Les manifestations contre la violence sexiste et les féminicides se sont terminées samedi 29 août par l’arrestation de 18 manifestants. Plus d’un millier de personnes, majoritairement des femmes, se sont rassemblées à Roeland Street à 11 heures du matin, peu après le premier anniversaire du meurtre de Uyinene Mrwetyana, étudiante à l’Université du Cap. L’intention était de marcher sur le parlement et la manifestation a été interdite. La police a bloqué la rue Roeland puis a lancé une grenade fumigène qui a provoqué un mouvement de panique. La police a alors tiré des balles en caoutchouc et des grenades assourdissantes.

 

Des membres du syndicat sud-africain des travailleurs municipaux (Samwu) se sont à nouveau engagés dans de violentes manifestations à Ekurhuleni, le mardi 28 juillet. Des informations font état d’affrontements avec la police depuis le début de la grève lundi. Trois manifestants ont été arrêtés et plusieurs autres blessés.

Manifestants à Ekurhuleni

Mercredi 22 avril, des habitant·es de Veeplaas (un quartier de Port Elizabeth) sont descendus en masse dans les rues mardi pour protester contre le manque de colis alimentaires. La police est arrivée 15 minutes plus tard et tiré avec du gaz lacrymogène et des balles en caoutchouc. Les manifestant·es ont barricadé la route avec des pierres, des bûches, du fil, du verre brisé et des pneus qu’ils ont brûlés. Dans le quartier de Veeplaas, 2404 personnes avaient besoin d’un colis alimentaire mais seuls 70 étaient arrivés.

Émeute de la faim à Port Elizabeth

Hier mardi, la police sud-africaine a tiré des balles en caoutchouc et des gaz lacrymogènes lors d’affrontements avec des habitants de Cape Town qui exigeaient la livraison des colis alimentaires promis pour la durée du confinement. Une foule en colère a affronté la police, lancé des pierres et érigé des barricades dans les rues avec des pneus en feu. L’Afrique du Sud est actuellement au milieu d’un confinement de cinq semaines pour freiner la propagation du coronavirus qui a jusqu’à présent infecté plus de 2.400 personnes. Le président Cyril Ramaphosa a promis de fournir des produits de base tels que de l’eau et des vivres aux Sud-Africains les plus pauvres. De nombreuses personnes, en particulier celles qui travaillent dans l’économie informelle, sont incapables d’exercer leur métier et ont perdu des revenus en raison de l’isolement qui est entré en vigueur le 27 mars.

Les affrontements à Cape Town

Les étudiants du campus de Westville de l’Université du KwaZulu-Natal se sont insurgés, mardi, après deux jours de manifestation. Ils ont jeté des chaises et des pierres sur des véhicules et se sont affrontés à la sécurité de l’établissement. Une des raisons pour lesquelles ils manifestaient était due au piètre état des logements dans lesquels ils vivent. Ils dénoncent également l’exclusion scolaire.

Déployement de forces de sécurité sur le campus de l’UKSN

Déployement de forces de sécurité sur le campus de l'UKSN

Une vague de manifestations tournant à l’émeute ont secoué les villes de Tshwane, Somerset West, Khayelitsha, Kroonstad, Orange Grove et Vanderbijlpark. Ces manifestations s’accompagnent de barrages routiers et ont pour origine la rareté ou la cherté de services publics de base (eau, logement, électricité), la corruption et l’inefficacité des autorités locales à satisfaire les besoins de base. Les forces de l’ordre ont à plusieurs reprises tiré des balles en caoutchouc sur des manifestants, notamment à Orange Grove (Johannesburg).

Barricade à Tshwane

Barricade à Tshwane

Le campus de l’University of KwaZulu-Natal (UKZN) à Westville a été le théâtre de violentes manifestations mercredi, malgré l’accord de la direction et des syndicats étudiants sur le retour en classe. Des manifestants ont incendié le bâtiment du Service de gestion des risques sur le campus et caillassé des agents de la sécurité privée qui ont ouvert le feu. Au moins deux véhicules et plusieurs immeubles ont été endommagés. Une étudiante a été blessée. il n’y a pas eu d’arrestation.

Forces de sécurité sur le campus de l’University of KwaZulu-Natal

Forces de sécurité sur le campus de l'University of KwaZulu-Natal

Les étudiants de plusieurs universités sud-africaines ont manifestés lundi pour revendiquer des meilleurs transports, de meilleurs installations et une aide aux étudiants pauvres. Suite à cela, le Conseil des représentants des étudiants (SRC) de l’Université du Witwatersrand (Wits) a annoncé lundi dans une déclaration qu’il entamerait, avec ses “mandants”, une grève de la faim pacifique à partir de mardi matin. Ce mouvement a provoqué mardi des affrontements entre les étudiants en lutte et les forces de sécurité du campus.

Mercredi, au moins une personne a été grièvement blessée lors d’affrontements entre la police et des étudiants manifestants mercredi. Environ 300 étudiants de l’Université de Johannesburg (UJ), du Wits et du Central Johannesburg College ont défilé des campus de Doornfontein (UJ) à Auckland Park Kingsway (APK). En entrant sur les campus, ils ont invité d’autres étudiants à les rejoindre. Les étudiants devaient remettre un mémorandum à la direction du campus APK mais une bagarre a éclaté entre des vigiles et les étudiants à la porte. La police est intervenue en lançant des grenades assourdissantes.

Incidents à la WITS

Incidents à la WITS

La grève à la mine de platine de Sibanye, près de Rustenburg, a donné lieu à de nombreuses violences entre les grévistes et le personnel de sécurité, qui a fait usage d’armes à feu. A ces affrontements s’ajoutent ceux entre les grévistes et les jaunes, et des tensions entre les deux syndicats des mineurs, l’Association des mineurs et du syndicat de la construction (Amcu), premier syndicat de les mines de platine, et le Syndicat national des mineurs (NUM, mieux implanté dans les mines d’or). Un mineur du NUM a été touché par six balles et a succombé à ses blessures.

Syndicalistes de l’AMCU

Syndicalistes de l'AMCU

Des centaines de résidents de Stutterheim ont affronté la police hier mercredi lors de manifestations contre le népotisme et la corruption. Des jeunes en colère de Stutterheim ont commencé à manifester contre les responsables de la municipalité locale d’Amahtlathi monnayant les emplois municipaux contre des pots-de-vin ou des rapports sexuels. Les manifestations ont débuté mercredi à 4 heures du matin. Les manifestants ont barricadé les routes avec des pierres, des bois et des pneus enflammés. La police a tiré du gaz lacrymogène et de balles en caoutchouc. Deux manifestants ont été arrêtés.

Affrontements à Stutterheim

Affrontements à Stutterheim