Suite du feuilleton de cet été sur le site du Secours rouge, qui passe en revue quelques grands éléments de la culture politique anti-répression : causes célèbres, symboles connus, mobilisations historiques, événements fondateurs. Serge Netchaev dirigeait une organisation secrète anarchiste est condamné le 8 janvier 1873 à la réclusion perpétuelle. Netchaev organisa un grandiose plan d’évasion qui échoua, provoquant l’arrestation et l’emprisonnement de la garnison de la prison pour complicité! Soumis dès lors à un régime carcéral abominable, Netchaev meurt de privations le 21 novembre 1882.

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Serge Netchaev

Serge Netchaev

Suite du feuilleton de l’été sur le site du Secours rouge, qui passe en revue quelques grands éléments de la culture politique anti-répression : causes célèbres, symboles connus, mobilisations historiques, événements fondateurs. Le 31 mai 1974 à la Grugahalle de Essen, a lieu un immense concert de solidarité avec le peuple chilien, 9 mois après le coup d’Etat du général Pinochet. Le concert est donné par quelques artistes allemands et par les plus célèbres musiciens du Chili qui avaient échappé aux militaires.

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Le 12 décembre 1969, à 16 h 37, une bombe éclate dans la Banque de l’Agriculture, piazza Fontana, dans le centre de Milan, faisant seize morts et une centaine de blessés. La responsabilité d’un réseau associant agents américaines, militants fascistes et services secrets italiens dans cet attentat-massacre ne fait plus guère de doute. Un membre de ce réseau a reconnu que l’attentat (qu’il fallait mettre sur le dos des anarchistes) visait à la proclamation de l’état d’urgence à l’image du coup d’état que l’OTAN avait organisé en Grèce deux ans avant. Plusieurs fascistes, un responsable des services secrets italiens et mêmes un officier américains ont été arrêtés, quinze ou vingt ans après les faits, mais ils ont tous échappé à la condamnation, soit en première instance, soit en appel, soit en fuyant en Amérique du sud.

L'attentat de la piazza fontana
L’attentat de la piazza fontana

En décembre 1969 donc, une campagne de presse assourdissante désigne les anarchistes comme responsables du massacre. 4.000 militants d’extrême-gauche sont arrêtés. Parmi eux, Giuseppe Pinelli. Né à Milan en 1928, dans le quartier populaire de la Porte du Tessin, il gagna sa vie comme garçon de cours puis comme magasinier. Autodidacte passionné il complétait les lacunes de son instruction par de nombreuses lectures et des travaux personnels.

Giuseppe Pinelli
Giuseppe Pinelli

Pendant les années de guerre, il est courrier de la « Brigade Bruzzi-Malatesta », qui comptait quelque 1.300 partisans anarchistes. Active à la fois à Milan et dans les vallées de Pavia et de Brescia, la Brigade a réalisés en 44-45 de nombreuses actions, dont certaines particulièrement audacieuses, ainsi la libération des antifascistes emprisonnés à la Villa Triste à Milan, un centre de torture de la Gestapo. C’est pendant cette période que Pinelli, âgé de 18 ans, devint anarchiste.
En 1954, il entre dans les chemins de fer italiens et se marie l’année suivante (deux enfants naîtront par la suite).
En 1963, tout en participant très activement aux travaux des Jeunes Libertaires, il assure les contacts avec les militants plus âgés. Étant un des rares représentants de la génération intermédiaire (35 ans) il assure ainsi avec succès la médiation entre les vieilles et les nouvelles générations du mouvement. En 1965, on le retrouve parmi les fondateurs du cercle « Sacco et Vanzetti », de la section milanaise du syndicat anarcho-syndicaliste U.S.I., et de la Croix-noire anarchiste.

Giuseppe Pinelli (à droite) au cercle anarchiste Ponte della Ghisolfa (Milan, 1968)
Giuseppe Pinelli (à droite) au cercle anarchiste Ponte della Ghisolfa (Milan, 1968)

Le 15 décembre 1969, Pinelli est dans les mains de l’équipe du commissaire Calabresi. Chef de la section responsable de la surveillance et des enquêtes sur la gauche extra-parlementaire à Milan en 1967, Calabresi était devenu commissaire principal chargé de diriger les services de police pour le maintien de l’ordre public pendant les affrontements des manifestations milanaises en 1968. Après l’attentat du 25 avril 1969 au stand Fiat de la Foire de Milan et la découverte de bombes encore intactes à la gare centrale de Milan, Calabresi désigna sans preuve les anarchistes comme responsables. Il fit emprisonner pendant plusieurs mois une quinzaine de personnes de la gauche extra-parlementaire qui durent être libérées pour manque de preuves et qui portèrent plainte auprès du tribunal de La Haye pour les traitements reçus.

Calabresi (à droite) arrêtant un manifestant à Milan en 1968
Calabresi (à droite) arrêtant un manifestant à Milan en 1968

Le 15 décembre 1969, alors qu’il était interrogé au siège de la police milanaise dans le bureau de Calabresi par un autre policier, Pinelli tombe de la fenêtre qui se trouvait au quatrième étage et meurt. Lors de la conférence de presse à laquelle assistait Calabresi, le policier déclara que Pinelli avait voulu se suicider, parce qu’il était impliqué dans les attentats, version déclarée fausse ultérieurement en raison de la solidité de l’alibi de Pinelli. Calabresi fut aussitôt désigné comme l’assassin de Pinelli, mais la justice italienne blanchira naturellement le commissaire.
Malgré le climat d’intimidation policière (la police et la presse le présentaient comme le coupable de l’attentat-massacre), un cortège de 3.000 personnes, précédé par les drapeaux noirs, suivit ses funérailles.

Les funérailles de Pinelli
Les funérailles de Pinelli

Le 17 mai 1972, Calabresi fut abattu par deux hommes, de deux balles dans la tête et dans le dos, devant son domicile à Milan. Le 18 mai, le journal de Lotta Continua titra: « Calabresi tué, le principal responsable de l’assassinat de Pinelli » et, dans l’article qui suivit, le journal décrivit l’exécution comme « un acte dans lequel les exploités reconnaissent leur propre désir de justice ». L’enquête piétina jusqu’en 1988, lorsqu’un repenti de Lotta Continua, Leonardo Marino, avoua avoir été le chauffeur du commando et dénonça trois de ses anciens camarades: Adriano Sofri et Giorgio Pietrostefani, dirigeants de la Lotta Continua, et Ovidio Bompressi. Le délateur ne fut condamné à une peine réduite, alors que les trois autres furent condamnés à vingt-deux ans de prison.

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La mort de Pinelli a eu un impact énorme sur la gauche révolutionnaire en Italie. Deux chansons consacrée à l’événement sont devenues populaire et Dario Fo, membre à l’époque du Secours rouge italien, lui consacra une pièce: Mort accidentelle d’un anarchiste.

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Le feuilleton de l’été sur le site du Secours rouge passera en revue, pour la troisième année de suite, quelques grands éléments de la culture politique anti-répression : causes célèbres, symboles connus, mobilisations historiques, événements fondateurs. En 1869, l’agence de police privée Pinkerton emploie 10.000 agents et fait régner la loi dans un Far West où la police n’existe pratiquement pas. Dès 1877, elle se met au service du patronat pour briser par tous les moyens le mouvement syndical naissant dans tout le pays, mais elle connaîtra une défaite honteuse en 1892, dans la bataille de Homestead.

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Suite et fin du feuilleton de cet été sur le site du Secours rouge, qui passe en revue quelques grands éléments de la culture politique anti-répression : causes célèbres, symboles connus, mobilisations historiques, événements fondateurs. Le 7 juillet 1960, la police italienne tire sur des manifestants antifascistes à Reggio Emilia. La chanson Pour les morts de Reggio Emilia perpétuera le souvenir de ce massacre et deviendra un hymne anti-répression en Italie.

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Suite du feuilleton de cet été sur le site du Secours rouge, qui passe en revue quelques grands éléments de la culture politique anti-répression : causes célèbres, symboles connus, mobilisations historiques, événements fondateurs. Le 5 février 1894, l’anarchiste Auguste Vaillant est guillotiné à Paris pour avoir lancé une bombe à la Chambre des députés. Son exécution entraîne des représailles.

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Suite du feuilleton de cet été sur le site du Secours rouge, qui passe en revue quelques grands éléments de la culture politique anti-répression : causes célèbres, symboles connus, mobilisations historiques, événements fondateurs. Le 24 avril 1942, Julius Fučík, membre important de la Résistance communiste, est arrêté par la Gestapo à Prague, emmené à la prison de Pankrác où il fut interrogé et torturé. Il écrit secrètement le récit de son arrestation et de sa détention sur des feuilles de papier à cigarette à l’aide d’un gardien complice. Ecrit sous la potence (Reportáž psaná na oprátce) fut publié après la guerre et connu un immense succès.

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Suite du feuilleton de cet été sur le site du Secours rouge, qui passe en revue quelques grands éléments de la culture politique anti-répression : causes célèbres, symboles connus, mobilisations historiques, événements fondateurs. Pour cet épisode : le bagne de Poulo-Condor, créé par l’administration coloniale française, puis repris par le régime du Sud Vietnam pour y enfermer ses opposants.

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Suite du feuilleton de cet été sur le site du Secours rouge, qui passe en revue quelques grands éléments de la culture politique anti-répression : causes célèbres, symboles connus, mobilisations historiques, événements fondateurs. Pour cet épisode : Le Mur, le dernier film du réalisateur turc d’origine kurde Yilmaz Güney, tourné en exil après son évasion d’une prison turque, et qui raconte le quotidien d’une prison turque comme parabole de toute la Turquie.

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Suite du feuilleton de cet été sur le site du Secours rouge, qui passe en revue quelques grands éléments de la culture politique anti-répression : causes célèbres, symboles connus, mobilisations historiques, événements fondateurs. Pour cet épisode : Louis-Auguste Blanqui, dit Auguste Blanqui, révolutionnaire républicain socialiste français qui fut, suite à ses tentatives insurrectionnelles, emprisonné une grande partie de son existence, ce qui lui a donné le surnom de « l’Enfermé »

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