Selon une enquête de l’hebdomadaire Marianne publiée le 5 mars, le ministère français des Affaires étrangères aurait entravé une enquête judiciaire ouverte à Paris sur les violences commises lors de la crise postélectorale de 2016 au Gabon, notamment l’assaut contre le quartier général de l’opposant Jean Ping. Saisie par les magistrats, l’Office central de lutte contre les crimes contre l’humanité avait demandé en 2020 la transmission de 315 documents liés aux échanges entre Paris et l’ambassade de France à Libreville, mais le Quai d’Orsay n’en aurait finalement transmis que 35. D’après l’enquête, cette décision aurait été prise par le directeur Afrique du ministère, Christophe Bigot, et par Nicolas Roche, directeur de cabinet du ministre Jean-Yves Le Drian. Des documents internes évoqueraient le risque de donner l’impression de « couvrir » les violences, tandis que certaines plaintes mentionnent la présence de ressortissants français, dont des membres de la sécurité présidentielle gabonaise, lors de l’attaque du QG de Jean Ping.
