A l’occasion de la publication du rapport 2025 de la Sûreté de l’État, son administratrice générale, Francisca Bostyn, a accordé une interview à la RTBF. Francisca Bostyn a paraphrasé le rapport et, questionnée sur le projet de loi Quintin pour l’interdiction des organisations radicales, elle a montré qu’elle accueillait bien ce projet (sans se prononcer sur les remarques faites par le Conseil d’État qui l’a retoqué en l’état – voir notre article). Ce qui n’est pas étonnant dans la mesure où il y a un changement de mission stratégique de la Sûreté : alors que celle-ci auparavant se contentait de recueillir des informations et produire des analyses, elle se dirige de plus en plus vers l’usage de mesures proactives.
On peut lire dans ce rapport que « le milieu d’extrémisme de gauche s’est fait remarquer publiquement tout au long de l’année 2025 par des actions violentes. Des émeutes lors de manifestations, des actes de résistance à l’encontre de la police et l’intimidation d’adversaires politiques, en particulier lors de contre-manifestations antifascistes, ont été observés plus fréquemment en 2025 que les années précédentes. » Les initiatives offensives survenues le 14 octobre sont à ce propos particulièrement distinguées. La rapport cible aussi « des groupes tels que l’organisation communiste révolutionnaire Secours Rouge de Belgique/Classe Contre Classe » pour l’exploitation qu’ils feraient de « la vague légitime d’engagement sociétal ». Le rapport présente donc notre SR et C3 comme étant la même organisation, sans que l’on puisse savoir si c’est un sérieux retard dans l’analyse de notre réalité ou une volonté d’amalgame. Le mouvement antifasciste est également mentionné, mais avec prudence : « l’antifascisme militant est une forme d’activisme dirigé contre les personnes et les groupes considérés comme étant d’extrémisme de droite. Leurs actions visent à restreindre leur liberté d’expression et d’association. Les militants antifascistes se distinguent ainsi clairement du mouvement antifasciste non extrémiste plus large, qui mise sur le débat et la sensibilisation pour lutter contre le racisme et les idées antidémocratiques. Le mouvement antifasciste dans son ensemble ne peut pas être considéré comme une entité structurée. »












