La police indienne a dispersé, lundi à New Delhi, une manifestation organisée par le « Parti du peuple des cafards » (Cockroach Janata Party, CJP), un mouvement né sur les réseaux sociaux et devenu le symbole de la colère d’une partie de la jeunesse. Les manifestants réclamaient notamment la démission du ministre de l’Éducation, Dharmendra Pradhan, après les scandales de fraude aux examens nationaux. Malgré l’interdiction de manifester, des milliers de personnes ont défilé de manière déterminée en s’affrontant aux policiers. Les forces de l’ordre sont intervenues avec des gaz lacrymogènes et des matraques, tandis que plusieurs personnes ont été arrêtées.
En un mois, le mouvement a essaimé dans plusieurs villes du pays, notamment à Calcutta, où des étudiants et organisations de gauche ont organisé une importante manifestation de soutien dans le quartier de Jadavpur, ainsi que dans d’autres grandes villes. Les participants dénoncent les fraudes aux concours, le chômage, le manque de perspectives et la répression des mobilisations. Les organisateurs assurent vouloir poursuivre le mouvement malgré les interventions policières. Dans les cortèges, plusieurs portraits de dirigeants historiques du mouvement naxalite, tels que Kanai Chatterjee et Charu Majumdar, sont également visibles. Leur présence souligne que certains secteurs de la mobilisation établissent un lien avec les régions marquées par la guerre populaire menée par le Parti communiste d’Inde (maoïste), confronté depuis plusieurs années à d’importantes campagnes de contre-insurrection menées par les autorités.
