Au Chili, le tribunal de Río Bueno a reconnu une discrimination arbitraire envers Millaray Huichalaf, une machi mapuche-williche, c’est-à-dire une autorité spirituelle traditionnelle du peuple autochtone mapuche-williche, après des articles publiés par le média Bío Bío Comunicaciones S.A. La justice a estimé que l’utilisation répétée du surnom « la machi des sacrifices », les références mettant en doute son rôle spirituel et un sous-titre la présentant comme « une femme perdue » contribuaient à une stigmatisation fondée sur ses origines autochtones, ses croyances et son genre.
Le tribunal a ordonné au média de retirer ces formulations, de publier une rectification, de former une grande partie de sa rédaction aux normes en matière de discrimination et de payer une amende ainsi que les frais de justice. Millaray Huichalaf, qui défend depuis plus de quinze ans le fleuve Pilmaiquén face à des projets hydroélectriques, voit dans cette décision une reconnaissance du rôle que peuvent jouer certains discours médiatiques dans la marginalisation des peuples autochtones et des défenseurs de l’environnement.