Kozo Okamoto, membre de l’Armée rouge japonaise, est décédé le jeudi 23 juillet 2026 à Beyrouth, au Liban. Le 30 mai 1972, il participe avec Yasuyuki Yasuda et Tsuyoshi Okudaira à l’opération armée de l’aéroport de Lod, aujourd’hui aéroport Ben Gourion, organisée par le Front Populaire de Libération de la Palestine sous la direction de Wadie Haddad. Ses deux camarades sont tués lors de l’opération.
Blessé et capturé par les forces israéliennes à l’âge de 24 ans, Okamoto est soumis à de violents interrogatoires et à des tortures avant d’être condamné par un tribunal israélien à trois peines de prison à perpétuité. Il passe 13 années en détention, dont près de dix ans dans une cellule d’isolement souterraine de la prison de Ramla, avant d’être libéré en 1985 dans le cadre de l’accord Jibril. Cet échange de prisonniers conclu entre le FPLP-CG (Front populaire de libération de la Palestine – Commandement général) et Israël permet la libération de 1 155 prisonniers palestiniens et arabes en échange de trois soldats israéliens capturés au Liban.
Après sa libération, Okamoto reste profondément marqué par les années de captivité, les tortures et l’isolement. Vivant d’abord dans la clandestinité, il s’installe finalement au Liban, où il est arrêté en 1997 avec plusieurs de ses camarades japonais pour séjour irrégulier. Après trois années de détention au Liban, ses compagnons sont expulsés vers le Japon en 2000, tandis qu’une mobilisation d’avocats, d’intellectuels et d’organisations politiques s’oppose à l’extradition d’Okamoto. Les autorités libanaises lui accordent finalement l’asile politique, considérant qu’un retour au Japon ou une nouvelle extradition l’exposerait à des poursuites et à des représailles politiques.
Installé modestement à Dahieh, la banlieue sud de Beyrouth, Okamoto vit entouré d’un cercle restreint de proches et de membres du FPLP qui l’accompagnent au quotidien. Affaibli physiquement et psychologiquement par des décennies de détention, de torture et d’exil, il reste éloigné de la vie publique. Cependant, en 2022, lors de la commémoration du 50ᵉ anniversaire de l’opération de Lod au camp de réfugiés de Chatila, il apparaît vêtu d’un keffieh palestinien, levant le signe de la victoire.
Ses funérailles se sont déroulées le 24 juillet. Le cortège est parti du camp palestinien de Burj al-Barajneh, a traversé la banlieue sud de Beyrouth avant de rejoindre le cimetière de la Révolution palestinienne à Chatila, où il a été inhumé. De nombreux proches, soutiens et militants étaient présents, parmi lesquels le communiste libanais Georges Abdallah, Muhammad Hashisho du Parti démocratique du peuple, ainsi que des militants et cadres du FPLP et de différentes organisations de gauche.
