Le gouvernement belge a approuvé en deuxième lecture un projet de loi instaurant une procédure d’interdiction administrative des activités d’organisations ou de groupements considérés comme une menace pour la sécurité nationale ou l’État de droit. Cette mesure, décidée par le Conseil des ministres sur la base d’un rapport des services de renseignement et d’un avis du Conseil national de sécurité, serait temporaire mais renouvelable. Une éventuelle interdiction définitive relèverait ensuite de l’autorité judiciaire.
Le texte, remanié après les réserves du Conseil d’État, vise notamment les organisations impliquées dans la participation, l’organisation, le financement ou le soutien logistique à « des actes terroristes ». Officiellement, les organisations ayant un objet exclusivement politique, syndical, philanthropique, philosophique ou religieux sont explicitement exclues de cette procédure. En réalité, tout indique que cette mesure pourrait viser des organisations politiques entretenant des liens présumés avec des organisations qualifiées de « terroristes » par l’Union européenne, parmi lesquelles figurent plusieurs organisations de la gauche révolutionnaire à travers le monde. Le projet doit encore être soumis à un nouvel avis du Conseil d’État avant son adoption définitive.