Dans le cadre de son plan de lutte contre le cyberharcèlement, la ministre fédérale belge du Numérique, Vanessa Matz, souhaite faire de l’application publique MyGov un point d’entrée unique pour orienter les victimes et réduire leur désarroi face aux démarches à entreprendre. Cet outil servirait également de « coffre-fort numérique de preuves », permettant de centraliser les captures d’écran et adresses IP nécessaires pour caractériser les infractions et faciliter les poursuites judiciaires.
Pour responsabiliser les internautes, ce plan interfédéral prévoit d’imposer une authentification des utilisateurs via des solutions sécurisées comme Itsme. Si le droit d’utiliser un pseudonyme public sera maintenu pour préserver la liberté d’expression au quotidien, cette mesure marque une levée de l’anonymat réel vis-à-vis des plateformes.
Cette réforme marque la fin de l’anonymat réel sur Internet, puisque les plateformes détiendront l’identité exacte liée à chaque pseudonyme. Cette évolution suscite de vives réserves chez les défenseurs des libertés numériques, qui pointent du doigt les risques liés à la sécurité et à la centralisation des données personnelles. Ils redoutent également un effet d’autocensure susceptible de dissuader les lanceurs d’alerte, les opposants politiques ou les victimes de s’exprimer librement en ligne.