Retrouvez sur cette page les dernières infos sur la répression et la résistance autour du confinement.

Retrouvez également :
Sans perdre un instant! (analyse du Secours Rouge International)
Petit guide des confiné-es (v2 – 7 avril 2020).
Petit guide V1 (avec Riot.im)
À l’attention des personnes et forces militantes, s’organiser contre le coronavirus et le capitalisme.

 

L’Inspection du travail a mené près de mille contrôles en entreprises entre le 23 mars et le 30 avril. Dans 75% des cas, les règles de précaution étaient enfreintes. Plus précisément, entre le 23 mars et le 30 avril, 1.142 contrôles à distance ont été effectués quant aux mesures de précaution dans les entreprises et 986 d’entre eux (86,34 %) ont nécessité un déplacement des services de l’Inspection du travail. Près de 75% de ces visites (74,65%) se sont soldées par un avertissement. La sanction s’est toutefois limitée à cet avertissement pour 606 infractions, tandis que 88 entreprises ont reçu un délai pour se mettre en conformité et dans huit cas, une citation à comparaître a été adressée à la direction. Enfin, 34 d’entre elles ont été fermées.

Organigramme du SPF emploi

Organigramme du SPF emploi

Cette semaine, le cabinet de la ministre fédérale de la santé, Maggie De Block, a fait passer plusieurs arrêtés royaux. Ceux-ci permettent la réquisition des soignant·es par les gouverneurs de province. Ils permettent également à des soignant·es non qualifié de prester les actes propres aux infirmiers dans le cadre de la crise. Le refus d’être réquisitionné est puni d’une peine d’emprisonnement de huit jours à trois mois et/ou d’une amende de vingt-six euros à deux mille euros. Parallèlement aucune prime ne sera accordée pour récompenser le personnel soignant pour ses actions dans le cadre de l’épidémie de Coronavirus. Ces arrêtés royaux sont valables jusqu’au 31 décembre 2020.

La ministre fédérale de la santé, Maggie De Block

La ministre fédérale de la santé, Maggie De Block

Au moins 12 manifestants ont été blessées lors d’affrontements à Gazipur entre des policiers et des ouvriers du prêt-à-porter qui ont manifesté pour la réouverture de leur usine, en demandant des arriérés et le plein salaire au lieu de 65%. Plusieurs milliers de travailleurs de plusieurs usines de confection à Gazipur ont bloqué les autoroutes Dhaka-Mymensingh et Dhaka-Tangail pendant des heures pour faire valoir leurs revendications. L’affrontement a éclaté mercredi lorsque la police a tenté de les disperser à l’aide de grenades lacrymogènes, des balles en caoutchouc et de coups de matraques. Les travailleurs ont résisté en caillassant les policiers. Au moins 12 personnes, pour la plupart des travailleurs, ont été blessées lors de l’affrontement.

La manifestation des travailleurs du textile

 

Une caisse de grève des loyers qui sert à soutenir les locataires a été lancée. Elle servira a soutenir les locataire qui vont se faire poursuivre par leur propriétaire pour non payement et à soutenir l’organisation de la grève. Vous pouvez faire un dont sur le compte BE65 5230 8110 3896 au nom de Marius Jacob avec la communication “grève loyer”. Un financement participatif a également été lancé. Il se clôture dans quelques jours. Plus d’infos et lien vers la caisse de soutien.

Grève des loyers

Grève des loyers

Dans une crèche à côté de Varèse en Lombardie, les directeurs ont commandé 200 bracelets « hi-tech » destinés aux élèves et aux enseignants. Ces bracelets clignotent et vibrent quand les personnes se rapprochent les uns des autres et ils sont capables d’enregistrer les données des autres bracelets rencontrés. Ils seront donc utilisés pour faire respecter aux enfants la distanciation physique et reconstituer les éventuelles chaînes de contamination. Ils seront payés par les familles des élèves.

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Alors que la réouverture des établissements scolaires approche à grands pas, le Ministère de l’Éducation Nationale diffuse des consignes destinées aux enseignants. Sur son site internet, plusieurs directives sont données sur les attitudes à adopter envers les élèves : des “fiches” de reprise sont mises en ligne. L’une d’elle s’intitule “Risque de replis communautaristes”. En réalité, cette fiche invite les enseignants à surveiller voire à sanctionner toute pensée contestataire. Cette fiche estime notamment que “la crise du Covid-19 peut être utilisée par certains pour démontrer l’incapacité des États à protéger la population”, que  “divers groupes radicaux exploitent cette situation dramatique dans le but […] de troubler l’ordre public”, que “certaines questions et réactions d’élèves peuvent être abruptes et empreintes d’hostilité et de défiance : remise en question radicale de notre société”. Plus loin, le document s’alarme de “contre projets de société” et d’une possible “fronde contre les mesures du gouvernement”. La fiche appelle donc les enseignants à “prendre en compte l’intégralité du spectre des idées radicales”, notamment politiques et religieuses.

Un extrait de la fiche du ministère de l'éducation nationale

Un extrait de la fiche du Ministère de l’Éducation Nationale

Mercredi 6 mai, un homme a été arrêté alors qu’il faisait du kayak sur l’étang du Bois de la Cambre à Bruxelles. Sur son kayak, une banderole demandait la régularisation de sans-papiers. Le kayakiste a été arrêté et emmené au poste de police pour une identification. Il a ensuite été relâché. Le même jour, un autre homme a décidé de faire en kayak sur les étangs d’Ixelles, où le kayak n’est normalement pas autorisé. Il l’a fait sans porter de revendication particulière. Il n’a pas été inquiété par la police.

Un kayakiste qui demandait la régularisation de sans-papiers arrêté au Bois de la Cambre

Un kayakiste qui demandait la régularisation de sans-papiers arrêté au Bois de la Cambre (2)

Mercredi 15 avril, le régime truc a décidé de libérer Alaattin Çakici à la faveur d’une loi visant à désengorger les prisons menacées par le Coronavirus. Alaattin Çakici est un chef de la mafia ultranationaliste qui a participé dans les années 1990 à la “sale guerre” menée par l’État turc contre les sympathisants de la rébellion kurde. Depuis sa retraite dans un hôtel de la station balnéaire de Saros, en Thrace orientale, le chef mafieux ultranationaliste, jusque-là connu pour son aversion à l’égard d’Erdogan, a cette fois salué, dans un texte manuscrit, sa politique.

Çakici n’est pas le premier caïd à mettre le genou à terre devant Erdogan. Avant lui, Sedat Peker, bénéficiaire d’une libération anticipée, avait menacé en 2016 les opposants du reis qui avaient osé réclamer un arrêt des combats au Kurdistan turc de “faire couler [leur] sang à gros bouillons”. Mais Çakici est d’un autre calibre. Militant du MHP (les Loups Gris) durant sa jeunesse, il est approché en en 1987 par  l’organisation nationale du renseignement (MIT). Il participe durant les années 1990 à la lutte clandestine contre les soutiens supposés du PKK et profite de la protection de l’état pour faire prospérer ses entreprises. Il est arrêté en 1998 alors que l’état est obligé, par l’opinion publique, de sévir contre le crime organisé. Libéré sous condition en 2002, il s’enfuit en Europe avant d’être ré-arrêté en Autriche avec un faux passeport au nom d’un agent du MIT. Il doit sa dernière libération à l’insistance de Devlet Bahçeli, le chef du MHP, membre de la coalition gouvernementale depuis le putsch raté de l’été 2016. Bahçeli a, en effet, appelé à plusieurs reprises, en 2018, au vote d’une loi d’amnistie pour le chef mafieux. Un convoi de 700 véhicules étant présent lors de sa libération.

Alaattin Çakici

Alaattin Çakici

Dimanche 3 mai, une émeute a éclaté dans la prison pour hommes de Santiago del Estero située dans la province d’Alsina. La révolte a commencé vers dix heures du soir depuis le pavillon J avant de s’étendre aux autres secteurs. La police et l’infanterie sont intervenus en nombre pour réprimer le mouvement et des coups de feu ont été entendus. On dénombre 13 prisonniers blessés.

Mutinerie de la prison de Varones

Mutinerie de la prison de Varones