude, des repas aux migrant·es ont reçu des amendes pour “création d’un attroupement”. Les migrant·es se sont alors dirigés vers l’Allee du Kaai, espérant recevoir de la nourriture sur place. La police était cependant déjà présente et les a dispersé. La veille, des militant·es du Collectif 8 mars, ont assisté à l’expulsion de personnes sans-abris du Carré de Moscou (Place Marie Janson à Saint-Gilles) par 15 policiers. Lorsque celles-ci se sont mises à filmer la scène, les policiers ont contrôlé leur identité avant d’emmener deux personnes qui n’avaient pas leur carte (elles seront relâchées après identification).

La police chassant les SDF du Carré de Moscou

La police chassant les SDF du Carré de Moscou