Secours Rouge

Abattre le capitalisme, construire la solidarité.

Suite à une série de scandales de communication, Google a déployé à la fin du mois d’avril et au début du mois de mai un nouvel algorithme sur son moteur de recherche. Le but de cet algorithme est de favoriser les “contenus faisant autorité” et de défavoriser les “contenus offensants“, voir les “fake news” et les théories du complot. Le site d’informations trotskiste WSWS (World Socialist Web Site) a dès la fin du mois de juillet fait état d’une perte de 70% de ces visites (passant d’une moyenne de 500.000 visites quotidiennes à une moyenne de 120.000 visites mensuelles), et fait état d’une perte allant de 20% à 70% pour la plupart des sites web d’infos anglophones de gauche, dont le site personnel de Richard Stallman, le site du projet GNU, Wikileaks, Democracy Now, The Intercept,… Le nouvel algorithme de Google est donc qualifié de censure puisqu’il pénalise les sites d’informations dont l’avis se distingue des informations “faisant autorité”, donc de la presse bourgeoise mainstream.

Les visites sur le site du Secours Rouge ont baissé d’un taux allant de 20% à 40% (selon qu’on se rapporte à la même période il y a un an ou aux trois mois précédents, et qu’on exclut ou non les périodes d’affluence exceptionnelle), alors même que notre présence sur les réseaux sociaux a proportionnellement beaucoup augmenté ces derniers mois. De façon général le problème semble affecter énormément de sites de gauche, indépendamment de leurs éventuelles stratégies d’optimisation de moteurs de recherche (SEO). Notre site est probablement légèrement épargné par le mouvement de Google puisque la plupart de nos visites ne proviennent pas des moteurs de recherches mais des réseaux sociaux. Mais sur Facebook aussi, la censure vise les pages de gauche. En témoigne la censure il y a quelques jours d’une page à laquelle nous participons.

Des moteurs de recherche comme Qwant respectent la vie privée de leurs utilisateurs et n’influencent pas les résultats de recherche.

La chute vertigineuse de WSWS.

La chute vertigineuse de WSWS.

La Direction du Renseignement de la Préfecture de Police (DRPP) a acheté un nouveau IMSI Catcher pour 15.000€. Un IMSI Catcher est un dispositif qui imite une antenne relai de téléphonie mobile afin d’identifier tous les numéros de téléphone qui se trouvent à proximité. Un cas classique d’utilisation est donc de lister des personnes se trouvant dans ou aux alentours d’une manifestation. Les engins peuvent être dissimulés dans un véhicule, dans un sac à dos ou même dans des vêtements. Certains modèles peuvent aller jusqu’à intercepter des conversations. La DRPP a donc cherché à acquérir l’un de ces dispositifs tout en se tournant vers un nouveau fournisseur. C’est cette nouvelle source d’approvisionnement qui explique que personne à la DRPP ne soit actuellement capable de faire fonctionner l’engin, des fonctionnaires volontaires pourraient néanmoins recevoir une formation en septembre ou en octobre prochain.

Une application Android existe pour tenter de se prémunir de ces engins et de détecter leur présence. Voir pour cela l’article que nous avions rédigé en avril 2015.

Fonctionnement d’un IMSI Catcher

Deux comptes Facebook liés à la page “Soutien au Bataillon International de Libération au Rojava” ont été momentanément suspendus ainsi que la page elle-même. Facebook a conditionné la remise en ligne des comptes et de la page à la suppression de deux contenus jugés comme “non-respectueux des standards de la communauté”. Les deux contenus:

– une photo et un extrait traduit de la fondation de la TQILA (L’Armée de Libération et d’Insurrection Queer), un sous-groupe de l’IRPGF (Forces de Guérilla Populaires Révolutionnaires Internationales), une composante anarchiste de l’IFB (Bataillon International de Libération).
– une vidéo “Soutien au Bataillon International de Libération au Rojava”. Cette vidéo avait déjà été brièvement censurée par Youtube en mai dernier, mais avait été rapidement remise en ligne après avoir fait appel.

Aucune de ces deux publications (ni aucune publication de la page en général) ne contient de contenu ‘graphique’ pouvant heurter la sensibilité de qui que ce soit. Le Bataillon International de Libération ainsi que ses composantes (MLKP, TKPML, BÖG, IRPGF,…), le Tabûra Enternasyonal (anciennement appelé Antifa Tabur) sont en ce moment même au front à Raqqah, pour déloger l’Etat Islamique de la ville qui fût sa capitale. L’ensemble des Forces Démocratiques Syriennes (QSD) lutte contre l’Etat Islamique et garantit à la ville une autonomie administrative du reste de la Fédération du Nord de la Syrie (Rojava) afin de ne pas lui imposer une énième occupation militaire. Ce n’est pas la première fois que Facebook censure du contenu lié à la résistance contre l’Etat Islamique, contre les groupes rebelles islamistes et contre les puissances impérialistes et réactionnaires en Syrie.

Censure de la page de Soutien au Bataillon International de Libération au Rojava


Facebook censure la page de Soutien au Bataillon International

Censure de la page de Soutien au Bataillon International de Libération au Rojava
Facebook censure la page de Soutien au Bataillon International

Nous recommandons régulièrement l’utilisation de l’application Signal et la considérons comme une alternative viable à PGP depuis qu’elle supporte l’envoi de pièces-jointes pesant jusqu’à 100Mo. Mais il est toujours compliqué d’envoyer des pièces-jointes plus lourdes. Mozilla, qui développe le célèbre navigateur Firefox et le client de messagerie Thunderbird vient de lancer Send, un projet expérimental qui ressemble fort à WeTransfer: il permet d’envoyer des pièces-jointes pesant jusqu’à 1Go, les liens expirent automatiquement après 24h ou après le premier téléchargement.

Mozilla Send

Mozilla Send

L’éditeur de logiciels Adobe a finalement posé une date pour la fin définitive du Flash Player. Ce logiciel existe depuis 1996 et est connu pour comporter énormément de failles de sécurité informatique. Ces failles ont longtemps servi les hackers, mais aussi les polices et gouvernements qui les utilisaient à des fins d’espionnage. Adobe Flash Player rejoindra d’autres véritables dangers publics d’internet récemment discontinués, comme Internet Explorer (remplacé par Microsoft Edge en janvier 2015). Les failles (mais aussi la lourdeur et la forte demande en ressources matérielles) avaient poussé de nombreux systèmes à limiter ou retirer le support de Flash: Apple OSx et iOS, Google Chrome, Mozilla Firefox,… pour le remplacer par des solutions HTML5. Le développement et la distribution du Flash Player seront complètement arrêtés dans l’année 2020.

Le site ‘Occupy Flash’ promeut l’abandon d’Adobe Flash.

Le site 'Occupy Flash' promeut l'abandon d'Adobe Flash.

Dans un précédent article, nous expliquions comment le gouvernement indonésien faisait pression contre Télégram pour les forcer à censurer les channels “hébergeant du contenu terroriste”. L’Indonésie avait bloqué la version web de l’application, comme un ultimatum avant le blocage de l’app mobile. Télégram à annoncé ce dimanche qu’il mettait une équipe spéciale en place, ayant la “connaissance de la culture et de la langue indonésienne” afin de “lutter contre le terrorisme”.

C’est pour nous l’occasion de recommander une fois de plus l’utilisation de l’application Signal à la place de toute autre application prétendant protéger la vie privée de ses utilisateurs. Les groupes Signal ne sont pas encore aussi ergonomiques que les channels Télégram, mais il est impossible de par leur structure de connaître leur existence, leur contenu, leurs intervenants, de les censurer,… En acceptant de coopérer, Télégram accepte de rechercher activement le contenu “illégal” et envoie le message qu’il est possible d’interférer dans une application qui utilise un modèle cryptographique fort. Dans les faits : une application comme Signal est incapable de censurer/fournir du contenu ou de dénoncer des utilisateurs. Elle n’a elle même aucune connaissance du contenu ou des utilisateurs.

Utilisez Signal.

Partage de pièces-jointes sur Signal.

Les 11 adresses permettant d’accéder aux versions web de l’application de messagerie Telegram ont été bloquées en Indonésie, une menace brandie par le Ministère des Communications et Technologies de l’Information qui annonce une mesure d’interdiction totale de l’application (mobile cette fois) si Telegram ne “cesse pas d’être un forum pour la propagande radicale et les militants violents”. La mesure est censée permettre à l’état indonésien de lutter contre Daesh, mais des millions d’Indonésiens n’ont plus accès à l’application web dans l’un des pays où elle est le plus utilisé.

Telegram

Telegram

L’Australie compte obliger les groupes comme Facebook ou WhatsApp à donner à la police, dans le cadre d’enquêtes criminelles et terroristes, les messages cryptés de suspects, selon un projet de loi dévoilé ce vendredi. WhatsApp, détenu par Facebook, et Skype, qui utilisent le cryptage de données pour garantir à leurs utilisateurs la confidentialité des échanges, refusent de se plier aux lois qui imposent dans certains pays aux opérateurs traditionnels de télécommunication (fournisseurs d’accès à internet, opérateurs mobiles et fixe) de fournir leurs données aux gouvernements qui le leur demandent.

En Australie, les services d’enquête peuvent actuellement adresser des réquisitions aux opérateurs mobiles. Le projet de loi donnerait aux autorités australiennes des pouvoirs coercitifs pour contraindre “en dernier ressort” les entreprises si elles ne coopèrent pas volontairement. Facebook a rétorqué qu’il disposait déjà d’un mécanisme d’aide aux enquêteurs australiens. Des messageries comme Signal sont au-delà de ce débat puisque les protocoles de cryptages sont tels que Signal elle-même ne peut décrypter les messages qu’elle véhicule.

.

.

Une nouvelle brochure sur l’usage de la photo en manif vient de voir le jour, elle est inspirée de la nôtre et de celle de Paris-Lutte.info. Pour consulter la brochure, rendez-vous sur Indymedia.

Contenu:
1. POURQUOI CETTE BROCHURE
2. CONSTATS
– La prise d’images répressive et irresponsable
– L’utilité de nos images
– L’action ou la constitution d’images
3. PROPOSITIONS
– Lors d’activités “banales”
– Lors de manifestations et/ou d’actions
– Lors de l’utilisation des images
4. OUTILS
5. CONCLUSION

Brochure sur la prise d’images

Brochure sur la prise d’images

Trois spécialistes de la data de Cardiff parviennent à prédire une manifestation seulement en collectant des données sur Twitter. Alors que les réseaux sociaux sont notoirement surveillés par les forces de l’ordre lors de certains grands rassemblements, les chercheurs ont voulu montrer que la police pourrait en faire un usage plus complet encore. En récoltant et analysant plus de 1,6 millions de tweets datant des protestations liées aux grandes manifestations londoniennes de 2011, les universitaires ont construit des modèles de prédiction des manifestations urbaines.

À travers des mots-clés, une surveillance de l’activité et des localisations, le programme de Cardiff serait en mesure de voir les débordements d’une mobilisation des heures avant la police. Une vitre brisée se retrouve d’abord sur Twitter avant d’être centralisée comme une information par les forces de l’ordre, soulignent-t-ils. Le système va par ailleurs encore plus loin puisqu’il tente également de localiser les rassemblements non déclarés avant qu’ils ne débutent. En se plongeant dans les rumeurs qui peuvent circuler sur Twitter et en les évaluant, le programme propose des localisations vraisemblables pour une manifestation à venir. Les trois spécialistes sont parvenus à deux reprises, jusqu’à une heure avant les forces de l’ordre, à déterminer l’emplacement et la tenue de deux manifestations.

.

.