Dans une déclaration publiée le 1er septembre, les prisonniers politiques basques Garikoitz Etxeberria, JM Etxeberria « Goierri », Jon Kepa Preciado, Patxi Ruiz et Mikel San Sebastian saluent la relaxe de 16 personnes poursuivies pour « apologie du terrorisme ». Elles étaient accusées d’avoir organisé, en 2022 à Berango, l’accueil d’un ancien prisonnier de l’ETA. Après plusieurs années de procédure devant l’Audience nationale espagnole, toutes ont été relaxées. Les juges ont estimé qu’aucune preuve ne permettait d’établir leur responsabilité individuelle dans l’organisation ou le déroulement des faits.
Les prisonniers dénoncent une procédure politique et saluent l’attitude des accusés, qui ont assumé leur engagement. Ils mettent surtout en avant la mobilisation menée pendant plusieurs années en soutien aux poursuivis, notamment les rassemblements et la manifestation nationale du 30 mai. Pour eux, cette mobilisation constitue une victoire face à la répression et rappelle que le soutien aux prisonniers basques et leur accueil à leur sortie de prison ne doivent pas être criminalisés.
En ce qui concerne l’accueil (ongietorri) de Berango, nous avons pris connaissance de la décision du procès qui s’est déroulé en juin : les 16 personnes ont été acquittées. Ce procès, qui fait suite à plusieurs années d’enquête, a connu une fin heureuse et nous tenons à rappeler les nombreux faits difficiles observés au cours de ce processus répressif.
Pour commencer, le procès a eu lieu devant l’Audience nationale espagnole grâce à la collaboration d’organisations et de partis fascistes, de juges, de procureurs et de la Garde civile. Comme il est d’usage dans cette instance, la répression et la violation des droits des militants politiques y ont prévalu. Entre autres, nos amis ont dû faire face à un risque de peine de prison, les autorités allant jusqu’à couper la parole à certains accusés lors de leur dernière déclaration tout en accordant un rôle central aux accusations de la police sans aucune preuve objective.
Dans cette atmosphère de tension, l’attitude digne et cohérente des accusés s’est distinguée, revendiquant leur militantisme politique et défendant leur activité politique sans ambiguïté ni honte.
D’autre part, personne ne devrait douter que nous sommes face à une affaire politique. Les accueils de prisonniers politiques basques sont des actes politiques, et les arguments des deux parties entendus devant l’Audience nationale espagnole en sont l’illustration. Il s’agit de droits politiques et civils, les uns cherchant à les bafouer, tandis que d’autres s’attachent à les défendre. C’est de cette perspective que nous revendiquons la célébration de ces accueils et que nous tenons à transmettre notre reconnaissance et notre gratitude aux personnes qui ont été jugées pour cela.
Nous tenons à souligner la large mobilisation enregistrée autour de cette affaire au cours de ces dernières années, et plus particulièrement ces derniers mois. Conférences, rassemblements, gestes de solidarité au Pays basque et à l’étranger, soutien de groupes et de personnes de divers horizons… Et la manifestation nationale réussie qui s’est tenue le 30 mai a été l’exemple le plus clair de l’importance de cette affaire.
Comme nous le disions dans le texte publié à l’occasion de cette manifestation, le plus important est la nature de notre attitude face à la répression, et nous avons vu ici que la reconnaissance et la défense du militantisme politique, en plus d’être des éléments essentiels de la lutte, donnent également un sens à la lutte elle-même.
Compte tenu de l’ampleur de la mobilisation autour de cette affaire, on peut dire qu’il s’agit de l’une des plus significatives de ces dernières années, tant sur le plan quantitatif que qualitatif. Il est réjouissant de constater que le fait de placer au centre les principes révolutionnaires de la lutte politique ait produit un tel résultat. Cela nous montre qu’il vaut la peine de maintenir nos idées et nos attitudes lorsque nos droits et nos objectifs politiques sont en jeu. Souvent, dans ce pays, la légitimité de nos actions face aux oppresseurs a été au premier plan, et ce cas ne fait pas exception.
Les secteurs qui se sont mobilisés autour de cette affaire, les revendications, les déclarations, les solidarités politiques, ainsi que l’attitude cohérente et digne des accusés ne doivent pas rester dans l’ombre de cet acquittement. Finalement, la fin que nous souhaitions tous a été atteinte, mais on ne peut oublier ce que 16 personnes ont vécu sous la menace de la prison pendant toutes ces années, ni leur engagement global envers la lutte. Il s’agit de la lutte collective la plus solide menée au Pays basque ces dernières années, élaborée par et pour le peuple, et nous devons garder en mémoire tout ce qui a été fait à chaque étape de ce processus.
Pour certains, cette expérience a été inédite. Surtout pour les jeunes générations de militants, qui font face à une assimilation sauvage. Pour les autres, en revanche, cela a bien été la confirmation que nous poursuivons sur la bonne voie. Même si nous nous réjouissons de la fin de cette affaire, nous tenons à saluer le travail accompli en chemin hors de la prison.
Celui qui choisit la cohérence révolutionnaire plutôt que l’assimilation l’emportera toujours ; celui qui choisit la révolte de la dignité plutôt que de céder à la répression des oppresseurs ne mourra jamais. Une fois de plus, il a été démontré dans ce pays que la lutte est le seul chemin.
Nous tenons à souligner la responsabilité politique dont les accusés ont fait preuve dans cette affaire, ainsi que le soutien et l’engagement qu’ils ont reçus de la part du peuple. Pour finir, un chaleureux câlin à chacun des accusés : l’attitude dont vous avez fait preuve tout au long du processus a été un modèle pour nous, et c’est précisément cela qui a été le moteur de cette grande mobilisation. AUPA ZUEK !!!
IL EST TOUJOURS TROP TÔT POUR BAISSER LES BRAS ! LA LUTTE EST LE SEUL CHEMIN ! POUR LA DÉFENSE DES DROITS CIVILS ET POLITIQUES, L’AMNISTIE !
LIBERTÉ POUR LES GENS DE BERANGO ! AMNISTIE TOTALE ! Garikoitz Etxeberria, J.M. Etxeberria Goierri, Jon Kepa Preciado, Patxi Ruiz, Mikel San Sebastian
Les prisonniers politiques basques