Le président algérien Abdelmadjid Tebboune a lancé un appel inédit aux « harraga », ces jeunes migrants clandestins algériens en situation irrégulière à l’étranger, notamment en France, à rentrer volontairement au pays. Présentée comme une mesure « humaine et responsable », cette initiative intervient dans un contexte de tensions diplomatiques persistantes entre Alger et Paris, liées à la coopération migratoire et à la délivrance des laissez‑passer consulaires nécessaires pour les expulsions, dossier souvent utilisé comme levier de négociation. En 2024, seules 2 999 des 22 426 obligations de quitter le territoire (OQTF) prononcées par la France à l’encontre de ressortissants algériens ont été exécutées, soulignant l’impasse sur la reconduite des migrants. Cette politique d’amnistie et de retour volontaire permet à Alger de reprendre le contrôle sur ces flux, tout en encadrant les retours pour les jeunes en situation précaire et en excluant les auteurs de crimes graves ou de collaborations avec des services étrangers. La mesure s’inscrit donc dans le cadre plus large des négociations bilatérales sur l’immigration et la coopération consulaire, où l’Algérie cherche à protéger ses ressortissants tout en conservant un levier stratégique face à la France, mais sa réussite dépendra de l’acceptation des migrants et de la mise en œuvre effective par les deux administrations.
