Six hommes âgés de 20 à 26 ans ont été mis en examen pour « homicide volontaire, violences aggravées et association de malfaiteurs » après la mort du militant fasciste Quentin Deranque, à la suite d’un guet-apens organisé par des fascistes et d’affrontements avec des antifascistes le 12 février à Lyon (voir notre article). Une septième personne est poursuivie pour « complicité d’homicide volontaire » ainsi que pour les mêmes qualifications connexes. Six des suspects ont été placés en détention provisoire et le septième sous contrôle judiciaire, avec interdiction de manifester et de paraître à Lyon. Plusieurs reconnaissent leur présence sur les lieux et certains admettent avoir porté des coups, tout en contestant toute intention de tuer. Deux d’entre eux n’ont fait aucune déclaration. Les quatre autres personnes interpellées (3 femmes et 1 homme) ont été libérées jeudi après-midi. Elles ont été entendues pour « recel de malfaiteurs ».

Une marche d’hommage au militant néonazi est prévue le 21 février à Lyon, sous haute sécurité, le ministre de l’Intérieur n’ayant pas demandé son interdiction. Mardi 17 février, une minute de silence a également été rendue à l’Assemblée nationale, avec la validation de l’ensemble des groupes parlementaires de gauche. Depuis, plusieurs rassemblements de militants fascistes locaux ont été interdits, comme à Toulouse, où une quinzaine de nervis ont multiplié les agressions en marge de l’initiative interdite, entraînant le placement en garde à vue de quatre personnes qui dénonçaient leur présence. À Brest, des dizaines de contrôles d’identité ont eu lieu après l’interdiction d’une manifestation antifasciste par la préfecture. À Nantes, des contre-manifestants lors d’un hommage au militant ont été nassés, certains ont été arrêtés et frappés par la police.