Le piratage des appareils de communication par la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), techniquement désigné sous le terme de « piégeage » par le ministère de l’Intérieur, se heurte à des obstacles techniques majeurs. Le taux de réussite du Service technique national de captation judiciaire (STNCJ), l’unité chargée d’extraire les données des smartphones et ordinateurs, n’oscille qu’entre 25 et 30%. Ces opérations, bien que ciblant des individus mis en cause dans des dossiers de terrorisme ou de criminalité organisée, s’avèrent non seulement difficiles à mettre en œuvre, mais également éphémères : même en cas de succès, l’accès aux données ne reste généralement opérationnel que durant quelques jours seulement.
Face à ce constat d’inefficacité relative, le pouvoir exécutif français a relancé au début de l’année 2026 une offensive politique pour obtenir un accès encadré aux communications chiffrées. Le Premier ministre Sébastien Lecornu a missionné le député Florent Boudié pour explorer des évolutions juridiques permettant de contraindre les services de messagerie (tels que WhatsApp ou Signal) à fournir leurs clés de déchiffrement aux autorités. Cette initiative, qui fait suite à un premier échec législatif lors de l’examen de la loi contre le narcotrafic en 2025, s’appuie sur les auditions de hauts responsables de la sécurité et du renseignement, notamment Céline Berthon (DGSI), Pascal Mailhos (coordonnateur national du renseignement) et des représentants de Tracfin, le Service de renseignement financier de Bercy.












