L’ex-Directeur Général de la Justice belge, Claude Debrulle est aujourd’hui pensionné. Délivré de son ‘devoir de réserve’, il a livré le 23 décembre au micro de la RTBF ses critiques sur la pertinence des lois anti-terroristes votées en Europe et en Belgique en particulier depuis les attentats du 11 septembre aux Etats-Unis.

Claude Debrulle fut, de 1993 à 2007, Directeur Général de la Législation et des Libertés et Droits Fondamentaux au Ministère de la Justice, et, à ce titre, vécut la genèse des lois anti-terroristes, de l’adoption de la directive cadre européenne après les attentats du 11 septembre 2001, à celle des lois belges transposant cette directive en droit belge. A l’époque, il exprima des critiques à l’égard des dangers qu’il estimait dériver de cet arsenal législatif, et fit des contre-propositions. Le Ministre de la Justice de l’époque, Marc Verwhilgen, le prit fort mal et tenta de le priver de ses attributions, mais le conseil d’Etat rétablit Claude Debrulle dans ses fonctions. Lors de sa mise à la pension, en 2007, Debrulle exprima toujours, en interne, les mêmes réserves, dans un discours tenu devant toute la hiérarchie du Ministère et le cabinet de la ministre Laurette Onkelinx.

Les lois anti-terroristes belges vont être prochainement évaluées lors d’auditions en commission de la Justice du Parlement (sous réserve de continuité du Parlement actuel). Il ne faut pas attendre des Debrulle et Cie une critique fondamentale du système: cela reste un (ex-)grand fonctionnaire bourgeois qui s’attache à faire en sorte que le système se perpétue. Mais cette prise de position (et son écho médiatique) est révélatrice des contradictions existant dans l’appareil bourgeois sur l’estimation du “juste” niveau de brutalité et de pro-activité de la répression.

Ecouter l’interview de Claude Debrulle à la RTBF