Retrouvez sur cette page les dernières infos sur la répression et la résistance autour du confinement.

Retrouvez également :
Sans perdre un instant! (analyse du Secours Rouge International)
Petit guide des confiné-es (v2 – 7 avril 2020).
Petit guide V1 (avec Riot.im)
À l’attention des personnes et forces militantes, s’organiser contre le coronavirus et le capitalisme.

 

Dans la petite ville d’Epinay-sous-Sénart, en banlieue parisienne, le maire d’extrême droite a dépensé plus de 500 000€ pour déployer des caméras de vidéosurveillance un peu partout. Ces caméras sont désormais utilisées pour envoyer des amendes aux habitant·es qui sortent sans qu’ils soient effectivement contrôlés par la police. Le fait que ces personnes soient porteuse ou non d’une attestation de sortie ou qu’elles aient un motif valable pour être dehors, n’y change donc rien. Dans d’autres cités de Seine-Saint-Denis et des Yvelines comme au Val-Fourré à Mantes-la-Jolie, des habitant·es ont également subi ce type de verbalisation au faciès. Le code de procédure pénale prévoit que les procès-verbaux de constatations d’infractions contraventionnelles font foi, jusqu’à preuve du contraire. Ce seront donc les habitant·es qui devront prouver qu’ils n’ont pas été contrôlés.

Des centaines d’amendes pour non-respect du confinement à Epinay-sous-Sénart

Des centaines d’amendes pour non-respect du confinement à Epinay-sous-Sénart

Le personnel de la STIB a décidé de poursuivre son action de grève, entamée hier, contre le déconfinement prématuré (voir notre article). Près de 80% des chauffeurs de bus et 40% des chauffeurs de tram de la Stib n’ont pas pris leur service. Les conducteurs de métro ont rejoint le mouvement brièvement, vers 10h30, empêchant la circulation de la ligne 1 et 5 pendant environ une demi-heure.

Le personnel de la STIB en grève contre le déconfinement prématuré

Le personnel de la STIB en grève contre le déconfinement prématuré

Mercredi 6 mai, une technologie de reconnaissance faciale permettant de détecter les personnes portant un masque a été déployée à Paris dans la station Châtelet-Les Halles. Le dispositif va servir à mesurer en temps réel le taux d’adoption de la protection faciale dans cette station centrale durant 3 mois. Châtelet-Les Halles, station géante au cœur du laboratoire d’Intelligence artificielle de la RATP, disposait déjà des 6 premières caméras HD nécessaires pour quantifier les passagers masqués à intervalles réguliers. Le sous-traitant, la start-up DatakaLab, n’a eu qu’à brancher ses six boîtiers dans une salle de contrôle. Ils contiennent un puissant processeur doté d’un algorithme qui analyse en continu le flux vidéo et comptabilise les personnes portant un masque. Ce logiciel détecte différents points du visage en temps réel et l’intelligence artificielle les compare avec un modèle qu’elle connaît qui est sans masque. Cela donne ensuite un score de 0 à 1 sur l’étendue de la couverture du visage. D’ici le mois d’août à six caméras supplémentaires, toujours à Châtelet-Les-Halles. Le logiciel de détection sera aussi bientôt capable de mesurer le respect de la distanciation.

La détection automatique du port du masque testée dans le métro parisien

La détection automatique du port du masque testée dans le métro parisien

Lundi 11 mai en région parisienne ont eu lieu des manifestations toutes réprimées par la police. Une tentative de rassemblement devant le ministère de la santé par des gilets jaunes a eu lieu et a été rapidement empêchée par les forces de l’ordre qui ont reconduit les protagonistes après quelques minutes à une bouche de métro. Place de la République, arrestations et amendes ont été réalisés à l’encontre d’une vingtaine de gilets jaunes également. Enfin, à l’Île Saint Denis, à l’appel de différentes associations, un rassemblement de 300 personnes pour dénoncer les violences policières dans les quartiers populaires a vu se déployer un dispositif policier massif pour ensuite être nassé devant la mairie empêchant la distanciation sociale.

Depuis le 8 mai, un robot à quatre pattes patrouille dans le parc de Bishan-Ang Mo Kio, à Singapour, pour rappeler aux gens les mesures de distance de sécurité. Baptisé Spot, il diffuse un message enregistré rappelant aux visiteurs des parcs d’observer les mesures de distance de sécurité. Il est équipé de caméras, rendues possibles grâce à un système d’analyse vidéo développé par le gouvernement, pour l’aider à estimer le nombre de visiteurs dans les parcs. Les caméras, cependant, ne pourront pas suivre ou reconnaître des individus spécifiques, ni collecter des données personnelles. Spot est déployé dans le cadre d’essai pilote de deux semaines, mené conjointement par NParks et le Smart Nation and Digital Government Group (SNDGG). Si l’essai s’avère concluant, son utilisation sera élargie. Développé à l’origine par la société américaine Boston Dynamics, le robot a déjà utilisé par la police du Massachusetts dans le cadre d’opérations de déminage (voir notre article).

Spot déployé dans le cadre des mesures de confinement à Singapour

Aujourd’hui, le personnel de la Société des transports intercommunaux de Bruxelles (STIB) s’est mis en grève afin de protester contre les risques sanitaires crées par la reprise économique dans le cadre du déconfinement. La limitation du nombre d’usagers par transport n’est, en effet, plus d’application depuis aujourd’hui afin de permettre à un maximum de personnes de se rendre au travail. La distanciation sociale n’y est donc plus respectée dans les transports et il arrive que 90 personnes s’y côtoient en même temps. En l’absence de mobilisation syndicale, le personnel a décidé d’invoquer son “droit de retrait”, un droit qui permet de quitter son poste en cas de “danger grave et imminent”, sans crainte d’être licencié. Il n’avait jamais été utilisé dans l’histoire de la Belgique.

Le personnel de la STIB en grève contre le déconfinement prématuré

Le personnel de la STIB en grève contre le déconfinement prématuré

Le tracing sera complètement opérationnel demain lundi. Il sera confié à des call-center privés ou semi-privés qui auront pour mission de contacter les personnes infectées et d’identifier avec qui elles ont été en contact dans les 48h précédant le diagnostic et pendant les 7 jours suivants. Les personnes contactées ne sont légalement obligées de répondre aux questions. N-Allo, filiale d’Engie, se chargera du contact tracing à Bruxelles et en Flandre. En Flandre, N-Allo fait partie d’un consortium de centres d’appels (outre Yource, Call Excell et les centres d’appels filiales du groupe Koramic2Engage) qui se chargera de la répartition des appels entre eux. En Wallonie un autre consortium se chargera du tracing. Il s’agit du Groupement Autonome des Mutualités, composé de iKanbi, CallExcell, ENTRA et LEM Intérim. Une bonne partie des travailleuses et travailleurs seront sous contrat d’intérim.

Formation des travailleuses et travailleurs d'un call-center au tracing

La semaine dernière, les étudiants de la section habillement de l’Institut de promotion sociale et de formation continuée (IPFC) à Nivelles ont reçu un mail leur demandant de participer à un  projet de confection de masques. Ce projet, initié à la demande de la Province du Brabant wallon, visait à combler un manque de 2000 masques sur le territoire provincial. L’IPFC était supposée fournir les tissus, élastiques, filtres et fils nécessaires. Il était demandé aux élèves de choisir entre un travail à l’école ou à domicile, en leur garantissant toutes les mesures de sécurité et de distanciation sociale au sein de l’établissement. En réalité les étudiant·es se sont retrouvés à 20 par classe et ont dû préparer eux-même le matériel. La participation a ces travaux gratuits sera prise en compte dans l’évaluation des étudiant·es.

Logo de l'IPFC Nivelles

Vendredi 6 mai, la commission des loi a approuvé une proposition de députés LREM visant à donner plus de pouvoir aux “gardes particuliers”. Ils pourront contrôler certaines règles du déconfinement et dresser des procès-verbaux, le cas échéant. Ces gardes sont des agents de sécurité nommés par un propriétaire. La loi dit que “toute personne physique ou morale, ayant un droit de propriété ou de jouissance a le droit de nommer un garde particulier chargé de surveiller ses biens”. Ces agents ont l’autorisation de se promener avec “une arme de chasse”. N’importe quel châtelain ou personne possédant des biens fonciers peut donc avoir son ou ses gardes et constituer une petite milice personnelle. Si cette nouvelle loi est votée à l’Assemblée nationale, ces gardes privés disposeront de pouvoir de police. Plus d’infos ici.

Agents de sécurité en France