Aller au contenu principal

Turquie : Des communistes emprisonnés dénoncent la répression et appellent à la résistance

Des militants communistes détenus à la prison de Marmara, à Istanbul, ont été arrêtés lors de perquisitions menées le 15 juin dans le cadre d’une offensive des autorités turques contre les forces révolutionnaires et progressistes, à l’approche du sommet de l’OTAN. Dans une lettre publiée depuis leur détention par Bir-Kar (Plateforme pour l’unité des travailleurs et la fraternité entre les peuples), ils accusent le gouvernement de l’AKP de chercher à faire taire les oppositions et de réprimer les mobilisations contre l’impérialisme et l’exploitation.

Le gouvernement d’AKP se prépare au sommet des chefs d’État de l’OTAN, organisation du capital au service de l’agression, de la guerre et des guerres civiles. Alors que les interdictions arbitraires se multiplient, l’un des principaux volets de cette préparation consiste en une nouvelle offensive contre les forces révolutionnaires et progressistes. C’est dans ce cadre que nous avons été arrêté·e·s lors des perquisitions menées à notre domicile le 15 juin, avant d’être placé·e·s en détention. Le gouvernement d’AKP, au service des impérialistes, a poursuivi cette offensive avec une nouvelle vague d’arrestations à Ankara. À chacun de ses pas, le pouvoir du capital réaffirme sa fidelité à ses maîtres impérialistes et proclame qu’il est prêt à exécuter toutes leurs missions. Il s’imagine qu’en s’en prenant aux forces révolutionnaires et progressistes, il pourra les réduire au silence et empêcher toute riposte populaire face à l’exploitation capitaliste ainsi qu’aux guerres et aux agressions impérialistes.

Mais, une fois encore, il se trompe.

Cette terre est une terre de révolution. Elle est celle des grandes résistances et des combats menés contre les guerres et l’agression du capitalisme impérialiste. Ni les massacres perpétrés par le régime, ni les offensives destinées à briser la résistance dans les prisons, aucune autre attaque n’ont jamais réussi à mettre fin à la lutte contre l’impérialisme et l’exploitation sur cette terre. Elles n’y parviendront jamais.

De Mustafa Suphi à Deniz Gezmiş, Mahir Çayan, İbrahim Kaypakkaya, d’Ulucanlar à la Grande Résistance des prisons du 19 décembre, jusqu’à aujourd’hui, le drapeau de la conscience, de la volonté et du combat révolutionnaire n’est jamais tombé. Héritiers d’une tradition forgée dans les périodes les plus difficiles, nous ne laisserons jamais ce drapeau tomber. Nous le porterons de main en main, sur tous les terrains de lutte et dans toutes les positions, jusqu’à ce qu’il flotte sur les bastions de ce pays et du monde.

Le gouvernement, qui ne connaît aucune limite dans sa soumission à l’impérialisme, croit qu’en emprisonnant nos camarades de lutte et nous-mêmes, il pourra faire taire le combat contre l’OTAN et contre l’impérialisme dans ce pays. Mais, une fois encore, il s’est trompé, et il continuera de se tromper.

L’histoire a démontré plusieurs fois que les prisons sont elles aussi un terrain de la lutte de classes. Nous, prisonniers révolutionnaires, poursuivrons le combat derrière les barreaux ; nos camarades, à l’extérieur, continueront à se tenir face aux impérialistes et à leurs serviteurs dans les usines, les quartiers populaires, les places, partout où bat la vie. Notre confiance dans cette lutte est entière et inébranlable.

Camarades, compagnons et compagnes de lutte, vous qui faites face à la guerre impérialiste et à sa machine de guerre, une tâche nous attend : montrer une nouvelle fois aux impérialistes et à leurs collaborateurs locaux qu’ils ne pourront jamais agir à leur guise sur cette terre.

Le moment est venu de nous armer de l’audace de Suphi, de la volonté des Deniz et de la détermination d’Habip.

Le moment est venu de faire grandir les craintes de celles et ceux qui veulent se réunir à Ankara les 7 et 8 juillet pour ajouter de nouvelles offensives aux programmes dirigés contre les travailleur·euse·s et les peuples, et pour préparer de nouvelles guerres et politiques d’agression.

À bas les impérialistes et leurs collaborateurs !

Vive l’unité des travailleur·euse·s et la fraternité des peuples !

Lettres des communistes emprisonnés en Turquie