Jeudi 12 février à Lyon, le collectif d’extrême droite Némésis organisait une action contre une conférence de la députée européenne insoumise Rima Hassan. Dans le cadre de cette opération, une vingtaine de fascistes armés ont tendu un guet-apens à des militant·es antifascistes. À l’issue des affrontements, le militant fasciste Quentin Deranque est décédé des suites de ses blessures. Cette nouvelle a provoqué une onde de choc, non pas tant pour pleurer la mort accidentelle d’un ennemi, mais pour ce qu’elle révélait de la séquence politique actuelle : la fascisation est là et nous ne sommes pas prêt·es.
Immédiatement après cet événement, toutes les franges de la bourgeoisie, ses partis et son appareil d’État se sont mobilisés pour poursuivre et renforcer la radicalisation autoritaire en cours. Après une minute de silence pour un fasciste à l’Assemblée nationale, validée par tous les groupes parlementaires de gauche, le ministre de l’Enseignement supérieur a annoncé sa volonté d’interdire les meetings politiques dans les universités. De son côté, le ministre de l’Intérieur a défendu le maintien du défilé fasciste organisé à Lyon le 21 février, qui a finalement réuni des milliers de personnes, dont des figures historiques des mouvements néonazis, négationnistes et antisémites.
Cela n’est qu’un énième rappel : face aux forces fascistes et au système capitaliste qui les nourrit, l’État fait partie du problème, jamais de la solution.
Parallèlement, la criminalisation de l’antifascisme s’est poursuivie, y compris par de larges secteurs dits de gauche, qui, emprunts d’une posture morale, ont renvoyé dos à dos antifas et néonazis, et délégitimant ainsi la nécessité de l’autodéfense populaire face aux fascistes. Ceux et celles-là mêmes qui rendent hommage chaque année aux résistant·es FTP-MOI ou à la résistance kurde contre Daesh. Dans plusieurs villes, des locaux syndicaux et politiques ont été attaqués avec la complaisance des autorités et le soutien d’une campagne médiatique ordurière et révisionniste, faisant de l’antifascisme l’ennemi à abattre. Rappelons s’il le faut ici que l’antifascisme trouve ses racines dans le combat contre la violence fasciste et son projet mortifère.
Rapidement, six hommes âgés de 20 à 26 ans ont été mis en examen pour « homicide volontaire, violences aggravées et association de malfaiteurs ». Une septième personne est poursuivie pour « complicité d’homicide volontaire » ainsi que pour les mêmes qualifications connexes. Six des suspects ont été placés en détention provisoire et le septième placé sous contrôle judiciaire. Quatre autres personnes interpellées ont été entendues puis libérées.
Iels ont toustes été jeté·es en pâture au système pénal et à un procès médiatique. Mais quand la tempête fait rage, quand les coups pleuvent, la solidarité de notre camp doit être implacable, indépendamment des désaccords tactiques ou stratégiques.
Aujourd’hui, nous devons être épaule contre épaule dans cette épreuve et apporter notre solidarité inconditionnelle aux personnes interpellées. Aucune dissociation, aucun appel à voter aux municipales, aucune adaptation aux discours réactionnaires ne sera jamais une solution face à la fascisation. Au contraire, la gauche révolutionnaire doit prendre ses responsabilités et avancer ensemble. Faire front, faire bloc.
Hier, aujourd’hui, comme demain.
Ici, comme ailleurs.
Free all antifas!
Secours Rouge Toulouse
23 février 2026





