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Turquie : Des jeunes militantes socialistes emprisonnées appellent à la résistance

Des militantes de la Fédération des associations de la jeunesse socialiste (SGDF), détenues dans la prison pour femmes de Sincan, ont été arrêtées lors d’une vaste opération policière menée dans la nuit du 22 au 23 juin contre des centaines de militants de gauche, socialistes et révolutionnaires. Elles dénoncent des perquisitions violentes, des gardes à vue prolongées et des pressions policières, affirmant que ces arrestations auraient été justifiées par une « mesure préventive » avant le sommet de l’OTAN organisé en Turquie les 7 et 8 juillet. Dans leur lettre, les militantes accusent les autorités de criminaliser la contestation politique et appellent à poursuivre la mobilisation anti-impérialiste malgré les arrestations.

Chers camarades, bonjour.

Comme vous le savez, dans la nuit du 22 au 23 juin, plus de 200 personnes de gauche, socialistes et révolutionnaires ont été mises en garde à vue lors de perquisitions menées dans des domiciles et des foyers étudiants. Nos portes ont été défoncées pour entrer chez nous, et nous avons été maintenues des heures durant menottées dans le dos. Durant nos trois jours de garde à vue, nous avons subi diverses tortures de la part de la police politique ainsi que des tentatives de recrutement comme indics. Les tortures que nous avons subies n’ont pas été consignées dans les procès-verbaux.

Le motif invoqué pour notre incarcération a été une « mesure préventive avant le prochain sommet de l’OTAN ». Il est impossible de dissocier les diverses tortures exercées par la police de l’État fasciste et toutes ces attaques de garde à vue et d’arrestation des conditions dans lesquelles nous nous trouvons. Dans le processus actuel que traverse notre géographie, les prémices de la prochaine 3e guerre de partage impérialiste se précisent, les contradictions entre blocs impérialistes s’approfondissent, et les États-Unis amplifient leurs menaces de guerre contre les États qui ne s’accordent pas avec leurs intérêts, en particulier au Moyen-Orient et en Amérique latine. Le sommet de l’OTAN, où la poursuite de tous ces processus sera planifiée et où seront prises les décisions relatives aux préparatifs de guerre impérialiste, devait se tenir cette année les 7 et 8 juillet à Ankara.

La tenue de cette réunion en Turquie montre clairement que la Turquie jouera un rôle actif dans la guerre impérialiste à venir, si l’on considère l’industrie de la guerre que l’État turc ne cesse d’élargir et dans laquelle il investit massivement, ainsi que le soutien logistique qu’il fournit aux impérialistes dans les guerres et les attaques en cours. Alors que la jeunesse est poussée vers l’absence d’avenir, la pauvreté et le chômage, les universités — qui devraient être des lieux où se développent l’éducation scientifique et la pensée libre — sont transformées en arrière-cours de l’industrie de l’armement. On cherche à y élever des soldats pour les intérêts impérialistes et des esclaves pour les intérêts du capital. Dans les centres de formation professionnelle (MESEM), le travail des enfants bon marché est subordonné à l’industrie de l’armement. Quant aux politiques démographiques menées sous le nom de « Décennie de la famille », elles soumettent les corps et les vies des femmes et des LGBTI+ à un état de siège.

En tant que Jeunesse Socialiste, nous avons été emprisonnées aujourd’hui parce que nous élevons la lutte contre tout cet encerclement impérialiste et que nous insistons sur un terrain unifié. Cependant, ces pressions et ces attaques d’arrestations en cours ne peuvent ni briser notre volonté, ni briser la ligne de lutte anti-impérialiste que nous menons depuis Paramaz jusqu’à aujourd’hui. Nous élèverons la lutte tant à l’intérieur qu’à l’extérieur et briserons la chaîne du désespoir.

Prison pour femmes de Sincan

Les membres du SGDF, prisonnières de l’OTAN