Alors que le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez martèle le chiffre de 761 policiers « blessés » pour légitimer la mutilation de lycéens (yeux éborgnés, mains arrachées par grenades), l’examen publié par Contre Attaque révèle une vaste mystification médiatico-politique. Seuls cas documentés d’hospitalisation d’agents dans le cadre du mouvement : le 10 octobre à Givors, deux policiers en faction se sont grièvement brûlés tout seuls dans leur véhicule de patrouille après le déclenchement accidentel de leur propre grenade, incendiant au passage leur propre voiture.
Comme le souligne Contre Attaque, cette auto-mutilation s’inscrit dans un historique systémique où les blessures les plus graves essuyées par les forces de l’ordre résultent de leur propre maladresse et de la surutilisation d’armes de guerre (tirs de grenades ratés entre collègues, acouphènes provoqués par leurs propres détonations, intoxications lors d’exercices). En gonflant artificiellement les chiffres de prétendus « bobos » policiers pour couvrir la mutilation systématique de mineurs, l’appareil d’État fabrique un récit de victimisation pour garantir l’impunité totale de ses troupes.