Au lendemain de graves exactions policières à Villeneuve-la-Garenne (voir notre article), des révoltes ont éclaté en fin de soirée dans la ville. Affrontements avec la police, feux d’artifice, voitures incendiées, de nombreux jeunes ont riposté aux humiliations et aux violences de la police. Des scènes similaires ont eu lieu dans plusieurs villes notamment en région parisienne et dans le quartier du Mirail à Toulouse.

A Villeneuve-la-Garenne, un journaliste sur place a été violemment arrêté et relâché quelques heures plus tard.

A Villeneuve-la-Garenne, révoltes contre les violences policières.

Depuis le début du confinement en France, 5 personnes ont été tuées par la police et une petite fille a été placée en coma artificiel suite à un tir de LBD. Samedi 18 avril dans la soirée, des policiers ont grièvement blessé un jeune homme à Villeneuve-la-Garenne en Région Parisienne. Au même moment, des violences policières ont eu lieu dans le quartier de Bellefontaine à Toulouse. Le Comité Vérité et Justice 31 a lancé un appel à témoins pour organiser l’entraide et la solidarité face à la police.

Un jeune homme gravement blessé par la police à Villeneveuve-la-Garenne

Airbus, constructeur aéronautique, a fermé toutes ses usines en France et en Espagne le 17 avril au début de la crise sanitaire. 4 jours après, l’entreprise annonce la reprise partielle de ses activités, avec la présence d’au moins 25% du personnel sur site. La reprise d’activité d’Airbus a entraîné la reprise du travail dans de nombreux sous-traitants de la région toulousaine. Pour le reste du personnel, des congés payés ont été automatiquement posés sur une durée de 15 jours. Le vendredi 17 avril, l’avionneur annonce qu’il va recourir au chômage partiel pour au moins 3000 salariés, en particulier les ouvriers qui ne peuvent pas avoir recours au télétravail.

Des travailleurs du nettoyage de la gare de Matabiau à Toulouse exercent leur droit de retrait depuis lundi 13 avril pour dénoncer l’absence de mesures de protection face à l’épidémie de COVID-19 qui a fait plus de 17000 morts en France. En effet,  ils refusent de travailler sans masques ni autre protection alors que la gare est toujours ouverte et que quelques trains y circulent.

Sans perdre un instant!

(synthèse des travaux de la conférence du Secours Rouge International des 27-28 mars 2020)

1. Voir la crise avec nos propres yeux

Nous sommes noyés d’informations par les médias du régime et ce flux génère une certaine vision de la crise. La gauche révolutionnaire doit avoir sa propre vision de la crise, de son origine et de son caractère, de ses dangers et de ses opportunités, de son impact et de son évolution. Et sur cette base, elle doit définir une politique révolutionnaire. Car il est impossible de définir une véritable politique révolutionnaire sur base d’une vision bourgeoise de la crise et de son cadre général (situation internationale, contradictions inter-impérialisme, etc.)
Il s’agit d’une véritable pandémie, cela impose objectivement des mesures sanitaires comme le confinement. Mais il s’agit aussi, à la fois, d’une crise dans le système capitaliste et d’une crise du système capitaliste. Chaque crise impacte tous les aspects de la société. Mais certaines crises sont des crises globales: elles ne touchent pas “par ricochet”, mais directement l’ensemble de la société. C’est le cas de celle-ci.
Les crises ont toujours été un accélérateur historique. L’histoire n’est pas un processus linéaire. Les contradictions sociales s’accumulent et explosent sous l’effet de telle ou telle impulsion. Les crises ne sont pas simplement, pour les forces révolutionnaires, des opportunités: ce sont les seuls vrais moments où elles peuvent faire progresser l’agenda révolutionnaire de manière déterminante.
La crise a provoqué de grands changements de comportements et d’habitudes. C’est la démonstration de la capacité des masses à changer, c’est un démenti vivant à la thèse bourgeoise selon laquelle « les gens sont ce qu’ils sont, ils ne changeront jamais ». Les esprits sont ouverts à des fonctionnements sociaux différents et cela aussi ouvre une fenêtre historique pour notre politique.

Lire la suite: sur le site du SRI ou en pdf.

Sans perdre un instant !

Sans perdre un instant !

La pandémie mondiale de COVID-19 est en pleine expansion et elle a déjà fait des dizaines de milliers de mort·e·s dans le monde, dont plusieurs milliers en France. La gestion de la crise sanitaire par l’État et le patronat montre que c’est avant tout une crise du capitalisme.

Les politiques d’austérité et de casse sociale dans le secteur de la santé ont intensifié cette crise sanitaire avec un risque croissant de saturation du système hospitalier. Parallèlement, le patronat met tout en œuvre pour maintenir ses entreprises indépendamment des risques sanitaires qu’il fait peser à des milliers de travailleur·euse·s, en particulier aux femmes qui sont en première ligne des métiers sous tension : aides soignantes, femmes de ménage, infirmières, caissières etc.

Le gouvernement Macron a déclaré « nous sommes en guerre ». Mais c’est bien à nous qu’il la mène : travail maintenu dans les secteurs non essentiels, absence chronique de masques et de tests, sous effectif et manque de matériel à l’hôpital, absence de solution d’hébergement digne et stable pour les sans abris, mesures tardives et inconséquentes pour faire face aux violences faites aux femmes en augmentation, conditions sanitaires catastrophiques dans les Centres de Rétention Administrative et les prisons et la liste n’est malheureusement pas exhaustive !

Afin de contenir l’épidémie qu’il a été incapable d’anticiper et de gérer, la seule réponse du gouvernement a été des millions de contrôles policiers, des dizaines de milliers de procès-verbaux pour non respect du confinement et le déploiement d’un dispositif de surveillance sans précédent en particulier dans les quartiers populaires (traçage des téléphones, drones et hélicoptères…).

Aucune « union nationale » ne peut être envisagée avec nos ennemis. Face au développement des discours racistes et nationalistes, nous affirmons que la seule alternative est dans la solidarité et l’entraide entre les peuples.

La crise économique et sociale annoncée à la sortie de la crise sanitaire impose que les organisations révolutionnaires, anticapitalistes et antifascistes, fassent front ensemble pour faire face et préparer les conditions d’une alternative révolutionnaire. Chacun·e doit dès aujourd’hui s’engager dans ce sens !

Le combat contre l’État et le capital ne doit pas être confiné. Plus que jamais, nous devons préparer et organiser la riposte !

En particulier, nous appelons à soutenir à Toulouse et sa région plusieurs initiatives d’auto-organisation et de solidarité populaire :

et toutes les initiatives allant dans ce sens !

Toulouse, le 10 avril 2020

Premiers signataires : Secours Rouge Toulouse, UD Confédération Nationale du Travail 31, Groupe Libertad – Fédération Anarchiste, Union Antifasciste Toulousaine, Association Eunomia, Union Communiste Libertaire – Toulouse et alentours

 

Le Secours Rouge International a pu tenir sa conférence internationale semestrielle malgré le confinement et les fermetures des frontières et en célébrant, cette année, ses vingt ans d’existence. C’est en 2000 en effet que la re-fondation de cette structure historique a été décidée, avec un début modeste et des formes nouvelles. Dès sa fondation, le SRI a essayé de se placer là où les luttes étaient les plus stratégiques, là où les contradictions étaient les plus explosives et fondamentales. 20 ans de lutte, 20 ans de construction, 20 de continuité marquée cette année par la fondation du Secours Rouge de Toulouse et sa première participation, comme section membre, à une conférence.

Lire le message adressé par les congressistes aux prisonniers et prisonnières révolutionnaires

Délégation du SRI à une ménifestation à Athènes