À la suite des opérations militaires meurtrières menées en avril et mai 2026 dans la province de Negros Occidental, des prisonniers politiques et anciens négociateurs du Front national démocratique des Philippines accusent l’armée philippine d’avoir tué des civils lors d’affrontements avec la guérilla de la Nouvelle Armée Populaire (NPA). Des enquêtes indépendantes, des témoignages et des éléments médico-légaux remettent en cause la version officielle, évoquant notamment des exécutions sommaires et la présence parmi les victimes d’étudiant·es, de journalistes et d’organisateur·ices communautaires. Les signataires dénoncent l’impasse d’une réponse uniquement militaire à la situation et demandent une enquête indépendante, le respect du droit international humanitaire, mais aussi la libération de prisonniers politiques.
Les meurtres de cinq membres présumés de la Nouvelle Armée populaire (NPA) lors d’une série d’affrontements armés avec les troupes gouvernementales à Cauayan, dans la province du Negros Occidental, le 16 mai, après le massacre de Toboso le 19 avril, démontrent une fois de plus l’échec des affirmations du gouvernement selon lesquelles l’insurrection aurait été efficacement écrasée.
Depuis des semaines, le gouvernement, par l’intermédiaire des Forces armées philippines (AFP), affirme que toutes les personnes tuées à Toboso, dans la province de Negros Occidental, le 19 avril, étaient des combattants. Cette affirmation est fortement remise en question par les conclusions d’une récente mission d’enquête menée par des organisations de défense des droits humains et des mouvements populaires, ainsi que par la déclaration antérieure du Parti communiste des Philippines (CPP) selon laquelle 9 des 19 personnes tuées étaient des civils, tandis que les 10 autres étaient des membres de la Nouvelle Armée populaire (NPA).
Ces témoignages coïncident avec l’identification des victimes civiles, parmi lesquelles des étudiants, un journaliste, des militants associatifs et des jeunes ruraux. Les premières conclusions de l’autopsie, réalisée par un médecin légiste, ont également soulevé de sérieuses questions quant à la version des faits présentée par l’armée, notamment concernant les blessures par balle reçues dans le dos. […]
Vicente Ladlad, Adelberto Silva, Wigberto Villarico