Mercredi 19 août, Facebook a décidé de s’attaquer aux « mouvements et organisations liés à la violence » en supprimant des pages et comptes enregistrés sur son réseau. Le communiqué officiel expliquant leur décision stipule : « Aujourd’hui, nous prenons des mesures contre les pages Facebook, les groupes et les comptes Instagram liés à des groupes anarchistes hors ligne qui soutiennent des actes violents durant les manifestations, à des organisations de milices basées aux États-Unis et à QAnon. (…) En ce qui concerne les groupes de milices et ceux qui encouragent les émeutes, dont certains peuvent s’identifier comme Antifa, nous avons commencé par supprimer plus de 980 groupes, 520 pages et 160 publicités de Facebook. » Le communiqué précise par ailleurs : « Et tout acteur ou groupe non-étatique correspondant au critère d’individu ou organisation dangereux sera banni de notre plateforme. » Les pages des collectifs anarchistes crimethInc et itsgoingdown, par exemple, ont été supprimées, parmi d’autres.

CrimethInc.

Le Parlement turc a adopté, mercredi 29 juillet, une loi qui donne toute latitude aux autorités pour censurer les contenus en ligne. Elle contraint les plates-formes de réseaux sociaux de plus de 1 million d’abonnés, telles que Facebook, YouTube, Twitter et d’autres, à nommer des représentants en Turquie afin de répondre à des plaintes concernant leurs contenus dans les 48 heures, sous peine de poursuites. Les entreprises refusant de désigner leurs représentants seront soumises à des amendes, des interdictions d’afficher de la publicité et des réductions de bande passante susceptibles de rendre leurs réseaux inutilisables.

La législation exige aussi que les fournisseurs stockent les données de leurs utilisateurs en Turquie et, au besoin, les transmettent au gouvernement. L’article 9 du texte précise que la loi “est régie par le président”. Le même jour, la présidence turque a publié un décret qui interdit aux fonctionnaires de l’Etat d’utiliser des applications mobiles “d’origine étrangère”, invoquant des problèmes de sécurité.

Manifestation contre la censure d'internet en Turquie (archive)

Les manifestations de masse aux États-Unis ont propulsé l’application de messagerie sécurisée Signal parmi les applications les plus téléchargées du pays. Elle est à présent 8è au classement des apps les plus téléchargées dans la catégorie réseaux sociaux. Hier soir, Signal a déployé une mise à jour bien utile puisqu’il est désormais possible de flouter des visages dans une photo que l’on envoie : “Nous avons travaillé sur de nouvelles façons d’aider tous ceux et celles qui sont dans la rue pour le moment. Une chose est sûr, 2020 est une bonne année pour se couvrir le visage. La dernière version de Signal pour Android et iOS introduit une fonctionnalité de floutage dans son éditeur d’image.” En plus de cela, Signal distribuera de vrais masques gratuitement aux manifestant·e·s.

À partir d’aujourd’hui, notre ligne téléphonique de Legal Team, +32 456 20 06 42, sera ouverte de façon permanente (pour Bruxelles et la Belgique). Vous pouvez donc nous y contacter si vous faites face à la répression. Merci de toujours privilégier les messages écrits Signal. Vous pouvez également envoyer des messages via Whatsapp, Telegram ou SMS. Vous pouvez également appeler (via Signal, Whatsapp ou téléphone) s’il n’est pas possible d’envoyer un message. Toutes les infos sur la permanence légal-team se trouvent sur cette page.

Mise à jour du site

Notre site souffrait de lenteurs et d’indisponibilités réccurentes depuis plusieurs mois maintenant. Suite aux travaux de la nuit dernière, il ne devrait à terme plus y avoir de problèmes de performances. Des bugs peuvent encore se produire, principalement : le site peut être indisponible ou le certificat https/ssl (qui assure le chiffrement de la connexion entre vous et notre site) peut apparaître comme périmé. Ces problèmes sont dûs à la propagation DNS (c’est à dire, une période de 24h durant lesquelles certains serveurs ne sont pas au courant que le domaine “secoursrouge.org” mène désormais vers l’adresse d’un nouveau serveur).

Si vous rencontrez toujours des problèmes le 21 mai, vous pouvez tenter de nettoyer votre navigateur, pour le forcer à télécharger le site depuis son nouvel emplacement. Mais si vous arrivez à lire cet article depuis notre site vous n’êtes pas concerné-es.

Lancement de l’Agenda Zone Midi

Le site de notre local, le Sacco-Vanzetti, est actuellement remplacé par un agenda qui sera commun avec d’autres lieux du sud de Bruxelles (principalement Saint-Gilles, Anderlecht et Forest). Ce nouveau site peut être visité à l’adresse zonemidi.org. L’adresse saccovanzetti.space redirigera bientôt vers la page dédiée sur l’Agenda Zone Midi, c’est à dire zonemidi.org/sacco-vanzetti/

 

Le projet de loi EARN IT (Eliminating Abusive and Rampant Neglect of Interactive Technologies – Loi sur l’élimination des négligences abusives et rampantes des technologies interactives) est un projet de loi déposé en mars qui vise à réduire les protections légales des applications et des sites Web dont le but déclaré est d’éradiquer l’exploitation des enfants en ligne. Si les entreprises ne respectent pas ces règles, elles pourraient perdre une certaine protection en vertu de l’article 230 de la Communications Decency Act, qui protège les entreprises de toute responsabilité vis-à-vis des publications des utilisateurs. Plusieurs organisations et législateurs s’opposent à cette nouvelle loi. De son côté, Signal a averti mercredi 8 avril qu’une éventuelle adoption de cette loi saperait le chiffrement de bout en bout. Dans un billet sur son blog, Signal a déclaré qu’en cas d’adoption du projet de loi, l’application serait dans l’obligation de quitter le marché américain. En plus de l’ensemble de personne qui, à travers le monde, utilisent Signal, cette application est recommandé par l’armée américain et est également utilisé par des sénateurs américains ainsi que des membres de la Commission Européenne.

Signal

Signal

Le 31 mars, en plein confinement, Proximus dont l’État belge est le principal actionnaire, annonce le déploiement d’une 5G light sur des fréquences inutilisées de la 3G, dans 30 communes belges. Cela alors que les enchères pour la 5G n’ont pas encore été ouvertes en Belgique, que les normes diffèrent selon les régions, et que le débat sur les conséquences de la 5G en terme de santé publique est loin d’être fini. Une internaute bruxelloise lance une pétition en ligne qu’elle adresse au gouvernement belge et intitule « Pas de 5G ». Le soir-même, 30.000 personnes l’ont signée. Dix jours plus tard, 105.000 signatures sont recueillies. Mais le 10 avril au matin, ceux qui veulent trouver la pétition se voient dire que la page est introuvable. En réalité, la pétition (dont le texte est encore accessible ici via le cache de Google) a été supprimée parce  « qu’une partie du contenu de votre pétition enfreint le règlement de la communauté ».

Cet épisode met une nouvelle fois en lumière la fragilité des initiatives politiques face aux grandes plateformes Internet – à l’image de Change.org qui, malgré sa mission de « donner à toute personne le pouvoir de créer le changement qu’elle souhaite voir », est avant tout une entreprise commerciale. La plateforme californienne revendique à ce jour 359.920.771 utilisateurs dans 196 pays. Parmi ses sources de profit: la revente des adresses mail des signataires de pétitions et leur profilage en fonction de leurs opinions politiques. Oxfam a reconnu acheter de telles données à Change.org (pour relancer les signataires avec des demandes d’argent). Change peut vendre (ou à déjà vendu) les listes de signataires à des sociétés de publicité au service d’entreprises dénoncées par les pétitions pour définir et affiner des opérations de relations publiques annulant l’effet des dénonciations… Change peut les vendre aussi au au “destinataire de la pétition”. Le règlement européen sur la protection des données entrera en vigueur à la fin du mois de mai 2018 entravera cette politique (un onglet devrait permettre d’activer/désactiver l’autorisation d’utilisation des données) sans la supprimer tout à fait.

Capture d'écran de change

L’ONG Access Now, qui défend un accès libre au Web, vient de publier son rapport pour 2019, qui met en avant les nouvelles modalités de coupure de l’accès à internet par certains gouvernements. De nombreux gouvernements ont pris l’habitude de fermer de plus en plus internet, souvent pour étouffer la dissidence politique et presque toujours en période de contestation sociale ou d’élections. L’ONG a compté un nombre record de 213 coupures brutales en 2019 (75 en 2016, 196 en 2018). Cette méthode est devenue récurrente dès lors que les gouvernements veulent véritablement isoler des régions entières, ainsi la décision prise par le premier ministre indien le 5 août 2019 de couper l’accès au web dans les régions à tendance séparatiste du Jammu et du Cachemire. Le rapport décortique les justifications apportées par les gouvernements pour étayer leur politique répressive. Là, on observe que la lutte contre les “fausses nouvelles” et les “discours haineux” sont utilisées comme des excuses pour consolider la censure et les coupures massives.  On peut demander une copie du rapport 2019 d’Access en écrivant à l’adresse : melody@accessnow.org

Les coupures du net en 2019

La justification des coupures du net

 

La Russie doit tirer le bilan lundi du test des équipements devant lui permettre d’isoler son internet des serveurs mondiaux et dont le but officiel est de garantir son fonctionnement même en cas de cyberguerre mondiale. Ces essais interviennent dans le cadre d’une loi controversée, dénoncée comme instaurant des dispositifs de censure, entrée en vigueur début novembre (voir notre article). Il s’agit notamment de tester, dans des zones spécialisés, les mécanismes de réaction à des “menaces” au fonctionnement stable et sécurisé de l’internet en Russie, selon le ministère russe des Communications. Des tests ont déjà eu lieu à divers niveaux depuis près de deux semaines.

Concrètement, le trafic internet sera réorganisé de manière à réduire la quantité de données transmises via l’étranger. A cette fin, les fournisseurs d’accès devront installer d’ici 2021, l’année des prochaines législatives en Russie, sur leurs réseaux une infrastructure spéciale fournie par les autorités mais dont la nature n’a pas été révélée. Cette technologie permettra au gendarme russe des télécoms, Roskomnadzor, d’effectuer au besoin une “inspection profonde de paquets” (DPI), soit une analyse de tout le trafic qui transite par les serveurs russes et de rediriger ce flux vers des sites ou des services spécifiques. Roskomnadzor aura également la possibilité de faire basculer le trafic national sous son “contrôle centralisé” en cas de “menace à son intégrité”. Concrètement, il pourra bloquer tout site ou contenu directement, une tâche qui incombe actuellement aux opérateurs avec des succès variables.

Manifestation d'opposition à la loi