Le gouvernement allemand prépare une vaste réforme du BND (service fédéral de renseignement extérieur) et du BfV (Office fédéral de protection de la Constitution, chargé du renseignement intérieur) afin de leur permettre d’agir préventivement contre les menaces dites « hybrides » : sabotages, cyberattaques, espionnage ou opérations clandestines attribuées à des puissances étrangères. Le projet, qui doit être présenté au Bundestag, prévoit notamment d’autoriser les services à mener des cyberattaques, infiltrer des systèmes informatiques, manipuler ou détruire des données et neutraliser des capacités de production considérées comme menaçantes. Les atteintes physiques aux personnes et les assassinats ciblés resteraient interdits.
Cette réforme intervient après plusieurs incidents récents, dont la découverte le 4 août d’un drone chargé d’explosifs près d’un avion militaire à l’aéroport de Leipzig, qui a renforcé les inquiétudes de Berlin face aux opérations clandestines. Le ministre de l’Intérieur Alexander Dobrindt estime nécessaire d’ouvrir une « nouvelle ère » pour les services allemands qui étaient jusqu’ici limités par le cadre juridique issu de l’histoire de la Gestapo et de la Stasi. Le projet suscite toutefois de nombreuses critiques.