Après près de six ans de procédure, deux gendarmes mobiles ont été mis en examen pour homicide involontaire dans l’affaire de la mort de Claude Jean-Pierre, dit Klodo. Âgé de 67 ans, il avait été grièvement blessé lors d’un contrôle routier à Deshaies, en Guadeloupe, le 3 décembre 2020, avant de décéder douze jours plus tard. La mise en examen, prononcée le 28 août, intervient après plusieurs années de procédure marquées par un premier projet de non-lieu, puis la réouverture de l’instruction à la suite de la mobilisation de la famille et de collectifs guadeloupéens. Des expertises médicales et des images de vidéosurveillance ont notamment remis en cause la version initialement avancée par les gendarmes.
Cette décision constitue une avancée importante pour la famille et les collectifs mobilisés contre les violences policières, même si elle ne préjuge pas de l’issue du procès. Elle met également en lumière la lenteur d’une procédure qui aura duré plusieurs années avant que la responsabilité des gendarmes ne soit véritablement examinée par la justice. La famille entend désormais poursuivre son combat pour obtenir la tenue d’un procès et faire reconnaître les circonstances de la mort de Klodo, dans un contexte guadeloupéen marqué par de fortes tensions autour des violences et de la répression policières.