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Turquie : Déclaration de militantes féministes emprisonnées

Sept jeunes militantes de l’Özgür Genç Kadın (Jeune Femmes Libre), Cemre, İrem, Şebnem, Şevin, Hale, Zehra et Zelina, sont détenues à la prison pour femmes de Sincan, à Ankara, après avoir été arrêtées le 23 juin en raison de leur engagement contre l’OTAN et de leur mobilisation féministe et anti-impérialiste. Dans une lettre depuis leur détention, elles dénoncent une répression visant à entraver leurs engagements. Face à ça, elles déclarent vouloir poursuivre leur engagement malgré les arrestations et affirment que ces mesures renforcent leur solidarité avec les luttes féministes.

Bonjour les ami·e·s, les camarades,

Nous vous saluons tou·te·s depuis la prison pour femmes de Sincan avec des bras pleins d’amour. Comme vous le savez, dans la nuit du 23 juin, nous avions été placées en garde à vue, subissant des tortures, avant d’être incarcérées, depuis les résidences universitaires KYK où nous logions ainsi que depuis nos maisons familiales et étudiantes.

En tant que jeunes femmes, nous savons très bien pourquoi nous sommes ici. Nous connaissons l’OTAN à travers ses politiques démographiques qui réduisent le corps des femmes à l’objectif de donner naissance à des soldats pour la guerre, et par le fait qu’elle est elle-même l’auteur de violences sexuelles contre les femmes dans chaque pays qu’elle pénètre pour y apporter la destruction.

Sur ces terres, nous la connaissons [cette politique] à travers sa tentative de militariser toutes les couches de la société par le biais de discours haineux dirigés contre les corps et les vies des femmes et des LGBTI+, orchestrés via des politiques démographiques menées sous le projet de « la Décennie de la Famille ».

Aujourd’hui, l’État turc, qui souhaite « accueillir » à Ankara cette organisation de guerre aux mains sanglantes afin qu’elle puisse planifier de nouvelles politiques de guerre dans notre région et décider du sort de l’ensemble des peuples du Moyen-Orient et du monde, en particulier des femmes, vise à étouffer notre voix en arrêtant les jeunes femmes qui veulent amplifier la lutte anti-OTAN. Nous le répétons d’ici : dans tous les espaces où nous nous trouvons, nous continuerons toujours à proclamer que « le corps des femmes n’est pas un champ de bataille » et à amplifier notre lutte anti-impérialiste et anti-OTAN.

Loin d’intimider les jeunes femmes que nous sommes, les arrestations et les gardes à vue nous poussent à nous serrer encore plus les coudes. Celles et ceux qui tentent de réprimer notre résistance en Iran, en Irak, en Palestine, au Rojava ne pourront pas empêcher notre lutte pour la liberté des femmes. Fortes de notre solidarité féminine, nous continuons de résister, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur.

Restez avec la résistance et l’espoir !

ÖGK (Jeune Femme Libre)