Des manifestations ont été organisées aux Philippines et à l’étranger à l’occasion du sixième anniversaire de l’Anti-Terrorism Act (ATA), adoptée le 3 juillet 2020. Des organisations militantes accusent le gouvernement de Ferdinand Marcos Jr. d’utiliser cette loi ainsi que la Terrorism Financing Prevention and Suppression Act (TFPSA) pour réprimer des opposants, des activistes et des organisations de la société civile. Elles réclament l’abrogation de ces deux textes, qualifiés de « lois jumelles de la terreur ». Selon des organisations de défense des droits humains, au moins 256 militants, responsables communautaires et citoyens ont été visés par ces législations, dont 222 poursuivis en justice. 138 procédures auraient déjà été abandonnées faute de preuves suffisantes. Vingt-cinq personnes resteraient détenues, parmi lesquelles la journaliste Frenchie Mae Cumpio et plusieurs travailleurs associatifs. Depuis l’entrée en vigueur de l’ATA, 37 personnes auraient également été désignées comme « terroristes » par le Conseil antiterroriste philippin, une mesure dénoncée comme une criminalisation de l’opposition politique.