À Turin, les suicides de deux jeunes militants engagés dans les mobilisations de soutien à la Palestine ont suscité une vive émotion et relancé les critiques contre la politique de criminalisation du mouvement de solidarité avec le peuple palestinien. Le premier, appelé « F. », poursuivi pour sa participation à des manifestations organisées à l’automne 2025, faisait l’objet depuis février 2026 d’une interdiction de résidence à Turin, la ville où il vivait, étudiait et entretenait l’essentiel de ses liens sociaux. Quelques jours après avoir appris le maintien de cette mesure, il s’est suicidé. Dans un message laissé avant sa mort, il évoquait notamment le sentiment d’injustice provoqué par la décision judiciaire.
Début juin, un second militant, « C. » (surnommé « Chimi » par ses proches), également poursuivi dans le cadre des mobilisations pro-palestiniennes à Turin, a lui aussi mis fin à ses jours. Plusieurs de ses camarades, visés dans la même procédure et soumis à une obligation de résidence assortie de restrictions de déplacement, avaient demandé l’autorisation exceptionnelle d’assister à ses funérailles à Settimo Torinese, commune voisine de Turin. Leur requête a été rejetée au motif qu’ils n’avaient pas de lien familial direct avec le défunt. Les deux affaires ont ravivé le débat sur le recours aux mesures de contrôle judiciaire contre les manifestants pro-palestiniens, dans une ville où les poursuites et restrictions imposées aux militants sont dénoncées comme particulièrement nombreuses par rapport à d’autres juridictions italiennes.