Le journaliste Ahmet Polad, membre de l’Union de la presse libre du Rojava (YRA) et collaborateur notamment de l’agence de presse ETHA, d’Özgür TV et de Perspektive Online, est détenu depuis 200 jours après avoir été enlevé le 18 janvier 2026 à Raqqa avec la journaliste allemande Eva Maria Michelmann. Les deux journalistes, qui couvraient depuis plusieurs années la situation au Rojava, avaient trouvé refuge dans un centre de jeunesse lors d’attaques menées par des milices djihadistes. Ils ont alors été arrêtés par des forces liées au gouvernement syrien, transférés dans un lieu inconnu et privés de toute information jusqu’en avril. Un ancien détenu ayant affirmé avoir vu Ahmet dans la prison d’Alep a révélé leur détention. Eva Maria Michelmann a finalement été libérée le 19 juin et a pu regagner l’Allemagne.
Depuis, Ahmet Polad reste détenu sans accès à sa famille, à son avocat ou aux organisations internationales comme la Croix Rouge. Son avocat à Damas a été empêché de le rencontrer et a été menacé après que les autorités ont refusé de reconnaître officiellement sa détention. Des témoins rapportent qu’Ahmet a subi des blessures lors de sa détention, faisant craindre pour sa vie. Sa campagne de soutien accuse les autorités de Damas de maintenir des disparitions forcées et des détentions arbitraires visant notamment des journalistes. Elle appelle à la mobilisation pour exiger sa libération ainsi que celle des 628 personnes actuellement portées disparues ou détenues par le régime de Damas à la suite des affrontements du début d’année au Rojava. À l’occasion de son 200ᵉ jour de détention, plusieurs initiatives de solidarité ont été organisées dans différents pays européens, notamment en Belgique, devant l’Association des journalistes professionnels à Bruxelles, et en France, dans les rues de Toulouse, par des sections membres du Secours Rouge International.
