La journaliste Hatice Duman est détenue depuis le 13 avril 2003, date à laquelle elle a été arrêtée alors qu’elle dirigeait la rédaction du journal Atılım. Six mois plus tard, lors de son premier procès, le tribunal a décidé de la maintenir en détention préventive. En 2011, elle a été condamnée à la réclusion à perpétuité, accusée d’être membre et dirigeante d’une « organisation terroriste » (le MLKP, Parti Communiste Marxiste-léniniste). En 2015, la Cour constitutionnelle turque (AYM) a statué que Duman n’avait pas bénéficié d’un procès équitable et que son jugement devait être réexaminé. Lors du nouveau procès, le tribunal local l’a jugée lors d’une seule audience sans la présence de son avocat et a confirmé la même peine, maintenant sa détention. Le dossier est retourné à l’AYM, qui en 2020 a renforcé sa décision initiale, demandant une révision stricte du procès. En 2024, le tribunal local d’Istanbul a rouvert le dossier, et l’affaire a été portée devant la 12e chambre du tribunal pénal lourd, où la 6e audience a eu lieu le 24 février 2026. La prochaine audience est prévue pour le 23 juin 2026, où Duman comparaîtra pour la 7e fois devant un juge.
Malgré ces multiples décisions et réexamens, les tribunaux locaux continuent de ne pas appliquer les recommandations de la Cour constitutionnelle, refusant sa libération et maintenant sa réclusion. Son cas illustre non seulement les violations prolongées des droits des journalistes en Turquie, mais aussi le non-respect systématique des décisions de la Cour constitutionnelle et du droit à un procès équitable.