Lors de la 31ᵉ Conférence internationale Rosa-Luxemburg, un message de Daniela Klette, ancienne militante présumée de la RAF (Fraction Armée Rouge), a été transmis. Retenu par les autorités, ce texte, finalement publié par junge Welt (voir ici), offre un témoignage direct de Klette sur sa situation carcérale, la répression étatique dont elle fait l’objet et sa vision de l’engagement contre le capitalisme et l’impérialisme. Voir ci-dessous un extrait traduit en français :

« Les problèmes causés par la crise du système capitaliste occidental vont être reportés sur les classes populaires par le biais de baisses de salaires, d’épargne et de réductions des services sociaux, de santé et d’aide sociale – malgré la certitude que cela entraînera la propagation de la pauvreté, des maladies et du désespoir.

En apparence, la prétendue communauté de valeurs occidentale s’appuie sur l’option militaire pour maintenir ou imposer sa puissance. Dans la perspective de cette politique du plus fort militairement, des millions d’êtres humains sont voués à devenir de la chair à canon – et ce, une fois encore, dans les pays d’Europe occidentale, comme nous l’avons déjà constaté lors des deux guerres mondiales déclenchées par l’Allemagne. Aussi irrationnelle que cela puisse paraître, la volonté de mener le monde au bord du désastre pour le profit d’une minorité relève de la logique du capitalisme : « le capitalisme porte la guerre en lui comme un nuage porte la pluie. »

Nombreux sont ceux qui sont emprisonnés dans des complexes pénitentiaires à travers le monde pour diverses histoires de résistance contre la folie du capitalisme. Mumia Abu-Jamal, prisonnier politique aux États-Unis depuis 44 ans ; Ahmad Saadat, prisonnier de la résistance palestinienne du FPLP en Israël ; les 24 de Filton – prisonniers du mouvement Palestine Action en Angleterre (en grève de la faim au moment de la conférence) ; les « 5 d’Ulm », Maja, Hanna et tous les autres antifascistes ; Andreas Krebs et ses camarades emprisonnés Marianna, Dimitra et Dimitris Chatzivasileiadis en Grèce ; les prisonniers des PCE(r)/GRAPO en Espagne et des BR en Italie, incarcérés depuis des décennies ; les camarades emprisonnés en Turquie, en grève de la faim depuis des mois contre l’isolement, la torture et les centres de détention spéciaux ; les camarades kurdes emprisonnés en Allemagne ; et les milliers de prisonniers sur tous les continents que je ne peux citer ici. Ils vivent tous au milieu de cette folie capitaliste. Ils ont tous besoin d’une perspective de libération sociale internationale et de l’espoir de liberté. »

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Baki Devrimkaya, étudiant·e et militant·e de Klassegegenklasse à Berlin, passe en procès en appel le 10 février pour avoir empêché pacifiquement un militant pro-Israël agressif de perturber une conférence de soutien à la Palestine organisée à l’Université Libre de Berlin (voir notre article). Bien que les accusations initiales d’antisémitisme et de coups et blessures aient été abandonnées, Baki a été condamné·e à une amende pour « entrave à la circulation », illustrant la criminalisation de la solidarité pro-palestinienne. Cette affaire s’inscrit dans un contexte de répression croissante contre les militant·es pro-palestiniens en Allemagne, suscitant un large soutien national et international pour la relaxe de Baki.

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Vendredi 6 février à Mainz, une mobilisation de soutien au Rojava n’a pas pu se transformer en manifestation, la police ayant interdit la présence de drapeaux YPG, ce qui a contraint les organisateurs à faire qu’un rassemblement statique. Les organisateurs ont dénoncé une décision « arbitraire et provocatrice », rappelant qu’aucune interdiction légale générale ne vise ces symboles en Allemagne. Face à l’exigence policière de retirer les drapeaux pour autoriser la marche, les manifestants ont choisi de maintenir le rassemblement sur place, brandissant leurs drapeaux et critiquant cette décision. L’action s’est conclue par des slogans de soutien aux forces kurdes et l’annonce d’une nouvelle mobilisation de solidarité prévue le lendemain à Mannheim.

Le gouvernement allemand envisage d’élargir les pouvoirs de ses services de renseignement face aux « menaces hybrides » extérieures et aux risques sécuritaires internes, avec davantage de moyens financiers, techniques et juridiques ainsi que des capacités offensives (cyberattaques, sabotage d’infrastructures, perturbation de communications ou riposte contre systèmes ennemis). Des responsables politiques souhaitent transformer certains organismes en services plus opérationnels et renforcer la coopération internationale, voire créer un réseau européen de renseignement. Parmi les réformes étudiées : intrusions secrètes à l’étranger, installation de balises ou sabotages d’équipements, possibilité pour des agents de commettre des infractions hors du territoire et recrutement élargi d’informateurs, le tout sous contrôle parlementaire annoncé mais suscitant déjà des débats politiques et juridiques.

Cinq militants basés à Berlin sont emprisonnés sans procès depuis septembre 2025 pour une action directe contre Elbit Systems à Ulm, entreprise d’armement impliquée dans la guerre à Gaza (voir notre article). Ils dénoncent de graves violations de leurs droits en détention (accès restreint aux avocats, nourriture et médicaments, courrier bloqué, isolement prolongé). Leur procès est attendu fin juillet 2026, avec une détention provisoire susceptible d’excéder largement les délais habituels. Une campagne de financement participatif a été lancée pour couvrir les frais non pris en charge (justice, détention, visites, mobilisation) : voir ici.

Il y a peu, l’Interventionistische Linke de Brême a démasqué un indicateur dans ses rangs. Pendant plus de huit ans, Dîlan S. (photo) a informé le service de renseignement (Verfassungschutz) de tout ce qui se passait, au niveau politique et privé, dans son groupe (voir notre article). En plus de l’Interventionistische Linke, il espionnait aussi d’autres groupes dans lesquels il était actif. Pour de l’argent, il a trahi toustes celleux qui lui étaient proches et maintenant il doit se cacher.  En représailles, des militant·es se sont rendu au domicile privé de Thorge Köhler, le directeur du Verfassungschutz, à Brême, ils ont barbouillé sa maison avec de la peinture, brisés les vitres et crevé les pneus de sa voiture.

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Militant engagé depuis plus de 50 ans en soutien aux prisonnier·es politiques, membre du Network for the Freedom of All Political Prisoners et du Secours Rouge International, Wolfgang Lettow est aujourd’hui à son tour la cible de la répression. Le 10 décembre 2025, il a été convoqué par la police à Hambourg afin de témoigner contre Volker Staub, ancien militant de la RAF (Fraction Armée Rouge) toujours recherché. Refusant de collaborer et faisant usage de son droit au silence, Lettow s’expose désormais à de nouvelles convocations, à des amendes et potentiellement à une « Beugehaft » (détention coercitive pouvant aller jusqu’à six mois). Cette procédure s’inscrit dans une campagne plus large d’intimidation liée aux affaires Daniela Klette, Burkhard Garweg et Volker Staub, dénoncée comme une criminalisation de l’engagement antifasciste, internationaliste et anti-impérialiste.

Depuis le 26 janvier, Andreas Krebs est en grève de la faim après avoir été transféré à l’unité d’isolement A9 à la suite d’une fouille de cellule au cours de laquelle des drogues auraient été découvertes, qu’il affirme lui avoir été placées. Il dénonce une forte dégradation de ses conditions de détention, avec visites derrière une vitre, restrictions téléphoniques, suppression de la télévision, des sorties, de ses études et de toute mesure d’aménagement de peine. Il exige son retour dans son ancienne unité et prévient que, sans changement rapide, il pourrait également cesser de prendre ses médicaments vitaux.

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Lors du procès au tribunal régional supérieur de Düsseldorf contre six antifascistes (voir notre article), un expert présente une méthode contestée de reconstitution squelettique à partir de vidéos, comparée à des scans corporels 3D réalisés sous contrainte. Développée et promue par le professeur Dirk Labudde et sa société, cette technique, jugée scientifiquement peu fiable et juridiquement problématique par des chercheurs et des collectifs de soutien, a déjà été utilisée dans d’autres procédures contre des militants antifascistes. Les critiques dénoncent une absence de validation scientifique indépendante, des pratiques coercitives lors des prises de mesures et le recours à une expertise basée sur des probabilités, susceptible d’être utilisée comme preuve centrale malgré ses fortes limites.

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En Bade-Wurtemberg, le syndicaliste Danial Bamdadi s’est vu refuser la nationalité allemande depuis 2022 par les autorités locales, qui invoquent une supposée « attitude extrémiste » liée à sa participation à des manifestations contre l’AfD et à une mobilisation anti-guerre. Les informations proviennent des services de protection de la Constitution. Réfugié iranien depuis 2012, il conteste cette décision en justice, tandis que ses soutiens dénoncent une atteinte aux libertés politiques, dans un contexte de durcissement de la politique migratoire allemande.

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