Le Département de Justice basque a accordé le troisième degré à Henri Parot, ancien dirigeant d’ETA et chef présumé du « commando Argala », détenu depuis 1990 et condamné à une peine cumulée de quarante ans. Il pourra désormais sortir de prison durant la journée et purger sa peine en semi-liberté, après avoir déjà bénéficié de sorties pour effectuer du bénévolat. Parot avait récemment renié son engagement militant, notamment en rejetant toute forme de « violences » et reconnu « les souffrances causées ».
Son cas est également à l’origine de la « doctrine Parot », une jurisprudence adoptée par la Cour suprême espagnole en 2006 qui a durci le calcul des réductions de peine pour les détenus condamnés à de longues peines. Au lieu de déduire ces réductions de la durée maximale de détention, fixée à 30 ans, elles étaient appliquées à chacune des peines prononcées, ce qui pouvait empêcher les réductions de raccourcir effectivement la durée d’incarcération. En 2013, la Cour européenne des droits de l’homme a jugé cette application rétroactive contraire à la Convention et a conduit à l’abandon de cette jurisprudence.