Après 38 jours de grève de la faim pour protester contre son maintien en détention et réclamer sa liberté, Wael Nawar, militant anti-impérialiste de la Global Sumud Flotilla, a annoncé le 23 septembre la suspension de son mouvement. Il appelle également ses camarades détenus Ghassen Henchiri, Ghassen Boughdiri et Nabil Chennoufi, en grève de la faim depuis 14 jours, à suspendre leur mouvement afin de préserver leur santé. Nawar affirme que la suspension de sa grève ne constitue pas un abandon de ses revendications ni de son engagement en faveur de la Palestine.
Parallèlement, ses soutiens continuent de se mobiliser pour exiger la libération des quatre prisonniers pro-palestiniens. Le même jour, un rassemblement s’est tenu devant le palais de justice de Bab Bnet à Tunis, alors que plusieurs personnes arrêtées lors d’une manifestation étaient présentées au parquet et que la chambre d’accusation examinait les recours concernant le refus de libération et la prolongation de quatre mois de la détention des militants de la flottille.
Après 38 jours consécutifs de grève de la faim, j’annonce aujourd’hui ma décision de suspendre la grève de la faim que j’ai menée pour défendre ma liberté et ma dignité, et pour protester contre le maintien de ma détention.
J’ai pris cette décision en réponse aux appels sincères qui m’ont été adressés par tous ceux qui m’ont soutenu et exprimé leur solidarité — organisations nationales, forces politiques et civiles, figures indépendantes et militantes — et sur l’insistance du comité de défense qui a suivi de près mon état de santé et la gravité de ma situation.
Les messages de mes camarades et amis, arrêtés à la suite des actions de protestation réclamant notre libération, ont également eu un profond impact sur moi et ont joué un rôle décisif dans cette décision. Vos appels me sont parvenus, et j’ai ressenti toute la loyauté, le courage et la solidarité que portaient vos positions. Je n’oublierai jamais les conséquences que vous avez subies ni les sacrifices que vous avez consentis pour nous défendre et défendre notre droit légitime à la liberté.
J’adresse également mes plus sincères remerciements, ma gratitude et mon estime à Maître Ayachi Hammami pour sa noble solidarité à mon égard, à travers la grève de la faim solidaire qu’il a observée depuis sa prison.
À cette occasion, j’appelle mes camarades militants de la « Flottille de la résilience » détenus avec moi — Ghassen Henchiri, Ghassen Boghdiri et Nabil Chennoufi — à suspendre leur grève de la faim afin de préserver leur santé, et à poursuivre le chemin de la fermeté, de la lutte et de la résistance. La fin de la grève ne signifie aucunement le renoncement à nos revendications ni l’abandon de notre cause, mais constitue la poursuite du combat par d’autres moyens, tout en préservant nos vies et notre santé.
Si notre engagement aux côtés de la Palestine nous a coûté cher, ce que nous avons payé n’est rien au regard des sacrifices du peuple palestinien et de sa résistance quotidienne. Nous étions prêts au martyre pour tenter de briser le siège qui lui est imposé, contribuer à mettre en lumière le génocide dont il est victime, et faire entendre sa voix au monde entier. Notre engagement envers la Palestine restera inébranlable, sans être ébranlé par les prisons ni par les campagnes de diffamation.
Je m’adresse enfin et surtout à ma famille, qui a enduré avec moi l’amertume de cette épreuve : à Jawaher, Yassar et Somoud. J’ai décidé de vivre pour vous et de continuer le combat avec la même détermination que vous me connaissez..
Wael Nawar