Aller au contenu principal

Hongrie : Deux ans après son extradition, Maja dénonce sa détention et la solidarité continue

Dans une déclaration rendue publique, Maja, antifa non-binaire récemment condamné·e à 8 ans de prison par un tribunal de Budapest, décrit des conditions de détention éprouvantes, marquées par la chaleur, le mépris et des restrictions visant son expression de genre. Parallèlement, de nombreuses actions étaient organisées en Allemagne, mais aussi dans plusieurs pays européens, à l’occasion de ses deux années d’extradition en Hongrie et pour exiger son retour en Allemagne. En France, des actions ont eu lieu à Paris, Marseille, Tours, Gaillac ou encore à Toulouse quelques jours auparavant.

Bonjour à toustes,

C’est une belle chose et un grand soutien de voir que nous restons soudés. Cela me donne la force d’endurer ici l’absurdité et le mépris. Que puis-je vous raconter ? Aujourd’hui, on m’a crié dessus pour me dire qu’il m’était interdit de porter une robe. J’ai donc préféré cacher mes ongles vernis. Après cela, je suis allé(e) me coucher, car la chaleur nous empêche aussi bien de penser que de dormir. J’ai beaucoup de rage en moi ; ces deux années ici ont été épuisantes. Les jours continuent de s’étirer et il n’y a toujours pas de fin en vue. À part le fait que je finirai par quitter cet endroit, rien n’est certain. Et qu’en sera-t-il ensuite ? Cet endroit restera, et je dois me demander : qu’ai-je fait pour qu’il détruise et blesse un peu moins ?

Faut-il d’abord aller en justice pour que les gens aient le droit de choisir leurs propres vêtements ? Pour qu’il y ait au moins des ventilateurs dans les petites cellules quand il fait plus de 30 degrés ? Le monde gémit, et nous compliquons déjà les solutions les plus simples. Maintenant, vous savez ce pour quoi je me bats en ce moment : ce sont des combats pour des objets matériels. Mais c’est aussi pour que ceux qui nous gouvernent comprennent qu’ils ont affaire à des êtres humains, des êtres qui brillent et qui transpirent, et qui ont tout autant le droit d’avoir des droits. Je pense à vous, à vos combats. Le fait de les unir nous renforce et nous donne du courage. N’abandonnez pas vos rêves !

À bientôt.

Maja

Charger le post

En cliquant, vous acceptez le chargement de contenu depuis un service externe.