Le tribunal régional de Flensbourg a rejeté l’application de l’article 129 du Code pénal allemand visant des militants du mouvement Letzte Generation (Dernière Génération), estimant que les éléments retenus par le parquet ne permettaient pas de qualifier leurs actions d’« organisation criminelle ». Les juges ont considéré que les blocages attribués au mouvement relevaient plutôt d’infractions telles que la coercition ou des dommages matériels, sans atteinte avérée à l’ordre public ni perturbation des services publics, et ont souligné leur dimension de participation au débat politique.
Malgré cette décision, d’autres procédures similaires restent ouvertes en Allemagne contre des militants du mouvement Letzte Generation, engagées dans différentes juridictions par plusieurs parquets sur la base de l’article 129 du Code pénal allemand. Il s’agit de dossiers distincts, mais relevant d’une même stratégie judiciaire visant à qualifier certaines actions de désobéissance civile comme relevant d’une « organisation criminelle ». Cette disposition, qui permet des pouvoirs étendus d’enquête et de surveillance et expose à de lourdes peines, est de plus en plus contestée lorsqu’elle est appliquée à des mobilisations liées au climat, tandis que d’autres décisions judiciaires sur des affaires similaires sont encore attendues dans plusieurs villes allemandes.