Depuis début octobre 2026, les mobilisations de la jeunesse font l’objet d’une répression policière d’une ampleur exceptionnelle. Le 7 octobre, le ministre de l’Intérieur annonçait un total cumulé de 6 629 interpellations depuis le début du mouvement, tandis que 215 élèves et 89 personnels de l’Éducation nationale avaient été blessés selon le bilan gouvernemental. Le 8 octobre, 504 nouvelles interpellations ont été recensées. Le dernier bilan judiciaire détaillé, arrêté au 5 octobre, faisait état de 5 060 gardes à vue, dont 4 406 mineurs, soit 87 %. Ces chiffres illustrent l’ampleur de la réponse policière et la place centrale des mineurs dans cette répression.
Ces chiffres soulignent le franchissement d’un seuil par rapport aux précédents mouvements sociaux. Lors de la mobilisation contre la loi Travail en 2016, 890 gardes à vue avaient été recensées sur plusieurs mois ; pendant le mouvement anti-CPE de 2006, moins de 2 000 ; et lors des révoltes urbaines de 2005, environ 4 500, dont 950 mineurs, sur un mois. Pendant la crise des Gilets jaunes, 6 730 gardes à vue avaient été comptabilisées entre l’automne 2018 et l’automne 2019. Ici, plus de 6 500 interpellations ont été enregistrées en moins de deux semaines, concernant très majoritairement des jeunes. La réponse pénale est également brutale : sur plus de 6 000 interpellations, environ 1 800 jeunes avaient fait l’objet de poursuites au moment du bilan du ministère de la Justice, tandis que près de 1 400 autres étaient concernés par des mesures alternatives aux poursuites.
Malgré cette stratégie d’intimidation, la contestation se poursuit et résiste. Le 7 octobre, entre 450 000 selon les organisations mobilisées avaient manifesté dans le pays. Le lendemain, des dizaines de milliers de personnes ont encore défilé. La mobilisation s’élargit ainsi au-delà des seuls lycéens. Loin de briser la mobilisation, celle-ci contribue à nourrir la colère et renforce la centralité de la lutte contre le répression.
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