La police sud-africaine a indiqué avoir utilisé mardi matin grenades assourdissantes et balles en caoutchouc pour disperser quelque 3.000 grévistes qui bloquaient une route menant à une mine de platine du numéro un mondial du secteur Amplats dans le nord du pays. Les mineurs bloquaient la route et menaçaient de déloger les travailleurs non grévistes à la mine.

police vs mineurs en afrique du sud

police vs mineurs en afrique du sud

La justice sud-africaine a interdit jeudi au syndicat radical AMCU de faire grève dans les mines d’or. Le Tribunal du travail de Johannesburg a donné rendez-vous au syndicat le 14 mars pour expliquer pourquoi cette interdiction de faire grève ne devrait pas être permanente. D’ici là, tout mouvement sera considéré comme une grève sauvage, ce qui signifie en Afrique du Sud que les grévistes pourront être licenciés. La Chambre des mines juge qu’un mouvement serait illégal dans les mines d’or, un accord de branche ayant été passé en septembre avec des syndicats représentant 72% des employés du secteur.

L’AMCU a engagé une grève le 23 janvier chez les trois premiers producteurs mondiaux de platine, secteur où il n’y a pas d’accord de branche et où il est majoritaire. Ses militants ont rejeté jeudi une offre du patronat, s’en tenant à la revendication d’un salaire de base de 12.500 rands (environ 810 euros, soit deux à deux fois et demie les niveaux actuels).

mineurs du platine en grève

mineurs du platine en grève

Depuis jeudi dernier, les villageois de la communauté de Relela, dans la province de Limpopo, manifestent pour dénoncer le meurtre d’une femme. Deux personnes suspectes avaient été interpellées, mias elles ont immédiatement été libérées. Les villageois dénoncent l’immobilisme des autorités dans cette affaire et leurs multiples manifestations ont été violemment réprimées. La semaine dernière, en marge de l’une d’elle, un jeune hommes de 15 ans a été abattu par les forces de l’ordre. Mardi, plus de 2000 personnes ont pris d’assaut le commissariat de Relela. Elles ont lancé des cocktails Molotov et des pierres en direction du bâtiment et des policiers. Ceux-ci ont rapidement ouvert le feu, tuant deux hommes. Les autorités ont déclaré que 15 policiers avaient été blessées, et que ‘n’importe quelle personne placée dans cette situation aurait fait pareil, n’ayant d’autre solution pour sauver sa vie’. Neuf personnes ont en outre été arrêtées pour violences publiques.

Villageois de Relela manifestent contre les violences policières

Villageois de Relela manifestent contre les violences policières

Les membres du syndicat minier Amcu mènent actuellement un mouvement de grève dans les mines de platine des provinces du Nord-Ouest et de Limpopo. Ils revendiquent une augmentation du salaire mensuel minimum. Hier matin, la police et des membres du service de sécurité de la mine de Khuseleka, à Rustenberg, propriété du groupe anglo-américain Platinum, ont tiré des balles en caoutchouc pour disperser un groupe de grévistes. Un large contingent de police a été déployé sur place pour contenir les manifestants qui s’organisent en barricadant les voies d’accès au site.

Policiers contre grévistes à Rustenburg

Policiers contre grévistes à Rustenburg

Au moins deux policiers sud-africains impliqués dans le massacre des mineurs de Marikana en 2012 (34 morts) ont participé à la répression sanglante des manifestants pour l’eau courante non loin de là près de Brits (nord) lundi, a rapporté hier la presse sud-africaine. Une cinquantaine de kilomètres séparent Marikana, dans la province du Nord-Ouest, et Mothotlung, le township où il y a eu trois morts la semaine dernière.

La tragédie de Marikana, fusillade policière la plus grave jamais survenue depuis la fin du régime raciste d’apartheid il y a vingt ans, n’a débouché à ce jour sur aucune sanction, et la commission d’enquête n’a pas rendu ses conclusions. La police a toujours plaidé la légitime défense. Mais l’enquête a montré qu’une partie des victimes ont été pourchassées après la fusillade et abattues ou achevées par des balles tirées dans le dos ou à bout portant. La commission a aussi indiqué en septembre 2013 que la police lui avait menti, dissimulé des éléments de preuve ou les avait contrefaits et antidatés.

Deux personnes ont été tuées dans une confrontation avec la police alors que les habitants d’un village de la province du Nord-Ouest marchaient vers la ville de Brits pour dénoncer la pénurie d’eau. Cet incident est le dernier d’une série d’affrontements entre la police et les manifestants en colère en raison de la mauvaise qualité des services publics. Selon le porte-parole de la police locale: ‘Deux manifestants sont morts et deux autres ont été blessés alors qu’ils défilaient vers Brits et ont affronté la police. On suspecte des policiers d’avoir tiré vers les manifestants et l’enquête est en cours’. Il n’a pas donné davantage de détails, notamment sur la nature des tirs policiers. Il semblerait qu’ils aient tiré à balles réelles tandis que d’autres parlent de balles en caoutchouc.

Manifestation villageoise à Brits

Manifestation villageoise à Brits

Le personnel de sécurité du géant anglo-sud-africain Anglo American Platinum (Amplats) a procédé à des tirs de sommation et appeler la police pour disperser une foule en colère. Un groupe d’habitants a protesté à la mine de Mogalakwena (province du Limpopo, nord) pour demander des emplois permanents. Cinq camions ont été endommagés et l’entreprise a fait appel à la police nationale pour s’efforcer de ramener le calme dans la zone.

Rassemblement devant l’Anglo American Platinum

Rassemblement devant l'Anglo American Platinum

Deux policiers sud-africains ont tiré à balles réelles à Cato Manor, tuant une jeune manifestante. Selon la version de la police, un véhicule de police s’est retrouvé encerclé par 500 personnes et a vu ses vitres brisées par des jets de pierres. La victime est une jeune femme de 17 ans, Nqobile Nzuzua. La population protestait contre le manque de logements, a expliqué Mnikelo Ndabankulu.

police afrique du sud

police afrique du sud

La commission d’enquête sud-africaine sur le massacre de 34 mineurs par les forces de l’ordre en 2012 à Marikana a accusé jeudi la police d’avoir menti sur les circonstances de cette tuerie. La Commission évoque des éléments de preuve apparemment dissimulés aux enquêteurs par la police, et d’autres contrefaits et anti-datés.

Le 16 août 2012, la police sud-africaine avait ouvert le feu sur des grévistes du groupe britannique Lonmin, à la mine de platine de Marikana. Les policiers ont affirmé qu’ils étaient en état de légitime défense lorsque l’ordre d’ouvrir le feu à balles réelles a été donné, mais des journalistes et des témoins avaient affirmé qu’une partie des victimes avaient été pourchassées par la police après la fusillade, et abattues ou achevées par des balles tirées dans le dos ou à bout portant. Les premières auditions ont confirmé certaines de ces accusations. La chef de la police nationale n’a jamais admis la moindre responsabilité. Aucun policier n’a été inquiété, ni par la justice ni en interne.

massacre de marikana

massacre de marikana

Ce mercredi, des centaines d’habitants du bidonville de Waterworks, à l’ouest de Soweto ont manifesté et bloqué une route à Protea Glen pour exiger une amélioration des services publics dans leur ‘habitat informel’, comme on appelle ces bidonvilles, ou leur relogement. Plus de 1000 personnes vivent là sans eau courante et avec vingt latrines. Hier, ces habitants se sont affrontés à la police. Les manifestants ont brûlé des pneus sur la route et ont jeté des pierres aux forces de l’ordre qui sont intervenues à coups de gaz lacrymogène et de balles en caoutchouc. Des dizaines de personnes ont été blessées. Les autorités ont déclaré avoir interpellé plus de 200 personnes qui seront poursuivies pour violence dans l’espace public.

Répression dans la banlieue de Soweto

Répression dans la banlieue de Soweto