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France : Depuis sa cellule, Ali rend hommage à Naji al-Ali et à Handala

57 ans après la naissance de Handala et 39 ans après l’assassinat de son créateur, le dessinateur palestinien Naji al-Ali, son personnage demeure le symbole de l’exil, de la souffrance et de la résistance du peuple palestinien. Né dans les camps de réfugiés, cet enfant aux pieds nus, tournant le dos au monde, incarne les générations déplacées et leur attachement indéfectible à la Palestine.

Dans une lettre depuis sa cellule de la prison française d’Osny, où il est détenu depuis 27 mois, le réfugié palestinien Ali se reconnaît dans le destin de Naji al-Ali : deux Palestiniens confrontés à la répression pour avoir porté une parole de vérité. En commémorant Naji al-Ali, Ali affirme que ni les barreaux ni la répression ne feront disparaître leur voix.

À la mémoire de Naji Al-Ali

57 ans après sa naissance, Handala, l’enfant aux pieds nus est toujours silencieux

Lettre d’Ali depuis sa cellule

Le 29 août 1987, Naji al-Ali nous quittait, et la voix du dessinateur palestinien était réduite au silence par une balle tirée depuis le canon de la trahison. Mais cette balle n’a jamais pu faire disparaître Handala.

Après la mort de son père, Handala est resté là, debout, les mains derrière le dos, tournant le dos au monde, refusant de se retourner, refusant de regarder ceux devenus insensibles aux souffrances de notre peuple.

Handala, ce petit garçon né des entrailles des camps de réfugiés palestiniens représente la douleur de l’exil d’un peuple chassé de ses terres par une occupation brutale.

Il représente ses générations successives de réfugiés déplacés et parqués dans des champs de tentes devenus forêts de béton aux lianes électriques.

Il représente notre boussole, pointant fermement vers la Palestine. Il incarne notre résistance pour la restitution de nos droits et jusqu’à ce que nous puissions vivre libre, comme n’importe quel autre peuple sur cette terre.

39 ans après la disparition de Naji al-Ali, un réfugié palestinien, père de famille à qui l’étreinte de ses enfants lui manque comme l’odeur de sa terre mêlée à celle du pain de sa mère, croupit dans sa cellule de la prison française d’Osny depuis 27 mois. Sa voix n’est pas entendue, étouffée par les murs et les barreaux, bâillonnée par la violence d’une répression injuste.

Alors il choisit le silence face à un juge qui refuse d’écouter. Son silence n’est pas de la peur : c’est le silence d’Handala lui-même, un refus de participer à un jeu où la justice est absente.

Naji al-Ali a été tué parce qu’il dessinait la vérité. Aujourd’hui, je suis emprisonné accusé, par ceux la même qui ont assassiné la vérité, de l’avoir exprimée.

Tous deux sommes Palestiniens. Tous deux avons payé un lourd tribut. Tous deux avons affronté une machine meurtrière, infatigable et brutale.

En ce jour où nous commémorons la mémoire de Naji al-Ali, nous le disons : la voix d’Handala n’est pas morte. Et ma voix ne mourra pas. La justice finira par triompher.

Que Dieu fasse miséricorde à Naji al-Ali, père d’Handala, et à tous les martyrs éternels de notre peuple bien aimé.

Votre frère Ali, prisonnier palestinien sur les terres françaises.

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