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Grèce : Le prisonnier anarchiste Nikos Maziotis réagit à l’annonce de sa libération le 14 septembre

Condamné pour sa participation à l’organisation anarchiste armée Lutte révolutionnaire (LR), Nikos Maziótis doit être libéré le 14 septembre 2026 de la prison de Domokos, au terme de sa peine de 20 ans. Il indique avoir passé 14 ans en détention et six ans en travail, auxquelles s’ajoutent six années de travail comptabilisées dans l’exécution de sa peine, soit un total de 20 ans.

Plusieurs demandes de libération conditionnelle avaient auparavant été rejetées, notamment au motif qu’il refusait de désavouer l’action de l’organisation. Dans une lettre publiée depuis la prison, Maziotis affirme ne pas avoir renoncé à ses convictions politiques et présente sa libération comme l’achèvement de sa peine sans mesure de contrôle judiciaire. Il remercie également ses soutiens et réaffirme son soutien à la Lutte révolutionnaire. Sa camarade et compagne Pola Roupa, également condamnée pour des actions revendiquées par LR, avait été libérée sous condition en novembre 2023.

Dès le début de leurs arrestations, le Secours Rouge International a très tôt engagé une campagne de soutien, avec non seulement des initiatives de solidarité, la publication de leurs textes et analyses, mais aussi par l’organisation de plusieurs délégations internationales solidaires à Athènes, à l’occasion de différents procès, ainsi que la réalisation d’un entretien avec Pola Roupa et Nikos Maziotis.

Un mois de septembre particulier… Il y a des années, le 2 septembre 2009, c’était l’anniversaire de l’une des actions les plus importantes de la Lutte Révolutionnaire et de la guérilla urbaine en général : l’attentat à la voiture piégée contenant 150 kilos d’explosif ANFO contre la Bourse d’Athènes. C’était l’époque où la Lutte Révolutionnaire parlait de la crise, dès 2005, avant qu’elle n’éclate aux États-Unis et avant même qu’elle ne frappe le pays en 2009-2010. Quand elle parlait des mémorandums [plans d’austérité] avant même qu’ils ne soient imposés. Quand elle parlait alors de l’opportunité d’un renversement systémique et d’une révolution qui, malheureusement, n’a pas eu lieu.

Le 5 septembre 2003 marque l’anniversaire du début des activités de la Lutte Révolutionnaire avec le double attentat à la bombe contre les tribunaux d’Evelpidon à Athènes. Dans quelques jours, le 14 septembre, je serai libéré à l’expiration de ma peine, après avoir purgé, avec 14 ans de présence en prison plus 6 ans de travail, la totalité des 20 ans de réclusion criminelle auxquels j’ai été condamné pour les activités de la Lutte Révolutionnaire.

À une époque où les codes pénaux et « pénitentiaires » ne cessent d’être modifiés, augmentant les limites des peines et la durée effective de leur incarcération, y compris par des alchimies illégales concernant la rétroactivité des lois, alors que la priorité absolue de l’État a toujours été de s’en prendre à ses adversaires politiques, je suis le premier détenu des prisons grecques et le premier prisonnier politique purgeant une peine de 20 ans de réclusion à temps partiel [terme juridique pour une peine temporaire] à purger la totalité de sa peine sans sursis, comme cela se faisait habituellement jusqu’à présent.

Cette évolution est le résultat du fait que les conseils de prud’hommes [conseils d’application des peines] de Lamia ont rejeté à 7 reprises ma libération conditionnelle au motif que je ne me suis pas « réhabilité », que je ne me suis pas « amélioré » moralement et que je refuse de reconnaître comme criminelle l’activité de la Lutte Révolutionnaire. Ils ont effectivement raison !

Lors d’une audience du conseil de discipline, à la question de savoir si j’étais « réhabilité », j’ai répondu que cela ne se produirait pas, même dans 1 000 000 d’années. Je refuse donc d’adopter leur « morale », la morale de la soumission, et je n’ai évidemment pas non plus révisé mon jugement sur l’action de la Lutte Révolutionnaire, qui était bénéfique et nécessaire pour la majorité sociale, le peuple et le prolétariat, puisqu’elle ciblait le système de pouvoir État-capitaliste criminel.

Surtout dans les conditions actuelles où le système devient de plus en plus sauvage, nous condamnant à perpétuité à l’esclavage de la dette, nous condamnant à la pauvreté et à la misère, exterminant les peuples et les populations excédentaires pour lui-même à travers les guerres, les génocides et ses politiques de sauvetage, et tuant lentement mais sûrement la planète sur laquelle nous vivons au profit du profit et du pouvoir d’une minorité ignoble.

Dans ces conditions, la lutte contre l’État et le capital est non seulement juste, mais aussi nécessaire et impérative. Je ne changerais pas le moindre de mes choix politiques et militants, même si je pouvais remonter le temps. Cette évolution consistant à purger la totalité de la peine a aussi son côté positif, puisque je n’aurai même pas de conditions restrictives, c’est-à-dire que je n’aurai pas à me présenter au commissariat de police de la zone où je résiderai. Je remercie du fond du cœur tous les camarades, toutes celles et tous ceux qui ont fait preuve de solidarité de quelque manière que ce soit au cours de toutes ces années envers nous, les membres de la Lutte Révolutionnaire, qui sommes restés fidèles aux choix de lutte que nous avons faits.

AUCUN REGRET – AUCUN REPENTIR
VIVE LA LUTTE RÉVOLUTIONNAIRE
HONNEUR POUR TOUJOURS AU CAMARADE LAMPROS FOUNTAS

2 septembre 2026
Prison de Domokos, Nikos Maziotis