Transféré de l’Oregon vers une prison de Caroline du Sud, le militant anarchiste et abolitionniste Malik Muhammad dénonce dans une déclaration être victime d’une persécution politique menée par les autorités états-uniennes en raison de son engagement révolutionnaire, anticarcéral et antiraciste. Désigné par le FBI comme une menace « extrémiste » et poursuivi sous des accusations liées à l’organisation politique en prison, il dénonce les conditions de détention extrêmement violentes et surpeuplées du système pénitentiaire sudiste, ainsi que l’usage de l’isolement, de transferts punitifs et de procédures disciplinaires pour briser les formes d’auto-organisation des détenus. Malgré cette répression, il affirme poursuivre son travail d’éducation politique, d’organisation collective et de solidarité révolutionnaire au sein des prisons américaines.
Les armes les plus puissantes d’un anarchiste sont son esprit critique et sa capacité d’adaptation. Je m’adapte facilement. Aucun environnement ne peut me changer ni me briser. Alors je continuerai ici à faire ce que je sais faire. J’organiserai, je provoquerai et je lutterai contre l’État. Je mobiliserai la communauté. J’éduquerai. Je tisserai des liens, je créerai des relations et je forgerai des liens qui dureront toute une vie, emplis d’amour révolutionnaire, de rage et de solidarité. Je ne cesserai jamais de me battre pour le peuple. Je vivrai, je me battrai et je mourrai pour lui parce que j’aime le peuple. Parce que je suis le peuple, pas le porc. Et à ceux qui sont avec moi, j’espère que ce n’est pas par pitié, mais parce que vous réalisez que cette merde vous tue aussi, même si c’est plus insidieusement. Notre amour, notre rage et notre solidarité ne connaissent aucune frontière imaginaire, s’affranchissent des constructions du temps, et pénètrent à travers les murs, les barreaux et les portes des prisons. Elle demeure comme les racines d’un chêne, se dresse comme un sapin, et peut plier comme un saule, mais elle défie la gravité et ne se brise jamais. Notre amour persiste comme les pâquerettes qui percent les fissures du trottoir et les pissenlits emportés par le vent, nés d’un vœu d’enfant.