Les forces islamistes en Syrie se divisent en trois forces : primo le Daech (État islamique) qui n’a plus de territoire mais une solide organisation clandestine, secundo les supplétifs de l’armée turque baptisés Armée nationale syrienne (ANS) qui occupent depuis 2018-19 deux territoires conquis aux kurdes (Afrin et Serekanie), et un territoire conquis au Daech (al-Bab); tertio les forces rassemblées par Hayat Tahrir al-Sham (anciennement al-Nosra, la branche syrienne d’Al-Qaïda) et qui tiennent la région d’Idlib, adossée à la Turquie, dans le nord ouest syrien. Ce sont ces forces qui viennent de passer à l’offensive.

L’offensive n’est sans doute pas commanditée par la Turquie, mais elle ne pourrait se faire sans qu’elle la tolère : la région d’Idlib est entièrement dépendante des approvisionnements venant de Turquie. L’offensive est un succès : ont été pris une grande partie de la ville d’Alep, la seconde ville du pays, qui avait été reprise en 2016 par le régime après des années de combats acharnés, 50 villages et plusieurs bases militaires. L’offensive se prolonge vers le sud, vers la ville d’Hama. Les combats sont limités : les troupes du régime se débandent.

Les forces du Rojava démocratique, à l’ouest de l’Euphrate, sont divisées en trois territoires : primo la région de Manbij, à l’est d’Alep, qui est adossée au reste du Rojava, secundo les quartiers kurdes d’Alep (qui jusqu’à présent ne sont pas touchés par les combats) et tertio le territoire de Sheba/Tell Rifaat, au nord d’Alep, – ces deux territoires n’étaient reliés à Manbij, et donc au reste du Rojava, que par des routes contrôlées (et parfois fermées) par le régime.

La volatilisation des forces du régime ont permis aux YPG et YPJ d’Alep et de Sheba/Tall Rifaat d’occuper plusieurs positions pour établir des corridors unissant toutes les zones kurdes non-occupées. Les YPG-YPJ ont reçu pour cela d’importants renforts des Forces Démocratiques Syriennes. Ces forces n’ont pas eu à livrer combat jusqu’à présent, mais les Turcs effectuent des bombardements et l’ANS a effectué une progression à partir d’al-Bab qui pourrait menacer le corridor. Les questions qui se posent sont : jusqu’à quel point le régime est en crise? Et quelle sera l’attitude de la Turquie ? (une offensive contre les territoires kurdes non-occupés à l’ouest de l’Euphrate est-elle envisagée?).

Edit 16H30: Les combats entre les SDF et les islamistes ont commencé. Le corridor entre les quartiers kurdes d’Alep et Sheba/Tall Rifaat est établi, le corridor en direction de Manbij est coupé par l’offensive de l’ANS qui a progressé vers le sud. L’ANS a lancée une attaque en direction de la ville de Tall Rifaat avec des blindés fournis par la Turquie.
Edit 21H30: La situation se dégrade, le deuxième corridor est à son tour coupé: les quartiers kurdes d’Alep sont à nouveau isolés.

Avec le soutien de la CGT et de plusieurs organisations, un meeting de soutien aux prisonniers politiques sahraouis et à la décolonisation du Sahara Occidental est organisé ce vendredi 22 novembre dès 19H à la Bourse du Travail de Toulouse. Il aura lieu en présence de Claude Mangin, militante des droits humains et  femme de prisonnier politique sahraoui, mais aussi Mokhtar Sidi, président de l’association des Sahraoui-es de Toulouse, et Nayem Uld Enna, président de l’association des Sahraoui-es de Montauban avec les familles de la diaspora.

Deux prisonniers palestiniens sont morts les 14 et 15 novembre dans les prisons israéliennes. Samih Suleiman Muhammad Aliwi, 61 ans, et d’Anwar Shaaban Muhammad Aslim, 44 ans, avaient été soumis aux abus systématiques pratiqués depuis longtemps dans les prisons israëliennes, notamment la torture, la négligence médicale et la sous-alimentation. L’avocat d’Aliwi a témoigné que les soins de celui-ci lui avaient été refusés, qu’il avait subi des agressions et humiliations, et qu’il avait perdu 40 kg lors de leur dernière entrevue.

D’autre part, les conditions du décès, en avril dernier, d’Adnan al-Bursh (à gauche sur la photo), célèbre chirurgien de l’hôpital Al-Shifa à Gaza, ont été documentées. Le médecin informait, depuis le début du génocide, les blessures terribles qu’il était amené à soigner ainsi que les conditions toujours plus difficiles dans lesquelles il devait travailler. Il a également exposé le siège brutal qu’a subi son hôpital en novembre 2023, et son évacuation forcée. Il a ensuite rejoint un autre hôpital et continué de dénoncer les attaques d’Israël à l’égard du système de santé palestinien. Il est arrêté par l’armée israélienne lors du siège de l’hôpital Al-Awda, le 5 décembre 2024. Il est amené au camp d’emprisonnement et de torture de la base militaire Sde Teiman, puis transféré aux autorités pénitentiaires israéliennes. À la mi-avril 2024, le Dr Adnan Al-Bursh est arrivé à la section 23 de la prison d’Ofer, près de Jérusalem. Il a présentait des blessures sur tout le corps. Il était nu dans la partie inférieure de son corps. Les gardiens de prison l’ont jeté au milieu de la cour et l’ont laissé là. Le Dr Adnan Al-Bursh était incapable de se lever. L’un des prisonniers l’a aidé et l’a accompagné dans l’une des cellules. Quelques minutes plus tard, le Dr Adnan Al-Bursh était mort.

La prisonnière politique kurde iranienne Warisha Moradi a été condamnée à mort par la 15e chambre du tribunal révolutionnaire islamique de Téhéran pour « trahison ». Ses avocats ont été informés dimanche de la condamnation à mort prononcée contre sa cliente. Les audiences du procès ont eu lieu les 16 juin et 5 octobre 2024. Le président le tribunal, n’a pas permis à Moradi de se défendre pendant les audiences. Il n’a même pas permis à ses avocats de la défendre. De plus, les avocats, qui s’étaient vu refuser le droit d’examiner l’affaire, n’ont pu examiner le dossier de leur cliente que quelques heures après la fin de la deuxième audience.

Warisha Moradi, également connue sous le nom de Ciwana Sine, a été arrêtée le 1er août 2023 lors d’un contrôle de police près de sa ville natale de Sine (Sanandaj) et a d’abord été victime d’une disparition forcée. Elle a été torturée et interrogée par les services secrets iraniens à Sine pendant des semaines après son arrestation. Elle a ensuite été transferée à Téhéran fin août 2011 dans le tristement célèbre quartier de haute sécurité 209 de la prison d’Evin. Moradi est membre de la Communauté des Femmes Libres du Rojhilat » (KJAR), que le pouvoir iranien considère comme une « organisation terroriste séparatiste » car faisant partie du Parti pour une Vie Libre au Kurdistan (PJAK).

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Le parlement israélien a approuvé, ce jeudi, en deuxième et troisième lectures, une loi autorisant l’imposition de peines d’emprisonnement aux enfants palestiniens de moins de 14 ans. Sur les 120 députés de la Knesset, 55 ont voté en faveur de cette mesure, alors que 33 députés s’y sont opposés Cette loi prévoit ‘’l’adoption d’une disposition temporaire pour une période de 5 ans, permettant à un tribunal d’émettre un ordre de détention pour un mineur (palestinien) de moins de 14 ans, dans une résidence sécurisée, s’il est reconnu coupable d’un meurtre qualifié d’acte terroriste ou faisant partie d’une activité terroriste, avant de continuer à purger sa peine en prison dès l’âge de 14 ans (…) Le ministre de la Justice pourra prolonger la durée de cette disposition temporaire pour des périodes n’excédant pas deux ans, avec l’approbation du ministre de la Protection sociale et de la Commission de la Constitution, du Droit et de la Justice du parlement’’, précise le communiqué. Plus de 270 enfants palestiniens ont été écroués par Israël en violation des résolutions des Nations unies et des conventions internationales.

 

Samedi 2 novembre, une étudiante iranienne a été arrêtée après s’être dévêtue en public, la jeune femme s’est déshabillée en signe de protestation après avoir été harcelée par des agents de l’université estimant qu’elle ne respectait pas le strict code vestimentaire islamique obligatoire. Lors de son arrestation, elle a été violemment embarquée dans une voiture par les forces de sécurité. Les inquiétudes et interrogations s’accroissent concernant son arrestation devant l’université Azad de Téhéran, elle pourrait avoir subi un possible transfert dans un hôpital psychiatrique.

EDIT:  Mardi 19 novembre, la justice iranienne n’a engagé aucune poursuite judiciaire contre l’étudiante arrêtée à Téhéran après s’être déshabillée en public. Ahou Daryaei a finalement été remise à sa famille mardi.

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M. Abdelmoumni, 66 ans, a été interpellé mercredi puis placé en garde à vue le jeudi 31 octobre, il fait l’objet d’une enquête pour « diffusion de fausses informations ». Ce militant, voix critique des autorités marocaines et membre de la Fédération de la gauche démocratique, comparaîtra vendredi devant le procureur du roi près le tribunal de première instance de Casablanca. La diffusion de fausses informations qui lui est reprochée serait liée à une publication dans laquelle M. Abdelmoumni évoque « l’implication du Maroc dans l’espionnage de la France » à travers le logiciel espion israélien Pegasus. En 2021, le Maroc avait été accusé d’avoir utilisé Pegasus pour infiltrer les téléphones de plusieurs personnalités publiques nationales et étrangères, dont M. Macron.( voir article ici )

Edit: L’activiste a été présenté devant le procureur et mis en examen pour plusieurs chefs d’accusations, dont « diffusion d’allégations mensongères » et « outrage à une décision de justice ». Il a été  remis en liberté provisoire vendredi 1er novembre, mais reste poursuivi par la justice.

Entre du 22 septembre et 21 octobre, l’intensification des exécutions des prisonniers a atteint le nombre de 150. La majorité des prisonniers exécutés sont des Kurdes, des Baloutches, des Arabes et des Afghans vivant en Iran. Actuellement des centaines de prisonniers sont en grève de la faim pour protester contre la peine de mort et exiger la fin des exécutions ( voir article ici ). Au cours de la 39e semaine de la campagne « Non aux mardis des exécutions », les prisonniers de 23 prisons d’Iran ont publié une déclaration, portant à l’attention du monde entier les voix des protestations des prisonniers politiques contre l’augmentation continue des exécutions.

Le leader palestinien de premier plan Marwan Barghouti, qui purge une peine de réclusion à perpétuité depuis son arrestation en 2002 pour des charges de « direction de groupes armés ayant tué et blessé des Israéliens » pendant la deuxième intifada palestinienne, a été blessé lors d’une « agression brutale » à la prison de Megiddo. Le prisonnier souffre de blessures après l’attaque survenue dans sa cellule d’isolement le 9 septembre. Selon son avocat, Les autorités pénitentiaires israéliennes isolent des dizaines de détenus de haut rang dans des conditions difficiles et tragiques, elles les soumettent à des agressions brutales répétées à l’intérieur de leurs cellules.

Un capitaine et trois sous-officiers israéliens ont été tués aujourd’hui par les défenseurs de Gaza, tandis que l’armée israélienne tuait 90 nouveaux civils dont 20 enfants. Selon le ministère israélien de la Défense, depuis le 7 octobre 2023, 366 soldats ont été tués dans les combats à Gaza. Il faut ajouter à ce nombre ceux qui ont été tués aux Liban et dans les autres parties de la Palestine. Pour la première fois le nombre total des militaires blessé a été révélé: environ 12 000 soldats israéliens ont été blessés. Le nombre de patients dans les services de rééducation a augmenté d’environ 20%. Selon le département de rééducation, 500 thérapeutes ont été recrutés et que dix centres de rééducation ainsi que trois structures d’hébergement ont été ouverts à travers le pays.

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