Ce lundi 25 à midi, plus d’une centaine de personnes sans-papiers ont manifesté devant le cabinet de la secrétaire d’Etat à l’Asile et à la Migration Maggie de Block, situé sur le boulevard du Jardin Botanique à Bruxelles. Elles demandait d’être régularisées en urgence étant donné que les mesures anti-coronavirus les maintiennent dans une situation insupportable. La police a dispersé le rassemblement. Le groupe s’est alors rendu en cortège jusqu’à la maison communale de Saint-Josse-ten-Noode.

Lundi 25 mai à midi, plus d’une centaine de personnes sans-papiers ont manifesté devant le cabinet de la secrétaire d’Etat à l’Asile et à la Migration Maggie de Block, situé sur le boulevard du Jardin Botanique à Bruxelles. Elles demandait d'être régularisées en urgence étant donné que les mesures anti-coronavirus les maintiennent dans une situation insupportable. La police a dispersé le rassemblement.

Ce week-end, plusieurs actions ont été menées à Bruxelles, Mons et Liège en souvenir de Mawda. Pour rappel, Mawda n’avait que deux ans lorsqu’elle a été tuée d’une balle dans la tête par un un tir policier au cours d’une course poursuite (voir notre article). La police avait pris en chasse une camionnette transportant des personnes migrante lorsqu’il policier a décidé de faire feu sur le véhicule, tuant ainsi Mawda. Une banderole était posée au-dessus de l’autoroute où Mawda a été tuée. Des ballons arborant son nom flottaient au-dessus des étangs d’Ixelles et plusieurs affiches, rappelant les faits, étaient visibles à Bruxelles.

Plus d’infos ici.

Des ballons arborant le nom de Mawda flottaient au-dessus des étangs d'Ixelles

Des ballons arborant le nom de Mawda flottaient au-dessus des étangs d’Ixelles

Mawda

Mawda

Des anarchistes ont incendié une camionnette d’Amazon dans le comté de Los Angeles pour dénoncer la collaboration de l’entreprise avec la répression des migrants aux USA. Amazon fournit les serveurs cloud qui hébergent la base de données utilisée par l’U.S. Immigration and Customs Enforcement’s (ICE). Ces données  publiques et privées sont compilées et croisées pour suivre et expulser les migrants. Les serveurs d’Amazon hébergent aussi le système de gestion des enquêtes de l’ICE.  C’est Palantir – un logiciel cofondé par Peter Thiel, milliardaire et conseiller de Trump – qui permet aux agents de l’ICE sur le terrain d’accéder facilement à des données sur les personnes ciblées, incluant des photos du permis de conduire, les relations familiales et l’historique de leur parcours d’immigration.

L’ICE est une agence particulière agressive et répressive, contournant les lois pour expulser en masse les migrants, quitte à séparer les familles. Un mandat d’expulsion délivré par l’ICE ne suffit pas aux agents pour pénétrer chez quelqu’un sans son consentement, afin de l’arrêter. Pour contourner la loi, les agents de l’ICE procèdent à des descentes aux aurores, en s’identifiant mensongèrement sur le palier au cri de « police ! » et en portant de vestes et de tee-shirts similaires à ceux des forces de l’ordre pour nourrir la confusion… Les agents font aussi usage de diverses ruses (montrer la photo d’une personne inconnue au migrant ciblé en prétendant devoir vérifier que personne ne correspond à cette description à l’intérieur du domicile, se faire passer pour un membre d’un cabinet de procureur pour convenir d’un rendez-vous dans un lieu public, prétendre au téléphone vouloir rendre une pièce d’identité perdue pour attirer la personne ciblée, etc.).

Malgré le confinement, une soixantaine de sans-papiers et de militants solidaires ont mené un rassemblement (bref et espacé) au pied de la Tour des Finances de Bruxelles , où se trouve le bureau de Maggie De Block, ministre des Affaires sociales et de la Santé publique, mais aussi de l’Asile et la Migration. Ils mettaient en avant la situation dramatique des sans-papiers pendant la crise du coronavirus. Travaillant au noir, ils sont dépourvu de tout moyen d’existence pendant le confinement. Le rassemblement s’est dispersé à l’arrivée de la police. Les policiers ont identifiés dix militants solidaires qui devraient recevoir une amende pour non-respect du confinement. Aucun sans-papier n’a été inquiété.

Au rassemblement d'hier

Affrontements samedi soir dans le camp de migrants de Vial sur l’île de Chios où un incendie a été allumé, après l’annonce de la mort d’une réfugiée irakienne habitant le camp. Malade, la demandeuse d’asile âgée de 47 ans avait été hospitalisée dans un hôpital local. Elle a été testée au Civid-19 et le test était négatif selon la grecque. Le camp, prévu pour 1000 personnes, en héberge actuellement 5000. Plusieurs cas de coronavirus ont été signalés dans les camps de réfugiés en Grèce.

L'incendie au camp de Chios

Il y a actuellement cinq personnes au Centre de Rétention de Cornebarrieu, où sont habituellement enfermés en moyenne plus de quatre-vingts étrangers. Trois prisonniers ont acceptés de communiquer au sujet de leur condition d’arrestation, de leur condition de détention et sur les abus qu’ils subissent. Leurs témoignages (retrouvables ici) font état de violences physiques et psychologiques de la part de certaines personnes travaillant au sein de l’institution.

Jeudi 19 mars, sous prétexte de mettre en place le confinement, la police a chassé les migrant·es du parc Maximilien. Des volontaires de la cuisine solidaire Zig-Zag qui distribuaient, comme à leur habitude, des repas aux migrant·es ont reçu des amendes pour “création d’un attroupement”. Les migrant·es se sont alors dirigés vers l’Allee du Kaai, espérant recevoir de la nourriture sur place. La police était cependant déjà présente et les a dispersé. La veille, des militant·es du Collectif 8 mars, ont assisté à l’expulsion de personnes sans-abris du Carré de Moscou (Place Marie Janson à Saint-Gilles) par 15 policiers. Lorsque celles-ci se sont mises à filmer la scène, les policiers ont contrôlé leur identité avant d’emmener deux personnes qui n’avaient pas leur carte (elles seront relâchées après identification).

La police chassant les SDF du Carré de Moscou

La police chassant les SDF du Carré de Moscou

Le policier qui a tiré sur la camionnette transportant Mawda, la tuant d’une balle dans la tête en mai 2018, a été inculpé par la juge d’instruction d’homicide involontaire (article 418 du code pénal). Il aura fallu deux reconstitutions ainsi qu’un rapport balistique pour que la juge le juge d’instruction prenne finalement la décision d’inculper le policier. Le policier avait en effet initialement été auditionné en 2018 mais n’était alors poursuivi (voir notre article). Le dossier va prochainement être renvoyé au parquet, qui va procéder à des réquisitions. Le procès devrait avoir lieu cette année.

Mawda

 

La Cour de Cassation italienne a confirmé vendredi la validité de la libération en juillet de Carola Rackete. La capitaine allemande du navire humanitaire Sea Watch 3 avait accosté de force sur l’île de Lampedusa avec 42 migrants rescapés à son bord. La cour a rejeté le recours que le parquet avait formé à la suite de la libération de Carola Rackete, et doit désormais déposer ses motivations dans un délai de 30 jours. À l’issue de l’accostage, Carola Rackete avait été placée aux arrêts domiciliaires et présentée à un juge début juillet. Ce dernier avait alors décidé de la libérer estimant que la jeune femme avait fait simplement son devoir en sauvant des vies humaines.

Immobilisé par la justice pendant plusieurs mois, le Sea Watch 3 a, depuis, repris ses sauvetages au large de la Libye avec d’autres capitaines à son bord. Les dernières opérations de sauvetage en date, survenues il y a à peine quelques jours, lui ont permis de secourir 119 migrants. Après une escale technique, la navire remettra le cap vers la Libye d’ici quelques jours. Le verdict concernant Carola Rackete intervient 10 jours après qu’une cour d’appel maltaise a annulé la condamnation d’un autre capitaine allemand officiant pour l’ONG Lifeline. La justice a estimé que Claus Peter Reisch, capitaine du navire du même nom que l’ONG, n’avait aucune intention criminelle lorsqu’il est entré dans les eaux maltaises avec plus de 200 rescapés à son bord en juin dernier.

Carola Rackete

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Après l’action des “gilets noirs” au Panthéon à Paris, une vingtaine de sans-papiers ont été placés en rétention administrative. Par ailleurs, une personne est en garde à vue pour “violences volontaires sur personne dépositaire de l’autorité publique”. Le vendredi 12 juillet, environ 700 personnes ont brièvement occupé le Panthéon à Paris avant d’être évacuées par la police. Ces “gilets noirs” sont des sans-papiers qui réclament leur régularisation et un rendez-vous avec le Premier ministre Édouard Philippe.

gilets noirs

gilets noirs