Suite à l’arrestation de Pola Roupa (et de Constantina Athanasopoulos), elle et Nikos Maziotis ont été entendus au procès d’appel de Lutte Révolutionnaire. Il s’agit du procès d’appel de la “première période” de Lutte Révolutionnaire, qui s’étendait de 2003 à 2012. Nikos et Pola étaient assis côte à côte dans le tribunal et ont lu un manifeste dans lequels ils déclarent que “les arrestations ne gêneraient pas l’organisation dans sa guerre contre le capitalisme et l’establishment“. Pola a fait une déclaration supplémentaire concernant l’emprisonnement de son fils (dont Nikos est le père) dans laquelle elle s’adressait aux agents de la police antiterroriste: “peu importe le nombre d’années. Je sortirai d’ici et je vous arracherai le coeur pour avoir emprisonné mon fils dans un hopital psychiatrique alors qu’il était en parfaite bonne santé“. Nikos de son côté à déclaré que “ces arrestations ne veulent rien dire. Nous poursuivrons par d’autres moyens et nous finirons par sortir“.

Pour rappel et résumé: (voir également notre page spéciale) l’organisation a été active dès 2003. Alors qu’elle comptait une vingtaine d’actions révolutionnaires (contre des banques, tribunaux, ministères, etc…) le combattant Lambros Foundas est abattu le 10 mars 2010 lors d’une fusillade entre la police et l’organisation à Dafni. Un mois plus tard, des perquisitions font suite à la mort de Lambros et font 6 arrestations. Parmi eux, trois militants revendiquent leur appartenance à l’organisation Lutte Révolutionnaire: Nikos Maziotis, Pola Roupa et Costas Gournas. Après 18 mois de détention, le chaos bureaucratique qui règne en Grèce (où les grèves d’avocats font suites à celles de fonctionnaires,…) a raison de leur enfermement, et malgré le niveau des actions de l’organisation, les trois sont relâchés dans l’attente de leur procès car la durée de détention dépasse la limite légale. C’était en 2012, c’est à cette époque que l’interview “Il n’y a d’autre fin que la révolution” était enregistrée par une délégation du Secours Rouge International. Durant les semaines qui les séparent de leurs procès, Nikos et Pola organisent conférences et meetings et créent l’agitation autour de l’affaire. Et finalement, le 15 juin 2012, ils disparaissent dans la nature avant la clôture du procès qui déboucherait immanquablement sur des condamnations à des très longues peines. Ils ont été condamnés en leur absence à 50 années de prison. C’est de ce procès dont un énième appel commençait ce mardi 17 janvier à l’occasion de l’arrestation de Pola. Suite à leur passage à la clandestinité, Lutte Révolutionnaire reprend ses activités et attaque le 10 avril 2014 la Banque de Grèce à l’aide d’une voiture piégée remplie d’explosifs. L’attaque fait d’énormes dégâts et aucun blessé. Le 16 juillet 2014, Nikos est arrêté au hasard d’un contrôle d’identité qui évolue en fusillade en plein quartier touristique. Il est gravement blessé et laissé à l’agonie de longues minutes sur le trottoir. Il est immédiatement emprisonné et reprend aussitôt son activité politique en initiant un immense mouvement de prisonniers contre la réforme des prisons en Grèce qui vise le mouvement révolutionnaire. Le mouvement débouche sur une grève de la faim en mars 2015, et cette grève aboutit à une victoire: les prisons spéciales pour prisonniers politiques (type c) sont abolies et les autres revendications sont toutes au moins partiellement approuvées. En février 2016, Pola Roupa, toujours clandestine, détourne un hélicoptère afin de tenter de faire évader Nikos et les autres prisonniers politiques emprisonnés à Korydallos. La tentative échoue car le pilote de l’hélico (ancien policier) était armé, ce qui n’a pas empêché une fusillade en plein vol. Enfin, le 5 janvier, Pola est arrêtée avec une autre combattante de l’organisation.

Au minimum deux procès sont donc à prévoir: le procès d’appel de la première période qui a commencé ce mardi, ainsi que le procès du détournement de l’hélico. D’autres procès suivront probablement, comme celui de l’attaque de la Banque de Grèce et tous les procès d’appel.