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Tunisie : Trois prisonniers pro-palestiniens dénoncent leur détention

Détenus depuis plus de cinq mois, Ghassen Henchirri, Ghassan Boughdiri et Nabil Channoufi, membres du bureau de la flottille pour briser le blocus de Gaza, dénoncent leur incarcération motivée par leur soutien à la cause palestinienne. Dans une lettre adressée au peuple tunisien, ils décrivent une dégradation de leurs conditions de détention et alertent sur l’état de santé de plusieurs d’entre eux. Ghassen Henchirri, qui souffre de séquelles d’une blessure à la tête subie lors de son arrestation par les forces israéliennes, réclame des soins urgents, tandis que Ghassan Boughdiri, condamné à sept mois de prison ferme dans une autre affaire liée à une mobilisation contre Maersk, serait également dans un état de santé préoccupant. Les trois détenus réaffirment leur engagement en faveur de la Palestine et demandent leur libération immédiate ainsi que l’abandon des poursuites. Ils expriment également leur soutien à Wael Naouar, qui a entamé une grève de la faim le 16 août pour protester contre ce qu’il dénonce comme des mesures arbitraires et du harcèlement.

Sûrt de Mornaguia, Tunisie, le 26 août 2026

Lettre des membres du bureau de la Flottille de la Résilience pour briser le blocus de Gaza Ghassen Henchirri • Ghassan Boughdiri • Nabil Channoufi

De la prison au peuple tunisien et à tous les libres du monde

À l’ensemble de nos bien-aimés, nos camarades, les enfants de notre peuple, Salutations de persistance et de fermeté malgré toutes les frontières et les restrictions.

Nous, soussignés, vos camarades et frères Ghassen Henchirri, Ghassan Boughdiri et Nabil Channoufi, détenus en prison de manière injuste et sans procès depuis plus de cinq mois, accusés à tort et à calomnie de charges fallacieuses et inventées dont le véritable objectif est de masquer la criminalisation de notre solidarité avec le peuple palestinien et de nous punir pour notre mobilisation en faveur de son soutien à travers notre participation à l’organisation de la caravane maghrébine de la résistance puis de la Flottille internationale de la résistance pour briser le blocus de Gaza, et notre confrontation, aux côtés des libres du monde, avec l’ennemi sioniste au cœur de ses geôles et de ses prisons sur notre terre occupée.

Aujourd’hui marque le premier anniversaire du succès de l’organisation de l’un des mouvements de solidarité avec la Palestine les plus vastes et les plus grandioses de l’histoire : la Flottille de la Résilience pour briser le blocus de Gaza, à laquelle ont participé des centaines de solidaires internationaux de 74 nationalités. Des dizaines de milliers de Tunisiennes et de Tunisiens s’étaient alors massés pour nous faire leurs adieux dans un spectacle mémorable qui ne s’effacera jamais de la mémoire ; il ne diffère guère de la grandeur de la scène survenue quelques mois plus auparavant lors du passage de la caravane de la résistance vers la frontière libyenne.

À l’heure où s’intensifie la solidarité avec Gaza et toute la Palestine, où l’entité sioniste usurpatrice est assiégée à l’échelle internationale, et où plusieurs pays émettent des mandats d’arrêt contre le criminel et mercenaire de boucher sioniste Netanyahou — en réponse à l’arrogance de ses soldats et de ses ministres dont le monde a été témoin contre la Flottille de la Résistance 1 et le kidnapping de ses participants dans les eaux internationales et leur persécution —, le premier anniversaire de la Flottille de la Résilience survient alors que nous croupissons en prison, victimes de persécutions, de mauvais traitements et de conditions de détention en dégradation, dans un précédent inédit où nous sommes les seuls parmi tous les organisateurs et participants du monde entier à faire face à l’emprisonnement et aux poursuites judiciaires, notre situation ne cessant de s’aggraver de jour en jour.

Parmi nous, l’état de santé de notre compagnon Ghassen Henchirri a atteint un niveau de danger critique, souffrant des séquelles de l’agression sioniste sur sa tête lors de son arrestation par l’ennemi occupant. Cette situation exige d’urgence une libération immédiate et des soins médicaux spécialisés et urgents. Cependant, l’autorité qui s’acharne à nous persécuter refuse de cesser de le soumettre, lui et nous, à des conditions de détention catastrophiques.

Parmi nous, il y a aussi celui dont le séjour en prison ne leur a pas suffi de manière arbitraire, puisqu’ils lui ont fabriqué une affaire supplémentaire pour avoir participé, à l’instar de tous les libres du monde, à la contestation en réponse à une vaste campagne internationale contre l’implication de la société « Maersk » au service de la machine de guerre sioniste féroce contre notre peuple palestinien à travers le transport d’armes vers l’entité usurpatrice. C’est ainsi qu’ils ont condamné le compagnon Ghassen Bouguediri à sept mois de prison ferme, de manière injuste et arbitraire, alors que sa santé s’est détériorée de façon grave et qu’il demeure dans un état de santé préoccupant.

Parmi nous, il y a également le père de trois enfants, dont un nourrisson, qui ont tous été privés de sa chaleur et de son affection au moment où ils ont le plus besoin de lui : notre compagnon Nabil Channoufi, qui traverse quant à lui une situation sanitaire particulière.

Parmi nous, il y a aussi celui qui n’a plus supporté davantage d’arbitraire et de harcèlement, et dont les deux enfants ont été privés à la fois de la chaleur de la mère et du père — nous nommons le compagnon Wael Naouar —, qui a pris l’initiative d’entamer une grève de la faim depuis le dimanche 16 août courant.

Ô compagnons, ô compagnes, ô enfants de notre peuple, En vous adressant cette lettre, nous vous affirmons notre attachement au serment et notre fermeté face à toutes les formes d’oppression. Nous vous confirmons également que notre emprisonnement ne pèse pas une seule goutte de sang face à la mer de sang des martyrs de Gaza, et que ce que nous endurons comme injustices n’atteint pas l’ampleur de la souffrance de notre peuple palestinien à Gaza, en Cisjordanie, dans les territoires de l’intérieur occupé et dans la diaspora ; et que les regards, la conscience et les volontés gardent pour unique cap la Palestine, toute la Palestine, un peuple, une résistance et une cause centrale afin d’allumer tous les fronts de la lutte jusqu’à l’arrêt de l’agression contre Gaza, la libération des prisonniers et prisonnières héroïques, et le soutien à la résistance dans la perspective de la libération de toute la Palestine, du fleuve à la mer.

Nous tenons également à réaffirmer nos positions de principe face aux causes de notre peuple en Tunisie et aux défis qu’il mène pour les défendre, incluant la violation de la souveraineté, le gaspillage de la dignité, la précarité des conditions de vie, l’étouffement des libertés et le refus de criminaliser la normalisation, ainsi que d’autres aspects qui ne diffèrent guère de ce que nous subissons et endurons dans cette petite prison, où il n’y a ni fondement juridique pour notre arrestation, ni humanité dans notre traitement, ni considération pour nos conditions… pour la simple et unique raison que nous avons dit « non » face à toutes les formes d’occupation sioniste et de la machine de guerre et de destruction sioniste, et par fidélité à l’histoire honorable de la Tunisie et des Tunisiens dans le soutien à la cause palestinienne depuis 1948, indépendamment du changement des calculs du pouvoir envers cette cause.

Ô compagnons, ô compagnes, ô enfants de notre peuple, Nous tirons notre fermeté, notre force et notre endurance de votre soutien à nos côtés et de votre présence derrière nous et avec nous sur la voie commune que nous avons amorcée ensemble : la voie de la liberté, de la justice et de la dignité, la voie de la lutte continue sous toutes les formes possibles jusqu’à l’obtention de notre liberté et de notre retour à notre vie normale, afin de parachever ensemble ce que nous avons entamé comme bataille de résistance et de soutien à notre grand peuple palestinien et à toutes les causes justes.

En exprimant notre soutien absolu à la grève de la faim menée par le compagnon Wael Naouar, et notre disposition à lutter par tous les moyens possibles depuis notre position et à mener toutes les batailles pour recouvrer notre liberté, nous demeurons attachés à notre innocence et considérons que la seule solution réside en notre libération immédiate, la fermeture de ce dossier scandaleux et la levée de l’injustice qui pèse sur nous et sur nos familles.

Nous sommes tous Gaza, nous sommes tous la Palestine ! Gloire et éternité aux martyrs ! Liberté pour les prisonniers et détenus héroïques dans les prisons de l’ennemi sioniste !