La situation était très tendue le lundi 6 janvier au campus de Kinshasa à la suite de la fronde estudiantine contre la récente augmentation des frais académiques décidée par le ministère de l’Enseignement supérieur et universitaire. Dénonçant les nouveaux montants qu’ils jugent excessifs au regard de la situation sociale de nombreux étudiants issus des familles modestes, les étudiants de l’Unikin se sont largement mobilisés. La manifestation d’hier lundi a fini en affrontements avec les forces de police. Les étudiants qui tenaient à manifester en dehors du site universitaire ont été confrontés aux forces de l’ordre qui n’ont pas hésité à user des gaz lacrymogènes. La présence des policiers était remarquée à l’entrée des Homes et des facultés mais aussi dans certains points névralgiques du campus. Cela n’a pas empêché les manifestants d’exprimer leur colère: pneus brûlés, véhicules détruits, bureaux pillés et saccagés. Onze personnes ont été arrêtées, sept manifestants et deux policiers ont été blessés.

Les étudiants de l’UNIKIN brûlent, lundi 6 janvier 2020, le bâtiment administratif du site universitaire pour protester contre la disparité de frais académiques

Le lundi 3 septembre, des manifestations se sont déroulées dans plusieurs villes du pays (Kinshasa, Goma, Lubumbashi, Bukavu…). Ces manifestations organisées par le mouvement citoyen Lutte pour le changement (Lucha) s’opposaient au système de vote électronique qui sera utilisé lors des élections présidentielles du 23 décembre. Lors de ces manifestations, au moins 23 personnes ont été blessées, dont 6 grièvement et 89 ont été arrêtées. Deux manifestantes ont également été victimes d’agressions sexuelles. Une vingtaine de militants ont été libérés après quelques heures.

Les manifestants demande l’annulation de l’utilisation du vote électronique pour les prochaines élections et la correction des listes électorales.

Manifestants du mouvement LUCHA interpellés par la police

Manifestants du mouvement LUCHA interpellés par la police

Une manifestation d’étudiants protestant à Kinshasa contre une hausse du taux de change pour le paiement de leurs frais universitaires, décidé par les autorités académiques (pour payer les 300 dollars que coûte l’inscription, le taux de change avait été relevé à 1.122 francs congolais le dollar au lieu de 967 francs) a été brutalement réprimée. Plus d’une centaine de policiers ont quadrillé dans la matinée le site universitaire, lançant des gaz lacrymogènes en direction des salles de cours de l’Institut supérieur des techniques appliquées (ISTA). Deux véhicules ont été brûlés et les devantures de plusieurs commerces endommagées. 23 étudiants ont été blessés, dont cinq grièvement blessés par balle qui ont été transférés à l’hôpital militaire du camp Kokolo pour une prise en charge conséquente.

Les affrontements de mercredi à Kinshasa

EDIT (11/11): Deuxième jour d’incidents

De nouveaux affrontements entre policiers et étudiants ont été enregistrés jeudi dans la capitale de la RDC, pour la deuxième journée consécutive, et des blessés sont signalés. A 09h00 locales, des étudiants de l’Institut supérieur des statistiques (ISS) de Kinshasa ont érigé des barricades, brandi des banderoles et perturbé la circulation sur un boulevard reliant les quartiers populaires de l’est de Kinshasa au centre des affaires de la capitale congolaise. Ils dénoncent l’augmentation par les autorités de l’université des frais d’études, désormais fixés à 350 dollars contre 250 l’année dernière.

Environ 30 minutes après le début de la manifestation, des policiers qui avaient quadrillé le périmètre ont tiré des gaz lacrymogènes pour les disperser, et les étudiants ont riposté par des jets de pierres. Un agent de l’université a été blessé à la poitrine et un étudiant à la tête.

Les affrontements de mercredi à Kinshasa

Trois personnes ont été tuées dans des affrontements qui ont opposé forces de l’ordre et taximen motos ce lundi 25 juillet à Kisangani. Les taximen moto protestaient contre les rackets (sous peine de saisie de moto ou d’arrestations arbitraires) dont ils sont victimes de la part des policiers dans cette ville. Durant leur manifestation, ils se sont heurtés aux forces de l’ordre, qui les ont affrontés dans les différentes axes qu’ils avaient empruntés, dans différentes communes et quartiers de la ville, à coups de gaz lacrymogène et des coups de feu.

A Kamando, deux manifestants ont été tués par balles et deux autres ont été grièvement blessés: l’un a perdu son bras à cause de l’éclatement d’une grenade et une autre a reçu une balle au niveau de son sexe. A Mangobo, cinq policiers ont été blessés par des projectiles lancés par les manifestants. Trois manifestants ont été trois blessés dont deux grièvement. A Tshopo, quatre bureaux du quartier et un poste de police de circulation routière ont saccagés, deux taximen moto ont été blessés par balles dans les affrontements avec les policiers. Dans la commune même de Kisangani, on compte un mort et d’une jeune fille blessée parmi les manifestants. Deux policiers ont également été blessés. Le bureau de la commune de Kisangani et celui du quartier Konga-Konga ainsi qu’un sous-commissariat de la police ont été détruits par la foule en colère.

Les manifestants à Kisangani

Les manifestants à Kisangani

La police a interpellé hier mardi une dizaine de militants du mouvement citoyen Lutte pour le changement (Lucha) qui manifestaient pacifiquement à Goma, capitale provinciale du Nord-Kivu, pour réclamer la libération de Fred Bauma et Yves Makwambala, respectivement activistes des mouvements pro-démocratie Lucha et Filimbi, incarcérés à Kinshasa depuis un an.

Les manifestants avaient pourtant reçu l’autorisation de se rassembler. Ils marchaient silencieusement dans les rues de la ville. Tous avaient les mains liées et la bouche bandée, une allusion aux deux prisonniers politiques détenus qui ont d’ailleurs entamé dans la nuit du 14 au 15 mars une grève de la faim à la prison de Makala, leur lieu de détention. Les activistes interpellés sont détenus dans le cachot du service de renseignement de la police à Goma, dit P2.

Membres de la PNC (Police Nationale Congolaise)

Membres de la PNC (Police Nationale Congolaise)

Des échauffourées ont éclaté dans la nuit de jeudi à vendredi à Matadi, au Congo, entre les éléments de la Police nationale congolaise et les grévistes du secteur routier. Pour cause, les conducteurs et convoyeurs en grève ont bloqué un convoi du véhicule de l’entreprise Trans Gazelle, escorté par la police, en route pour Kinshasa, estimant que les chauffeurs poids lourds de cette entreprise n’ont pas respecté le mot d’ordre de la grève. Les policiers sont intervenus, ont tiré des coups de feu, et tabassé des chauffeurs. Les chauffeurs poids lourds exploitant l’axe Matadi-Kinshasa observent, depuis lundi 16 novembre, une nouvelle grève. Ils revendiquent l’application du protocole d’accord du 19 février 2013 qui prévoit notamment un salaire de 375 dollars américains, pour le chauffeur, et 200 dollars américains, pour le convoyeur.

Grève des chauffeurs sur l’axe Matadi-Kinshasa

Grève des chauffeurs sur l’axe Matadi-Kinshasa

Des affrontements opposent depuis le début de la semaine des opposants, notamment des jeunes, à la réforme de la loi électorale à Kinshasa et en province. Les bilans de ces violences sont contradictoires selon qu’ils proviennent du gouvernement ou des ONG puisqu’ils varient de 11 personnes tuées (dont un policier) à plus de 40. Les autorités revendiquent l’arrestation de 342 personnes

Selon la FIDH, qui a enquêté sur le bilan des deux premières journées de manifestation (lundi et mardi), il y aurait au moins 42 morts, essentiellement des civils tués par balle: « Les victimes sont essentiellement des étudiants et des personnes qui manifestaient pacifiquement dans les rues de Kinshasa, ce qui démontre une répression extrêmement violente de ces manifestations contre la nouvelle loi électorale », selon la FIDH.

Congo: Difficile bilan des affrontements

Les manifestations de lundi contre la nouvelle loi électorale ont fait de 14 à 28 morts au Congo. Les manifestations ont repris mardi à Kinshasa, où des soldats de la garde républicaine ont tiré en l’air pour disperser un groupe de pilleurs. A la mi-journée, des milliers de personnes quittaient le centre-ville pour regagner leur quartier, en l’absence de transports en commun. La situation reste très tendue alors que les forces de l’ordre procédaient à plusieurs arrestations peu avant midi. Dans le “Quartier 1”, les policiers ont été visés par des lanceurs de pierre embusqués.

D’après le secrétaire général de la FIDH fédération des droits de l’homme en RDC, les forces de l’ordre opèrent une “chasse à l’homme” à la recherche des opposants qui ont appelé à manifester lundi. La plupart d’entre eux n’ont pas dormi chez eux. Jean-Claude Muyambo, l’ex-bâtonnier de Lubumbashi a été cueilli à l’aube à son domicile et on est sans nouvelles de lui. Suite aux affrontements, les autorités ont ordonné la coupure des services de télécommunications : internet, SMS et la 3G. Les jeunes émeutiers ont pris d’assaut puis mis le feu à la mairie de la commune de Ngaba, un quartier sud de la capitale, et sont restés plus d’une demi-heure à regarder l’incendie ravager ce bâtiment symbole de l’Etat. Les forces de l’ordre étaient absentes, et les rues alentour désertes. Plusieurs détenus enfermés dans une annexe du bâtiment se sont échappés et les émeutiers se sont emparés d’armes à feu de la police stockées sur place, selon des témoins.

Congo: Encore des manifestations, encore des morts

Quatre personnes au moins, dont deux policiers, ont été tuées lundi à Kinshasa lors de violents affrontements entre forces de l’ordre et manifestants hostiles au président Joseph Kabila. Une dizaine de personnes blessées par balles ont aussi été admises dans des hôpitaux. Les affrontements ont eu lieu dans plusieurs quartiers de la capitale, où plusieurs pillages ont également été commis, alors qu’un collectif d’opposants avait appelé la population de la ville à occuper le Parlement pour protester contre le projet de loi électorale en cours d’examen.

Ce texte, qui lie la tenue des prochaines élections présidentielle et législatives censées avoir lieu en 2016, est susceptible d’entraîner un report de ces scrutins et de permettre à M. Kabila, à la tête du pays depuis 2001, de se maintenir au pouvoir au-delà de la fin de son mandat. Dans la matinée, les forces de l’ordre ont ouvert le feu pour disperser un rassemblement de quelques milliers d’étudiants près de l’université, dans le sud de Kinshasa. Jusqu’en milieu d’après-midi, des échauffourées ont opposé plusieurs groupes de jeunes (parfois jusqu’à 200) et la police à coups de pierres et de gaz lacrymogènes, dans divers quartiers populaires de la capitale, dont plusieurs axes ont été coupés par des barrages de pneus enflammés. Des coups de feu ont été entendus en plusieurs endroits de la capitale, où une dizaine de voitures au moins ont été brûlées.

Congo: Manifestants et policiers tués à Kinshasa

La police congolaise a tiré quelques coups de feu ce lundi matin pour disperser plusieurs milliers d’étudiants qui manifestaient contre le président Kabila dans plusieurs quartiers populaires de Kinshasa, où les accès aux Parlement étaient hermétiquement bouclés. Ces heurts ont notamment eu lieu dans les environs de la place Victoire, coeur de la « Cité », et près du campus de l’Université de Kinshasa (Unikin), dans le sud de la capitale. Au moins une personne a été blessée par balle.

Un responsable de la police avait averti qu’il ferait tirer ses hommes si les étudiants ne rentraient pas chez eux. Avant cela, les policiers et la foule des jeunes gens s’étaient affrontés à coup de gaz lacrymogènes et de jets de pierres.

Congo: La police tire sur une manifestation étudiante